Quelles sont les plus graves menaces sur l’économie mondiale ?

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Nous pensons que les trois plus graves menaces qui pèsent aujourd’hui sur l’économie mondiale sont : 
  • La poursuite du recul des gains de productivité et de la croissance potentielle, qui conduirait à une concurrence encore plus forte par les taux de change, les coûts, la fiscalité… ; 
  • L’inflation non anticipée, qui conduirait à une hausse des taux d’intérêt à long terme dans une situation où les portefeuilles d’obligations et les dettes ont été accumulés à des taux d’intérêt très bas ;
  • Le protectionnisme, dans une situation où la segmentation des chaînes de valeur a conduit à la disparition de la substituabilité entre production domestique et importations.
Malheureusement, ces trois menaces vont probablement se réaliser, particulièrement si D. Trump peut mettre en place le programme économique qu’il a annoncé.

Quelles politiques pour faire grandir à nouveau l’industrie ?

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Dans beaucoup de pays de l’OCDE (États-Unis, Royaume-Uni, France…), les gouvernements voudraient faire grandir à nouveau l’industrie manufacturière. La désindustrialisation a en effet de nombreux effets négatifs qui sont aujourd’hui bien perçus : perte de productivité et de croissance potentielle, destruction d’emplois intermédiaires et contraction de la classe moyenne, difficultés chroniques avec le commerce extérieur.
Mais réindustrialiser est aujourd’hui très difficile, puisque la production industrielle mondiale ou celle des pays de l’OCDE stagnent : réindustrialiser signifie gagner des parts de marché dans l’industrie par rapport aux autres pays.
Si un gouvernement décide quand même de réindustrialiser, que doit-il faire ?
  • l’élasticité-prix des importations en volume est nulle ; ceci veut dire qu’il n’y a pas de substitualité entre la production domestique et les importations, ce qui rend le protectionnisme et la dépréciation du change inefficaces ;
  • baisser les salaires de l’industrie peut-être efficace si un seul pays adopte cette politique (exemple de l’Espagne), mais va à l’encontre de l’objectif d’amélioration de la situation de la classe moyenne ;
  • utiliser la concurrence fiscale est risqué à court terme (dégradation des finances publiques) et à long terme (neutralité fiscale) ;
  • le plus efficace est sans doute alors de mener des politiques favorables à la montée en gamme de l’industrie : éducation et formation, incitations à la modernisation du capital, encouragement de l’épargne risquée finançant les créateurs d’entreprises, développement du marché intérieur pour les nouvelles industries (énergies renouvelables…).

L'Europe va mal avec Guillaume Duval [vidéo]

L'analyse de Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, sur la situation politique et économique en Europe et en France, et les pistes pour sortir de la crise.

L'Europe va mal car elle est essentiellement une Europe des marchés où il s'agit donc d'être compétitif, se battre contre les autres; cela se résume à baisser le cout du travail. Du coup tout le monde le fait, la baisse des salaires entraine la baisse de la demande, le non investissement et finalement la récession.

Après les biens ont été essentiellement libéralisés, les flux financiers l'installation des entreprises et les échanges de services sans faire d’avantage d'harmonisation fiscale et sociale. En plus du dumping fiscal, il y a eu dumping social avec l'installation des pays de l'est et leur concurrence de bas salaires.

La monnaie unique a été une transmission à l’échelle supranationale d'un élément de souveraineté nationale. Une clause de no bail-out a été imposé par les allemands pour l'institution de l'euro. Depuis, des choses importantes ont été faites pour corriger les défauts de la zone euro comme la création d'un fond commun de sauvetage et l'union bancaire.

Le policy mix est contradictoire, la BCE subventionne la finance et les banques alors que les états font une politique budgétaire d'austérité : hausse des impôts, baisse de la dépense publique et baisse du coût du travail. La baisse de la demande qui en résulte ne donne pas aux entreprises d'investir. Il n'y a pas non plus de mise à disposition d'argent pour de grands investissements.

Cela entraine des votes euro-sceptiques et ne relance pas l'activité, la zone euro à 350 milliards d’excédents soit 3.5% de son PIB. Une somme que nous pourrions dépenser dans l'éducation et la transition énergétique. Quant au brexit: depuis 10 ans au Royaume-Uni, les salaires réels diminuent donc le discours anti-immigration fonctionne bien.

Principale problème de l'évolution de l'Union européenne: l’attitude des français qui ne bougent pas et ne font rien pour que l'Europe change. Les politiques français ont tendance à croire que l'Allemagne à raison et que l'on ne peut rien faire contre. Au contraire, Guillaume Duval pense que la France a de sacrés cartes à jouer : en ce qui concerne la sécurité extérieure, nos rapports avec la méditerranée et la défense, la France a des atouts à faire valoir et à proposer pour faire avancer l'Europe et imposer sa volonté.

 Pour M. Duval il faut mutualiser les coûts. La transition énergétique a été stoppé par l'austérité budgétaire. Cette transition énergétique est indispensable pour conserver notre modèle social, comme nous sommes la zone la plus anciennement industrialisée nous avons déjà consommé nos ressources fossiles. A chaque fois que l'économie repart les prix des énergies fossiles remonte et cela constitue un drainage de richesse vers l’extérieur. Les investissements devraient être de l'ordre de 1000 milliards d'Euros.


Comportements humains et grille de lecture

"La démocratie et le capitalisme idéalisent une population de personnes rationnelles partageant une vision de la réalité quasi-parfaite.
Si nous supposons plutôt que les gens sont irrationnels, mal informés, fortement biaisés, conduits par les émotions et la peur, alors la notion de libre arbitre, la capacité à prendre des décisions en connaissance de cause est inexacte et donc des marchés efficients et un gouvernement éclairé ça n'existe pas."
Ryan Harris' comment on Is It Propaganda Or Not? On "Fake News"

Corrélation entre le résultat des élections et le temps de passage dans les médias























 source:
Autre angle scientifique de l’élection qui n’est pas abordé dans la vidéo : l’influence des médias sur l’élection, avec cette corrélation affolante entre le temps de passage dans les médias et les résultats au premier tour : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Correlation_heures_TV_resultats_election.jpg (j’ai du refaire les calculs moi-même avec les chiffres du CSA et du ministère de l’intérieur pour y croire !)

Hommes politiques, grands patrons et médias

Interview d'Aude Lancelin ex directrice adjointe de l'Obs, sur France culture le 13 octobre dernier, pour la parition de son livre "Le monde libre" sous titré "une plongée sans précédent dans la servitude des médias". L'ouvrage, écrit après son éviction du journal au printemps dernier, décrit les relations entre ces trois pouvoirs.




Dans l'émission d'"arrêt sur image" du 17 novembre 2016, Daniel Schneidermann demande à Isabelle Attard, député du Calvados non-affiliée, comment la majorité a renoncé à revoir les seuils de concentration au capital des médias dans la loi Bloch sur l'indépendance des médias. Réponse de l'élu : "Les politiques au plus haut niveau de l'état ont décidé de fricoter avec les lobbys, les multinationales et ceux qui dirigent la presse" et Isabelle Attard de citer quelques exemples de cette collusion entre politiques et grande entreprises.

"Quand on a mis le doigt dans le pot de confiture on ne prend pas la parole et il faudra un jour que tu comprennes que tu es la seule dans l'opposition"  réflexion d'un député républicain (dans l'opposition)  à Attard en sortie de commission parlementaire.




Pour terminer une infographie crée par les journalistes du monde diplomatique :
Les médias français qui possèdent quoi ? Le monde diplomatique


Vie privée, confidentialité et utilisation de nos données

Votre médecin ne partage ce qu'il sait de vous, votre facteur ne lit pas vos courriers sous enveloppe. Au contraire, Microsoft, Google, Facebook et consorts diffusent avec notre accord -nous avons signé- tout ce qu'ils connaissent de nous, et ils en savent beaucoup plus que notre docteur et notre postier.

Un dossier de Canard PC Hardware sur la récolte de dollars données effectuée par nos appareils et applications numériques  Vie privée : comment vos appareils vous espionnent

Revue de Web [48/49] Ecologie / Génétique / Big data / Réseaux sociaux / Médias / Surveillance / Pensée critique

Qu’est-ce que l’écologie scientifique ? par Vincent Devictor
"Comme toute science, l’écologie scientifique a le monde qu’elle prétend étudier qui lui colle à la peau. Cela n’invalide pas la scientificité de l’écologie mais, au contraire, confirme que l’écologie scientifique n’est pas différente des autres activités scientifiques. L'écologue doit assumer le fait que les interactions du monde vivant qu’il étudie sont elles-mêmes en interaction avec d’autres sphères, qu’elles soient éthique, politique ou citoyenne."

 

Génétique et transhumanisme

 

Internet et données

  • 10 trucs que j’ignorais sur Internet et mon ordi (avant de m’y intéresser…) – Framablog
  • Comment armer la transparence ? | InternetActu.net
    • "« La transparence nous leurre lorsqu’une des parties est en mesure de profiter indûment de l’autre grâce à un meilleur accès à l’information ». L’important n’est pas la quantité d’information disponible ou publique, mais la symétrie d’accès à l’information pourrait-on résumer. « Demandez-vous si le développement des technologies de l’information vous a permis d’en savoir plus sur l’état ou s’il a permis à l’état d’en savoir plus sur vous ? L’informatisation des services bancaires a-t-elle permis aux particuliers d’en savoir plus sur leurs banques ou aux banques d’en savoir plus sur leurs clients ? » Pour Roger Taylor, l’âge de la transparence de l’information semble avoir surtout rendu le monde plus opaque."
    • "La transparence ne concerne donc pas la quantité d’information, mais bien plutôt sa symétrie. Symétrie d’accès, de contrôle, mais aussi de capacité à utiliser les données, de manière individuelle comme collective ou institutionnelle."
  • Trump : les 5 échecs des nouvelles technologies | InternetActu.net
    "Le séisme de l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis est d'autant plus fort que personne n'avait vraiment prévu un tel résultat. Jusqu'à la veille au soir, les sondeurs et prévisionnistes étaient confiants dans la victoire démocrate. Or, la réalité ne s'est pas conformée aux données. Que s'est-il passé et qu'est-ce que cela signifie ? Retour sur les 5 défis que l'élection de Trump a adressé aux nouvelles technologies. "
    • "Est-ce la fin des Big Data ?"
      • "L’échec des technologies de ciblage personnalisé ?"
      • "L’insoluble problème des bulles de filtres"
      • "La victoire de Trump et l’échec de la Silicon Valley"
      • "Des limites du fact-checking au défi attentionnel"

      Surveillance démocratie


      Pensée critique, science et citoyenneté

      • Alterscience, alterscientifiques, antiscience - sylvestre Huet
        publié le 12 fév 2013. "Existe t-il une science alternative ? C’est le discours souvent entonné par des scientifiques prétendant détenir une «vérité» différente de celle d’une science vilipendée comme «officielle». "
        • "En tous cas, voici un livre stimulant et utile pour comprendre des côtés obscurs de l’histoire des sciences mais aussi des turpitudes actuelles et futures."
      • Apprendre à construire le désaccord pour réinventer le dialogue sociétal - Richard-Emmanuel Eastes
        • "l’exercice de la démocratie suggère que, compte tenu de leurs extraordinaires impacts sociétaux, ces progrès scientifiques et techniques fassent l’objet d’un minimum d’appréciation et de choix de la part de la société civile, en fonction des risques et des bénéfices qu’ils présentent d’une part, mais également à l’aune des valeurs qu’ils contribuent à bousculer."
      • Les jeux de discussion : comprendre et se comprendre - Richard-Emmanuel Eastes
        "Êtes-vous pour ou contre l’euthanasie ? La corrida ? L’expérimentation animale ? Le nucléaire ? Les OGM ? Le port du voile ? Autant de sujets de débat que peu d’enseignants se risquent à organiser, de crainte que les échanges ne se transforment rapidement en pugilat entre les élèves, puis avec et entre les parents de ces derniers. Autant de sujets essentiels sur lesquels il serait pourtant nécessaire que chaque (futur) citoyen parvienne à se faire, par une réflexion propre nourrie par la confrontation des points de vue, sa propre opinion."
        • "les « jeux de discussion » [...] permettent en effet de susciter à la fois l’expression des participants, leur tolérance vis-à-vis des opinions contraires aux leurs, la clarification de leurs valeurs et leur besoin d’acquérir de nouvelles connaissances. Ils promeuvent ainsi une attitude positive face à « l’autre » et peuvent s’appliquer à toute question socialement vive, qu’elle soit d’origine scientifique et technique ou non, en proposant une construction de l’opinion individuelle sereine et libérée des préjugés. "

      Revue de web 48/49 Thermodynamique / Evolution / Contraintes / Chomsky / Fascisme / Charlie


      François Roddier par-delà l’effet de la Reine Rouge | Oil Man
      "Un astrophysicien français réinterprète l’évolution de l’univers, de la vie et des sociétés humaines à partir de la thermodynamique, et découvre le monstrueux piège à nous tendu. Révolutionnaire ?"
      • "Lorsque l’environnement évolue plus vite qu’une espèce vivante ne peut s’y adapter, cette espèce est vouée à s’éteindre. C’est ce que le biologiste américain Leigh Van Valen a nommé en 1973 l’effet « de la reine rouge »."
      • "Lorsqu’un système reçoit un flux continu d’énergie, ce flux permet l’apparition de « structures dissipatives d’énergie«  mises en évidence par Ilya Prigogine, prix Nobel de chimie en 1977."
      • "« Les structures dissipatives s’auto-organisent de façon à maximiser le flux d’énergie qui les traverse », écrit François Roddier. Du coup, elles « maximisent la vitesse à laquelle l’énergie se dissipe » à travers elles. "
      • "L’énergie se conserve (première loi de la thermodynamique), mais finit toujours par se dissiper sous forme de chaleur (seconde loi). Cette dissipation est irréversible. L’énergie – électrique, chimique, etc. – une fois transformée en chaleur, n’est plus libre : elle est plus ou moins « perdue », au sens où la chaleur ne peut être intégralement reconvertie en travail mécanique."
      • "En thermodynamique, la mesure de la dissipation de l’énergie sous forme de chaleur, autrement dit la mesure de la désorganisation des systèmes, du désordre irrémédiablement croissant du monde, s’appelle l’entropie."
      • "Les structures dissipatives maximisent la vitesse à laquelle elles dissipent l’énergie, on peut aussi bien dire qu’elles maximisent le taux de production d’entropie : il existerait une loi de production maximale d’entropie (MaxEP, selon l’acronyme anglais). Cette loi, empirique, n’a pu encore être parfaitement démontrée"
      • "En s’auto-organisant, une structure dissipative – étoile, organisme vivant, etc. – parvient à diminuer sa propre entropie interne, en échange d’un accroissement du flux d’entropie qui la traverse. Elle « exporte son entropie », écrit François Roddier. Chacun sait que la nature a horreur du vide. Il semblerait aussi que dès qu’elle le peut, la nature fait apparaître ces structures qui luttent contre l’augmentation inexorable de leurs propres niveaux d’entropie en maximisant l’entropie de leurs environnements."
      • "« Il est impressionnant de constater qu’un être humain dissipe par unité de masse dix mille fois plus d’énergie que le Soleil », note François Roddier"
      • "il apparaît qu’une augmentation de l’entropie peut être considérée comme une perte d’information. L’entropie qu’exportent les structures dissipatives « équivaut à une importation d’information » sur leur environnement"
      • "Plus une structure dissipative serait capable d’acquérir de l’information sur son environnement, plus elle maximiserait sa production d’entropie."
      • "plus une structure dissipe l’énergie efficacement, plus vite elle altère son environnement, plus vite doit-elle acquérir de l’information sur cet environnement et évoluer en conséquence afin d’y rester adaptée !"
      • "L’humanité serait engagée dans une course entre l’accroissement de l’entropie qu’elle engendre et l’accroissement de l’information qu’elle est capable d’agréger à mesure qu’elle maximise sa production d’entropie."

      Entre croissance du PIB et respect des engagements climat, il faut choisir - Gaël Giraud
      • "partir de l’équation de Kaya. Très simple, cette dernière indique que les émissions de CO2 (par exemple, au niveau planétaire) sont toujours égales au produit des ratios suivants : • émissions de CO2/énergie consommée au niveau mondial • énergie consommée/PIB mondial • PIB mondial/population • population"


      Chomsky : "La campagne de Trump, une version vulgaire de celle d'Obama" - Arrêt sur images [vidéo]
      Abonnement "Depuis des décennies il aide à discerner la propagande sous les apparentes évidences. Noam Chomsky est linguiste et philosophe, mais c'est en tant qu'intellectuel critique de la politique étrangère américaine qu'il a acquis, depuis la guerre du Vietnam, une influence mondiale. Depuis lors, sur le Proche-Orient, sur le 11 septembre, sur le récent mouvement Occupy Wall Street, il n'a cessé de prendre position, en intellectuel dissident de la propagande occidentale qu'il démonte de l'intérieur. Mais c'est à propos des thèses développées dans son livre La Fabrication du consentement que nous l'interrogeons cette semaine, à la lumière de ce tremblement de terre symbolique qu'a été l'élection de Donald Trump aux États-Unis, et notamment à propos du rôle qu'y ont joué les médias, les anciens et les nouveaux."


      Les symptômes d’un état fasciste ~ Reflexiums
      "En 2003, le docteur Lawrence Britt, analyste politique de son état a publié un livre dans lequel il a étudié plusieurs caractéristiques d’un régime fasciste. L’étude se base sur des régimes tels que celui d’Hitler, Mussolini ou Pinochet et 14 signes permettent d’identifier les dérives d’un régime vers un état fasciste."
      Ps : Laurence (et non Lawrence) Britt n'est ni docteur ni analyste politique de profession, son article original  est paru dans le magazine payant "Free inquiry" en 2003,  en voici une version disponible : Fascism Anyone?  Fourteen Common Characteristics.


      "Faut-il être Charlie ? - Richard-Emmanuel Eastes [vidéo]
      • "« Faut-il » demander aux élèves « d’être Charlie » au nom de la défense de la liberté d’expression ? En tant que recteur de la HEP-BEJUNE, après avoir souhaité faire dire à la page Facebook de l’institution qui vous forme « Je suis Charlie », j’aimerais vous proposer une piste de réflexion face à cette question complexe. Elle consiste à assumer le paradoxe selon lequel dire « Je suis Charlie » n’implique pas nécessairement d'adhérer au discours de Charlie Hebdo. On peut « être » Charlie sans le « suivre » pour autant. Car « Je suis Charlie », cela signifie d'abord « J’ai le droit de dire ce que je pense et je défends ce droit comme une valeur fondamentale de nos démocraties occidentales ». A cet égard, oser dire « Je ne suis pas Charlie » lorsque tout le monde clame le contraire, c’est déjà user de ce droit… et, de fait, « être Charlie ». Cette formule en trois mots n'incarne pas l’adhésion à un journal provocateur, mais la liberté d’expression, l’esprit critique, la lutte contre les monopoles de la pensée et notamment les extrémismes et les fanatismes, en particulier religieux. On peut ne pas adhérer au discours de Charlie Hebdo, mais son existence est réconfortante au sens même où elle signifie que la liberté d’expression existe. Si je puis constater qu’il est possible de s’exprimer comme les chroniqueurs de Charlie Hebdo le font, alors c’est que ma propre opinion, plus modérée, est véritablement protégée de la censure et de la dictature de la pensée. Même si cela fait parfois un peu mal au ventre, il faut donc défendre et préserver un média comme ce journal non pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il représente, justement parce qu’il est satyrique, impertinent, intolérable parfois. Les dessinateurs de Charlie Hebdo, ou le soi-disant humoriste Dieudonné, doivent être jugés s’ils enfreignent la loi en exerçant leur liberté d’expression, mais en aucun cas cela ne justifiera jamais de les assassiner."
      • "Car si nous n’y prenons pas garde, les actions terroristes d’Al Qaïda ou de l’Etat Islamique serviront indirectement, grâce à nos réactions, leurs propres intérêts. En effet un tel acte, commis au nom de l’Islam, pourrait risquer de faire croire aux occidentaux que c’est l’Islam qui est un problème. Et peut-être en est-ce même l’objectif caché comme nous allons le voir."
      • "Cet attentat n’est pas le produit de l’Islam. Il est le produit de l’éloignement des banlieues françaises, de la mise à l’écart de tout un pan de la société, de l’hégémonie occidentale sur la marche du monde depuis des siècles, du manque d’éducation, de la pauvreté, de la mondialisation, du choc des civilisations qu’elle entraîne conjointement avec le développement de la circulation des personnes et des informations… Ce sont bien les défauts de la marche du monde qui créent ces problèmes ; problèmes qui trouvent à se loger, pour s’exprimer, dans les intégrismes de tous ordres : idéologiques, politiques… ou religieux."
      • "Or si après un tel événement, plus de gens croient davantage que l’Islam est un problème, alors les musulmans seront davantage victimes de pressions, et davantage de musulmans modérés tendront à se radicaliser. En plus de résister contre les atteintes à la liberté d’expression, il est donc nécessaire de faire en sorte que l’Islam ne soit pas associé à ces actes barbares. Or pour qu’il ne leur soit pas associé, il est nécessaire qu’ils soient dénoncés par les musulmans eux-mêmes. Ce qui suppose qu’ils fassent partie du mouvement de protestation. Qu’ils soutiennent paradoxalement un mouvement de lutte contre ceux qui attaquent un journal qui insulte leur propre religion. Là réside toute la difficulté de la conduite à tenir : faire en sorte que personne ne croie que les terroristes, parce qu’ils sont ennemis des ennemis des musulmans, sont les amis des musulmans. C’est bien sûr à ces derniers d’agir, de trouver la voix juste entre la défense de la liberté d’expression et l’adhésion aux propos du journal. La tâche demande beaucoup de force et un immense courage, en plus de ceux qui leurs sont nécessaires pour combattre le fléau d’une forme de terrorisme qui s’est accaparé leur belle religion."
      • "« Je suis Charlie, même et surtout lorsque je ne suis pas d’accord avec lui »."



      Revue de Web [48/49] Histoire / Economie / Relations internationales

      Histoire, pensée économique et sociologie

      Perspectives macroéconomiques et marchés financiers

      USA

      • Donald Trump ne ment-il pas délibérément à ses électeurs? Jean Paul Baquiast
        • "Mais ces baisses d'impôts diminueront les ressources publiques de plusieurs dizaines de milliards de $ sur 10 ans. Elles bénéficieront en majorité aux contribuables les plus riches, n'apportant que des baisses insignifiantes aux plus pauvres."
        • "Autrement dit, les régulations protectrices seraient remplacée par un plus large appel au marché et à la concurrence. Les escrocs ayant dans le système bancaire précédent provoqué la crise des « subprimes » seraient encouragés à reprendre leurs opérations dans un cadre encore plus dérégulé."
        • "Concernant enfin la promesse de Trump au sujet d'un plan de développement d'infrastructures de 1.000 milliards de $ sur 5 ans, il ne s'agira pas d'un programme néo-keynésien se traduisant par des financements publics massifs au niveau fédéral comme à celui des Etats. Le plan de Trump se borne à promettre des dégrèvements d'impôts aux entrepreneurs privés investissant en faveur de ce plan. Or ceux-ci ne s'intéresseront pas aux équipements non productifs de revenus capitalistes. Ainsi les équipements routiers n'intéresseront pas les régions déjà démunies mais au mieux les quelques projets autoroutiers susceptibles de bénéficier d'importants péages. A plus forte raison en sera-t-il de même des écoles publiques. Seules en profiteront les université les plus riches, déjà abondamment pourvues. De plus, les investisseurs ne s'intéresseront pas particulièrement à la création d'emplois pour les chômeurs. Ils feront nécessairement appel à de nouvelles technologies ne créant aucun emploi. Il en a toujours été ainsi des si prisés « partenariats publics privés ». Dans le domaine enfin de la sécurité sociale, la diminution annoncée des Obamacare et autres politiques de relative redistribution des soins ne bénéficiera qu'aux patients les plus riches et aux professions de santé à leurs services. Reposons la question: qui Donald Trump trompe-t-il? "
      • Etats-Unis : pourquoi Donald Trump mise tout sur la finance dérégulée - Romaric Godin
        "En faisant de la dérégulation financière et de son complément les baisses d'impôts sa priorité, le nouveau président des Etats-Unis veut doper rapidement la croissance. Mais c'est un jeu risqué qui pourrait préparer la prochaine crise en oubliant de régler les questions essentielles des inégalités sociales et territoriales et de la baisse de la productivité. "

      Union Européenne

      • L’économie européenne prise au piège de ses contradictions | Reginald Savage
        • "À ce jour, le capitalisme financiarisé reste plus que jamais embourbé dans de nombreuses contradictions et fractures, particulièrement en zone euro. Il y a, d’une part, une politique monétaire de la Banque centrale européenne massivement expansionniste qui tente désespérément de sortir du piège de la déflation (c’est-à-dire de la baisse des prix et de la stagnation économique) en relançant le crédit, l’endettement privé et donc la croissance. Et, d’autre part, il y a la Commission européenne, avec le soutien très actif de l’Allemagne, qui continue imperturbablement de prêcher rigueur budgétaire et politiques déflatoires."
        • "le Fonds monétaire international (FMI) n’entrevoit plus qu’une croissance assez médiocre de 1,5 % en moyenne pour la zone euro en 2016-2017, et en recul de 0,2 % en 2017 par rapport à son estimation pré-Brexit. Ces résultats sont décevants si l’on tient compte de tous les éléments favorables qui auraient normalement justifié un rebond beaucoup plus soutenu, notamment en 2016 "
          • "des prix des importations énergétiques en baisse cumulée moyenne de pratiquement 50 % depuis 2014."
          • "des taux d’intérêt nominaux en chute libre, passant de 4 % en moyenne en 2008-2009 à moins de 1 % en 2015-2016"
          • "une dépréciation moyenne de l’euro de l’ordre de 15 % par rapport au dollar"
        • "Le thème de la stagnation séculaire recouvre une double problématique structurelle. La première est celle d’un niveau anormalement bas et/ou déclinant de l’investissement productif (d’où aussi, à terme, du potentiel de croissance). La seconde est celle du ralentissement persistant des gains de la productivité du travail [2] et donc également de la croissance. Ces deux aspects sont éminemment liés, dans la mesure où c’est par l’investissement neuf que les innovations technologiques et le progrès technique peuvent être incorporés aux nouveaux processus de production et de travail, et y soutenir, par conséquent, les gains de productivité du travail."
        • "l’économie mondiale se trouverait dans une situation d’excès d’épargne et de baisse tendancielle et structurelle du taux d’intérêt dit « naturel » (de plein emploi). Associée à une réduction parallèle de l’efficacité (ou productivité) marginale du capital ou de l’investissement, on assiste à un recul de ce dernier."
        • "Cette situation de stagnation est exprimée autrement par certains auteurs marxistes comme une tendance à la raréfaction des opportunités d’investissements jugées suffisamment rentables pour le capital. Ceci intervient alors que, paradoxalement, la profitabilité des entreprises se retrouve à un niveau historiquement élevé, et ne peut s’expliquer que parce que se multiplient, dans la sphère financière ou ailleurs, les opportunités de profits juteux et de rentes « sans production ni risque »."
        • "le faible niveau des investissements productifs du secteur marchand [8], et ce alors même que le secteur des entreprises – et en particulier des grandes entreprises – regorge de cash [9]. Sont ainsi mis en cause, par des approches alternatives, la « grève » des investissements productifs au profit d’une forte progression du taux de distribution des dividendes aux actionnaires, la vague des fusions-acquisitions visant le renforcement des positions dominantes oligopolistiques et la rationalisation plutôt que l’augmentation des capacités, les rachats massifs d’actions visant à doper les plus-values financières des actionnaires et les stock-options des manageurs-dirigeants surpayés, etc."
        • "comme nous l’a déjà appris la leçon japonaise, et plus récemment la relance budgétaire keynésienne ponctuelle de 2009-2010, une relance ciblée des investissements publics, même si elle est bienvenue conjoncturellement, ne résoudra pas durablement les problèmes de fond qui gangrènent le capitalisme financiarisé. Ceux-ci ont pour nom une répartition structurellement déséquilibrée des revenus (entre capital et travail), une explosion des inégalités sociales et de la précarité, un modèle court-termiste de gouvernance des entreprises qui privilégie majoritairement la distribution de dividendes, la concentration du capital et la constitution de rentes financières, au détriment de l’investissement productif et social. Ces problèmes dérivent d’un système qui organise une mise en concurrence systématique des États (et de leur endettement), des travailleurs, des systèmes sociaux et fiscaux. Ce système néglige les biens communs et sous-investit dans la transition énergétique et la viabilité écologique, faute de rentabilité financière suffisante à court terme."
      • Le Parlement européen ne vérifiera pas la légalité du CETA - AITEC
        "Ce mercredi le Parlement européen a décidé de rejeter par 419 voix contre 258 (et avec 22 abstentions) une résolution demandant la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) concernant l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, le CETA."
      • Europe : comment la Révolution des Migrants a été Planifiée par Yves Mamou
        "L'immigration est-elle en soi une « mauvaise » chose ? Non ! Les transferts de population des pays à faible revenu vers les pays à revenu plus élevé sont presque une loi de la nature. Elles ont toujours eu lieu. Tant que le nombre de naissances et de décès dans le pays d'accueil demeure plus élevé que le nombre de migrants, le processus d'immigration est considéré comme bénéfique. Mais quand la migration devient le principal contributeur à la croissance démographique, ce qui devrait être une simple évolution devient une révolution."

      Monde Arabe

      Relations internationales

      • Le djihadisme, cet ennemi intime - Marc Cher-Leparrain
        Réponse au discours officiel français et à Jean-Yves Le Drian "Un an après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quelques mois après ceux qui ont à nouveau endeuillé la France l’été 2016, un refrain d’agressé innocent continue d’être entretenu jusqu’au plus haut niveau de l’État. Confortable parce qu’il campe la France en victime d’une barbarie, il tend à renforcer le bien-fondé d’une politique uniquement guerrière posée en légitime défense contre le djihadisme. Ce discours, en partie synthétisé dans Qui est l’ennemi ? du ministre de la défense Jean-Yves le Drian (éditions du Cerf, juin 2016), détourne le citoyen français de comptes politiques qu’il devrait pourtant légitimement demander à ses gouvernants."
        • "Alliés « impies » de l’Occident"
        • "Persistance de l’aveuglement"
        • "Légitime défense ?"
        • "Une arme oubliée, le droit international"
        • "L’« ennemi de l’intérieur » n’existe pas"
        • "Un mouvement de réaction politique"
      • Tête bien pensante est par deux fois force de décision par Abou Djaffar
        "Personne ne conteste – ou ne devrait contester – le droit à la Russie d’avoir une politique, une diplomatie, des intérêts et des alliés, et, évidemment, une histoire. On aimerait simplement que ceux qui défendent ses options – et ils en ont le droit inaliénable – soient capables de raisonner au lieu, le plus souvent, de vociférer. Sans doute leur opinion n’en deviendrait-elle que plus audible."
      • Why China Thinks It Can Build a Utopian World Order | The National Interest
        "China is eager to show the world that it can be a responsible and accountable global leader."



      Comment va le monde ? Gaël Giraud



      Agence française de développement.

      L'essentiel de la vidéo :

      Comment caractérisez-vous le monde ?

      Le PIB mondial nominal exprimé en dollars a baissé de 4,5% en 2015, le monde est sur une pente déflationniste.
      Le rapport Meadows de 1972  "les limites de la croissance" qui prédit un effondrement pour la décennie 2020 ou 2050 est confirmé.
      Les facteurs sont le pic pétrole, les catastrophes naturelles notamment dues au dérèglement climatique et
      l'augmentation démographique.

      Quels sont les enjeux les plus grave auxquels le monde fait face ?

      • La montée des eaux. ex :  le détroit du Mékong et la riziculture
      • La fonte des glaciers ex : l'Himalaya et les fleuves chinois et indiens asséchés à la saison sèche ?
      • La désertification ex : Pékin au bord du désert dans 25 ans
      • La fertilité des sols à cause de la hausse des températures de la ceinture équatoriale associée au pic du phosphate. Ces facteurs posent un  problème de production agricole à l'horizon 2050 pour nourrir 9 milliards d'habitants.
      • L'épuisement des  ressources aquifères profondes

      En quoi le climat est-il un sujet de préoccupation pour l'Europe ?

      Dans une génération, le climat de Paris sera celui de Bilbao aujourd’hui.
      L'immigration. exemple : ce qui se passe en Syrie est un problème lié à la sécheresse qui a été mal géré par le gouvernement syrien[1]. Si on ne fait rien les migrants se compteront en millions plutôt qu'en centaine de milliers (Afrique).


      Question rhétorique de G. Giraud pour mettre en avant le travail de l'AFD : On a tendance à intervenir toujours au dernier moment, est-ce-que cela suffira et est-ce que cela sera possible ?

      Comment faire ?

      Réduire les naissances par :
      • l'éducation des jeunes filles et le planning familial
      • la mise en place de systèmes de retraites
      • la mécanisation propre non carbonée de l'agriculture
      Mesures d'adaptation aux catastrophes
      Promouvoir des solution locales d'agriculture durable

      _______________________
      Gaêl Giraud a dirigé la traduction du livre "L'imposture économique" de Steve Keen, une partie de ses travaux portent sur la relation de dépendance entre la croissance de la production et l'énergie primaire (interview)


      [1]Abdullah Bin Yehia le représentant syrien de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) prévenait en 2008, dans un rapport révélé par Wikileaks et destiné au département d’État américain, que la sécheresse en Syrie et ses conséquences parmi lesquelles la famine et les déplacements de populations, liée à d’autres facteurs, rendaient la situation explosive.
      Warda Mohamed: "De la crise climatique aux guerres"

      Evaluation des risques : nous sommes guidés par l'émotion

       " la plupart des gens ont tendance à évaluer les risques de manière émotionnelle plutôt que de manière rationnelle. Plutôt que de calculer mathématiquement la probabilité qu’un événement se produise, ils vont donner plus d’importance à un risque dont les effets sont particulièrement choquants, facilement accessibles à la mémoire, et donc associés à une réaction émotionnelle forte. Par conséquent, ils auront aussi tendance à négliger les risques plus insidieux ou plus routiniers. Cela explique pourquoi les gens ont davantage peur d’une attaque terroriste que d’un accident de voiture, alors que les statistiques indiquent clairement que la probabilité de mourir d’un attentat terroriste est d’environ 1 sur 20 million, alors que la probabilité de mourir dans un accident de voiture est de 1 sur 19 000. Cela veut dire qu’un individu a 1052 fois plus de chances de mourir d’un accident de voiture que d’un attentat terroriste. Pour autant, on n’observe aucune baisse dans l’utilisation de la voiture alors que l’on observe une baisse significative dans la fréquentation des lieux susceptibles d’être des cibles d’attentats."   Qu’est-ce que le courant « evidence-based » dans les politiques publiques ? (1/2) par Cécilia Barbry

      Les défis des sociétés arabes : démographie, emploi et alimentation [audio 10']

      Le monde arabe dans sa diversité devra affronter bien des défis dans les futures décennies, par-delà les processus actuels de fragmentation et de décomposition. Ces défis sont d’ailleurs souvent de même nature que ceux des pays subsahariens.
      La page de l'émission

      [Revue de Web 46/47] Contrôle social, surveillance/ Mensonges et post-vérité/ Démocratie/ Terrorisme

      Contrôle social, surveillance, libertés civiles et vie privée


      • « Comment un État va pouvoir noter l’ensemble des citoyens et évaluer chaque individu » Charles SANNAT
        "ce qu’aucune dictature n’a jamais réussi à faire, à savoir contrôler parfaitement les masses sans avoir à recourir à une violence rendant cette dictature tôt ou tard insupportable et donc entraînant sa chute, les « démocraties » occidentales, avec l’appui des nouvelles technologies et les connaissances accumulées dans la fabrication du consentement, sont en passe de le réussir à très court terme."
      • Quand les clients notent les salariés - Arrêt sur images [abonnés]
        "Saviez-vous que si vous notez 4 sur 5 votre chauffeur Uber, vous lui mettez une (très) mauvaise note ? Que votre livreur Darty ou votre conseiller Bouygues Télécom ne touchera peut-être pas sa prime parce que vous lui avez mis 8 sur 10 dans un questionnaire ? Ou que lorsque vous rentrez et sortez d'un magasin sans rien y acheter, vous avez peut-être sans le savoir affecté négativement la note d'un vendeur ou d'une gérante ? Salariés, souriez : vous êtes notés (par les clients)."
      • Big Data, algorithmes... "L'esprit porté par la Silicon Valley est totalitaire" - Par Raphaële Karayan
        "Dans son livre La nouvelle servitude volontaire, Philippe Vion-Dury démontre comment, progressivement, chacun délègue son libre-arbitre aux algorithmes. Pour l'auteur, il est temps d'acquérir un réflexe critique. "
      • Etats-Unis : la police exploite les données Facebook et Twitter pour pister des manifestants Par Morgane Tual
        "La puissante American Civil Liberties Union (ACLU), une association de défense des libertés civiques aux Etats-Unis, a publié mardi 11 octobre une série de documents prouvant que la police américaine a exploité les données de Facebook, de Twitter et d’Instagram pour surveiller des manifestations et pister leurs participants. Elle a utilisé pour cela les services de Geofeedia, une entreprise « qui permet à des centaines d’organisations partout dans le monde de prévoir, analyser et agir en s’appuyant sur les signaux des réseaux sociaux en temps réel », peut-on lire sur son site."
      • Three New Scandals Show How Pervasive and Dangerous Mass Surveillance Is in the West, Vindicating Snowden - Glenn Greenwald
        " three major events prove how widespread, and dangerous, mass surveillance has become in the West. Standing alone, each event highlights exactly the severe threats that motivated Edward Snowden to blow his whistle; taken together, they constitute full-scale vindication of everything he’s done."
      • Fichier TES, danger pour les libertés ! | La Quadrature du Net
        "Le décret TES publié par le gouvernement, comme par effraction, le 28 octobre dernier trahit les principes démocratiques tant sur la forme (la manière dont il a été élaboré et publié) que sur le fond (la création d'un fichier centralisant les données d'identité, de filiation et de biométrie de l'ensemble des Français)."
        • "L'article 27 de la loi dite « informatique et libertés » de 1978 laisse au gouvernement la faculté d'instituer, par un simple décret, tous traitements de données à caractère personnel pour le compte de l'État, ou touchant à la sécurité nationale."
        • "l'absence de contrôle parlementaire sur la création de fichiers concernant les individus par l'exécutif doit être combattue."
        • "le fichier TES, qui rassemble l'ensemble des informations d'état civil, de filiation, la photo d'identité, le domicile, éventuellement le courriel, mais également la couleur des yeux ou les empreintes digitales,"
        • "la prévision d'une dérive de ce nouveau fichier gigantesque ne relève pas du pur fantasme. Elle découle de l'observation méthodique des mutations connues des fichiers précédemment constitués, notamment à des fins policières. Entre l'origine d'un fichier et son utilisation ultérieure, il y a systématiquement des dérives : changement de finalité, érosion progressive du contrôle, modification du champ d'application ou de l'étendue des accès à ce fichier..."
        • "La France a été condamnée en 2013 par la CEDH pour le FAED (Fichier Automatisé des Empreintes Digitales) au motif que « La conservation des empreintes digitales par ce fichier s’analyse en une atteinte disproportionnée, ne peut passer pour nécessaire dans une société démocratique, et ne traduit pas un juste équilibre entre les intérêts publics et privés concurrents en jeu ». Pourtant ce fichier n’a été corrigé à la marge que deux ans après l'arrêt de la CEDH"
        • "Quant au FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques) créé pour ficher les auteurs d'infractions sexuelles condamnés par la justice, il est passé en 15 ans d'un fichier sous contrôle judiciaire et limité à un fichier policier recueillant l'ADN de toutes les personnes simplement suspectes dans les enquêtes pour les délits les moins graves, même sans condamnation et dont le refus de prélèvement est susceptible de constituer un délit."
        • "Le choix de la centralisation du fichier est un choix dangereux : il expose un ensemble massif et précieux de données personnelles à la portée de puissances hostiles ou de criminels expérimentés."
        • "Choisir la centralisation des données d'identification de l'ensemble des Français c'est choisir d'être une cible très alléchante, comme l'ont montré les attaques subies par des bases de données israéliennes, turques ou philippines."
        • "Le choix de conserver les données biométriques sous forme brute dans le fichier plutôt que de stocker uniquement des gabarits permettant l'identification voulue, sans exposer davantage l'intimité des millions de personnes concernées, est à nouveau un choix surprenant et inquiétant. Il laisse la porte ouverte à des falsifications en cas de vol de données, et à des évolutions futures sur les identifications biométriques possibles."
        • "Si la volonté d'empêcher techniquement toute falsification peut sembler légitime, l'histoire nous rappelle combien la capacité à résister à des dérives autoritaires passe par la faculté d'échapper au contrôle étatique, notamment sur son identité. Les fichiers centralisés ne font pas les régimes autoritaires, mais tout régime autoritaire s'appuie sur un fichage de sa population."
      • Agir

      Pouvoirs, médias, réseaux sociaux - Les mensonges et la post-vérité

        • Brice Couturier : le Parti des médias et l'intelligentsia méprisent la réalité
          "Dans un entretien fleuve, Brice Couturier, qui a été le chroniqueur matinal de France Culture pendant cinq ans, décrypte les contours d'une vie médiatico-intellectuelle où le pluralisme et le vrai débat sont en voie de disparition."
        • Trump: the Defeat of the Empire of Lies - Ugo Bardi
          Unfortunately, the fact that Donald Trump was elected largely as a reaction against previous lies doesn't make him a good president and not even someone whom we can trust. We may have learned to recognize lies, but it seems that we haven't yet learned to recognize the truth. The pendulum may be swinging too far and we are now branding perfectly correct theories as hoaxes and conspiracies. This is the case of climate change, that Donald Trump has defined as a hoax. The extent of the damage that the Trump presidency could do to humankind by policies that ignore the climate threat is staggering, too. So, will we ever learn to find our way in the universe of lies in which we live? Difficult to say, but we live in a condition in which the ancient Romans already found themselves long ago. The post below, published early this year, may help us to understand the problem.
          • "By the time of Augustine, the Roman Empire had become an Empire of lies. It still pretended to uphold the rule of law, to protect the people from the Barbarian invaders, to maintain the social order. But all that had become a bad joke for the citizens of an empire by then reduced to nothing more than a giant military machine dedicated to oppressing the poor in order to maintain the privileges of the rich. The Empire itself had become a lie: that it existed because of the favor of the Gods who rewarded the Romans because of their moral virtues. Nobody could believe in that anymore: it was the breakdown of the very fabric of society; the loss of what the ancient called the auctoritas, the trust that citizens had toward their leaders and the institutions of their state. Augustine was reacting to all this. He was trying to rebuild the "auctoritas", not in the form of mere authoritarianism of an oppressive government, but in the form of trust. So, he was appealing to the highest authority of all, God himself. He was also building his argument on the prestige that the Christians had gained at a very high"
          • "uring the past few decades, the mountain of lies tossed at us by governments has been perfectly matched by the disastrous loss of trust in our leaders on the part of the citizens."
          • "Today, every statement from a government, or from an even remotely "official" source, seems to generate a parallel and opposite statement of denial. Unfortunately, the opposite of a lie is not necessarily the truth, and that has originated baroque castles of lies, counter-lies, and counter-counter lies."
          • "Somewhere, hidden below the mass of legends and myths that have piled up on this story, there has to be the truth; some kind of truth. But how to find it when you can't trust anything you read on the Web?"
          • "It is a fractal universe of lies, where you have no reference point to tell you where you are. "
          • "science is rapidly becoming a marginal sect of people who mumble of catastrophes to come. People whom nobody believes any longer after they failed to deliver their promises of energy too cheap to meter, space travel, and flying cars. Then, we tend to seek it in such things as "democracy" and to believe that a voting majority somehow defines "truth". But democracy has become a ghost of itself: how can citizens make an informed choice after that we discovered the concept that we call "perception management" (earlier on called "propaganda")? "
          • "The problem is that conspirationism is not a form of epistemology. Once you have decided that everything you read is part of the great conspiracy, then you have locked yourself in an epistemological box and thrown away the key. And, like Pilate, you can only ask "what is truth?", but you will never find it."
          • " Is it possible to think of an "epistemology 2.0" that would allow us to regain trust on the institutions and on our fellow human beings? Possibly, yes but, right now, we are seeing as in a mirror, darkly. Something is surely stirring, out there; but it has not yet taken a recognizable shape. Maybe it will be a new ideal, maybe a revisitation of an old religion, maybe a new religion, maybe a new way of seeing the world. We cannot say which form the new truth will take, but we can say that nothing new can be born without the death of something. And that all births are painful but necessary."
          • "Science is an epistemological system and all epistemological systems are based on axioms that can't be proven. So, science is a good epistemological system as long as people believe in it. Most people are stopping believing in science because of its broken promises. And as long as scientists will keep making promises that they know they can't maintain, trust in science will keep going down the drain"
          • "Consider the fallacy of the Elephant, the error of taking a part and generalizing to the entire system. Much of science today is hyperspecialized and extremely bureaucratic and this has caused Elephant thinking to become pandemic. This is far from being the only disease. All of this results in a system that even if it has access to the required information is incapable of theorizing and evaluating properly and cause a continuous output of mistakes and ungrounded speculations that fail in contact with reality and results in a decline of scientific auctoritas."
        • Post-Truth by Steven Novella
          "an adjective defined as ‘relating to or denoting circumstances in which objective facts are less influential in shaping public opinion than appeals to emotion and personal belief’."
          • "I have friends who span the political spectrum, and it did strike me this election how cocooned they were in the narrative of their candidate. It was not just a matter of perspective, they would cite as facts blatant lies and myths. Some were complex, but many were a 1 minute Google search away from being debunked. It just didn’t seem to matter."
          • "Even more amazing were those, when challenged, who expressed some version of the defense that the actual facts did not matter. They continued to support the underlying “truth” even when the facts they put forward to support it were demolished."

      Démocratie

      Terrorisme, Islam et violence

        • François Burgat: «La violence dite islamique ne vient pas de l'islam» [vidéo]
          "Le deuxième entretien de notre série sur l'islam se focalise sur les politiques, démocratiques ou djihadistes, pratiquées au nom de l'islam. François Burgat y voit une dimension moins « sacrée » qu'endogène et culturelle, au sens où elle est, avant tout, le fruit d'une histoire coloniale qui fait aujourd'hui retour." pour F. Burgat la violence islamique est une contre-violence.

      [Revue de Web 46/47] CETA, euro, investissements et politique économique fr

      CETA

      • Est-ce un nouveau CETA qui a été signé le 30 octobre dernier ? - Veblen Institute
        • "Les discussions ont porté essentiellement sur un texte qui accompagne le traité, appelé instrument interprétatif commun."
        • "sa portée est extrêmement limitée du fait de la faiblesse de son contenu. Le texte vise en effet à clarifier les intentions des États parties dans un langage plus politique que juridique et n’apporte aucune modification aux clauses négociées dans le traité."
        • "sans que cela ne se traduise par aucune disposition concrète pour empêcher que la mise en œuvre du CETA n’engendre la hausse des émissions de gaz à effet de serre"
        • "seuls les investisseurs internationaux basés au Canada ou dans l’UE auront accès à des juridictions d’exception pour leur différends avec les États, au détriment des investisseurs nationaux dont les investissements ne dépassent pas les frontières de leur État et qui conserveront uniquement un accès aux tribunaux nationaux. Cette rupture d’égalité des entreprises et des citoyens devant la loi est ainsi bien réelle et fait d’ailleurs partie des griefs des juristes qui pointent un fort risque d’inconstitutionnalité du CETA."
        • "Viennent ensuite toute une série de déclarations annexes"
        • "Ce n’est donc pas un hasard si on trouve mention du respect du principe de précaution seulement à cet endroit (et pas dans le CETA, ni dans l’instrument commun). Cela signifie que l’Europe n’est pas parvenue ou n’a pas essayé de faire admettre au Canada qu’il accepterait les réglementations basées sur ce principe et ne tenterait pas de les remettre en cause."
        • "Les discussions au Conseil et le veto wallon ont eu le mérite de provoquer deux ruptures."
        • "La première est à mettre au crédit de l’Allemagne et de ses juges constitutionnels. Berlin, à la demande de la Cour Constitutionnelle, a en effet fait préciser qu’un État membre de l’UE pourra mettre fin unilatéralement à l’application provisoire du traité. L’Allemagne, l’Autriche et la Pologne se sont empressées de faire inscrire qu’elles se réservent le droit d’exercer cette prérogative. Avec la réversibilité de l’application provisoire, la Cour Constitutionnelle allemande qui doit encore examiner la compatibilité du traité avec la Constitution ménage ainsi une porte de sortie en cas d’inconstitutionnalité du CETA."
        • "Quant à l’accord belge"
        • "il annonce que plusieurs régions ne ratifieront pas le mécanisme d’arbitrage d’investissement en l’état, même dans sa version réformée. Ces dernières continuent de demander la création d’une véritable cour publique avec des juges issus d’une magistrature et soumis à un code de conduite strict."
        • "Par ailleurs, l’accord prévoit que la Belgique saisira la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour contrôler la compatibilité du mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États avec les traités européens. Si ce mécanisme a été intégré dans des centaines d’accords bilatéraux d’investissements, le juge européen ne s’est pour autant jamais prononcé sur sa légalité."

      Zone Euro


      Investissements

      • Bilan d'étape du Plan Juncker : la longue route vers le triple A - Mireille Martini
        "Le rapport rappelle que « l’investissement est un sujet majeur en Europe. Durablement affecté par la crise économique et financière de la fin de la décennie 2000, cette composante essentielle à la croissance constitue l’une des principales priorités de la Commission européenne depuis le début de son mandat. Son Président, a annoncé, en novembre 2014, un vaste plan pour relancer l’investissement et améliorer le climat d’affaires en Europe »."
        • "Pour nous ce bilan confirme que le Plan Juncker n’est pas une réponse adaptée à la nécessaire et urgente relance de l’investissement public en Europe. D’abord, qu’on nous pardonne cette évidence, le plan Juncker n’est pas de l’investissement public. 74% des fonds actuellement potentiellement engagés le sont par des investisseurs privés. Le solde, le financement en provenance de la BEI, n’est lui-même pas à proprement parler du financement public. "
        • "La BEI, comme nous l’avons rappelé dans le rapport Canfin-Grandjean, est en effet financée par une petite minorité de capital public et une grosse majorité de capitaux privés empruntés sur les marchés financiers et qui doivent pouvoir l’être en sortant à l’émission avec une notation triple A. Dans ces conditions, toute prise de risque significative qui n’est pas garantie par un Etat souverain considéré comme acceptable par les marchés financiers est impossible. C’est pourquoi la BEI elle-même ne peut s’engager massivement dans des projets comme l’efficience énergétique à une échelle massive, qui ne serait pas acceptée aujourd’hui par les marchés financiers car en dehors des clous de la prévisibilité cadrée par les historiques de défaut."
        • "Nous estimons que depuis sa mise en place en Juillet 2015 le FEIS a décaissé moins d’un milliard d’euros sur la partie infrastructures de son programme. A ce rythme, aucun impact sur la nécessaire reconstruction d’une Europe décarbonée ne peut être revendiqué."
        • "Avec 1,8 milliards d’euros décaissés, nous ne voyons pas en quoi la rapidité du dispositif peut être louée. Si comme nous le pensons les 1,8 milliards incluent les décaissements sur la partie crédit aux PME, alors les décaissements sur la partie infrastructure sont probablement de l’ordre de quelques centaines de millions d’euros, une goutte d’eau à l’échelle de ces marchés. Quant au succès, il faudrait parler du succès des investissements, ce sur quoi aucune information ne figure dans le rapport."
        • "Nous y apprenons qu’en matière d’infrastructures, le FEIS ne souhaiterait examiner que des projets bancables. La bancabilité d’un projet consiste pour celui-ci à pouvoir fournir aux investisseurs le couple rendement/risque qu’ils souhaitent (ces investisseurs étant soit des banques, soit, comme le terme ne l’indique pas, des investisseurs institutionnels). La bancabilité d’un projet d’infrastructures est assurée par un ensemble de garanties fournies aux financeurs par les constructeurs, les exploitants, et l’Etat, qui est souvent le concédant et garantit à des degrés divers les revenus (évolution des tarifs, subventions, loyers dans le cas des PPP, etc…). Notre compréhension est donc que la garantie publique fournie par le FEIS permet à des investisseurs institutionnels privés de financer des projets d’infrastructures déjà largement « dérisqués » (puisqu’ils sont bancables) mais pour lesquels les investisseurs souhaitent bénéficier d’une garantie supplémentaire de la BEI plutôt que de les financer directement. La BEI possède en effet une notation AAA qui est supérieure aujourd’hui à celle d’un certain nombre d’Etats européens. "
        • "Tout ceci permettant in fine de financer des infrastructures que les Etats n’ont pas la capacité de financer eux-mêmes faute de marge de manœuvre budgétaire (et encore, seulement la partie de celles-ci qu’il est possible de rendre « bancables » ; pour les autres, le FEIS n’est pas une solution). Les Etats restent porteurs dans ce schéma d’une partie non négligeable des risques. Les projets financés doivent supporter les coûts des multiples couches d’intermédiation financière impliquées dans ces structures complexes : audits techniques, comptables et juridiques, coût des conseils financiers et des agences de notations lorsque les projets sont financés par des émissions obligataires. Ces coûts seront reflétés dans les tarifs et sont in fine des charges pour la collectivité utilisatrice des projets, auxquelles correspondent des recettes pour le secteur de l’intermédiation financière."
        • "Et le FEIS n’est pas un fonds d’investissement investissant les capitaux de l’Union dans le cadre d’une stratégie de développement économique de l’Union. C’est un mécanisme au service des exigences du secteur privé, qui en finance les trois quarts, pour lui fournir le réhaussement de garanties étatiques sur des projets dont ce même secteur privé a fixé ex ante les conditions de bancabilité. L’Union européenne dans cette affaire n’agit pas comme une fédération d’Etats membres, mais comme le lieu du pouvoir des marchés financiers privés, tant au niveau de la contrainte Maastrichtienne qu’à celui de la « disponibilité » du FEIS. Ce faisant, elle affaiblit les Etats et les prive de la capacité d’utiliser le seul outil qui leur permettrait de faire face à la crise économique et climatique, la relance budgétaire. L’Union pourrait bien ne pas survivre à la gravité de ces crises. Nous avons déjà évoqué sur ce blog (et plus récemment dans notre ouvrage « Financer la Transition Energétique ») l’alternative simple qui existe : réorienter une partie des épargnes domestiques, actuellement captées par les marchés financiers, vers l’investissement public d’intérêt général. L’excès d’intermédiation financière dont le FEIS est un bon exemple a des coûts insupportables pour l’économie en période de croissance ralentie."
        • "Combien de nos députés, de nos concitoyens, sont persuadés que le plan Juncker est un outil d’investissement public en charge de la relance rapide de l’économie européenne par les infrastructures, y compris vertes ? Il n’en est rien. Le plan Juncker n’est pas piloté par l’Union Européenne mais par les investisseurs privés. Il est la meilleure réponse que ceux ci ont pu faire à la demande d’investissement qui leur était faite. Et ce n’est pas celle dont nous avons besoin pour relancer et décarboner l’économie européenne."



      France: politique économique

      • Programmes des candidats à la primaire: qui va gagner la course à la baisse du PIB ? - J-C. Werrebrouck
        • "On comprend ainsi mieux le poids de ces multiplicateurs annoncés plus haut avec globalement un effet dépressif très lourd et aussi des effets très mal répartis entre les différentes couches de la société et les espaces de vies correspondants : la fracture sociale ne peut que s’aggraver. Avec un mouvement auto-entretenu : Parce que l’effet dépressif est puissant, on ne peut qu’accélérer le processus enclenché si l’on veut maintenir les objectifs, de quoi entrainer la ruine économique et sociale du pays avec ses conséquences politiques."
        • "On comprend ainsi que le respect d’un tel programme de diminution des dépenses éclipsera largement le souci de l’avenir et frappera lourdement les services et transferts directs : soins, revenus de substitution. On comprend aussi que face à cette difficulté, des poches de dépenses publiques seront sanctuarisées (ensemble du secteur médico-social par exemple) au détriment de l’investissement public et donc de la construction de l’avenir. Qu’en sera-t-il de la branche énergie, des industries de la Défense, etc… ?"
        • "Un véritable programme de reconstruction passe par de tous autres moyens. Parce qu’il est très difficile de libérer l’offre globale en déprimant la demande globale, il faut changer de paradigme et libérer massivement l’offre dans un contexte de demande garantie."
        • "Maintenant parce qu’il faut que les investissements gigantesques capables de redresser le pays ne débouchent pas sur un non moins gigantesque accroissement des importations….assurant la relance à l’étranger….il faudra profiter de la probable disparition de l’euro, (dont le fonctionnement était lié à l’indépendance de la banque centrale….devenue organe financier dirigé par un gouverneur réquisitionné), pour procéder à une dévaluation massive. Bien évidemment, tout cela ne pourra se déployer sans effets pervers qu’il faudra savoir maitriser : élasticités/prix à l’importation et à l’exportation beaucoup trop faibles, contrôle des mouvements de capitaux, risques d’inflation, pénurie de devises, etc. Et bien au-delà l’exigence d’une certaine patience, le rétablissement ne pouvant s’opérer que dans le cadre d’une dizaine d’années. "







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