La Chine met en place le contrôle social des individus pour le bonheur du peuple

Voici cinq articles édifiants sur la surveillance dans l'empire du milieu; rassurons-nous, comme nous l'explique Mark Leonard dans le dernier papier, c'est du pareil au même dans les pays occidentaux.

médias et réseaux sociaux - la fabrique du pouvoir; Macron ou la tentation autoritaire | Juan Branco

Le 18 juillet dernier, Aude Lancelin s'entretenait,  avec Juan Branco, extraits :

« (...) Selon vous, les réseaux sociaux peuvent-ils à un moment donné être davantage encadrés qu’ils ne le sont aujourd’hui, littéralement repris en main par le même type de puissance financière ? Y a-t-il des risques nouveaux qui pèsent sur ce type de réseau ?

Ils le sont déjà. L’algorithmisation des feeds (en gros, ce qui fait apparaître l’information sur Twitter ou Facebook). Il faut se rappeler que Facebook au départ montrait de façon chronologique tout ce qui était fait par tous vos amis sans filtre aucun. Twitter également. Là, il y a une algorithimisation progressive qui fait que de plus en plus vous avez un contenu filtré au préalable sur un certain nombre de critères qui n’ont évidemment qu’un objectif : accroître votre présence sur le site et vous faire aller vers les contenus les plus rentables pour le site en question. Votre accès à l’information est donc progressivement filtré par des acteurs qui n’ont qu’une intention : rentabiliser votre présence. Ce sont ces plateformes qui aujourd’hui déterminent à quelle information vous allez avoir accès, qu’elle soit vraie fausse, orientée ou pas. (...)

Mais la question qui est posée à travers tout cela, c’est tout simplement le fait qu’il y a des groupes privés – qui par ailleurs n’appartiennent pas à notre espace politique, qui sont aux Etats-Unis, qui décident de ce qui doit être montré ou pas – qui ont la capacité de tuer une information et de mettre telle autre. Avant même la question de la manipulation de l’information de façon intentionnelle, le simple fait que ça existe et que ce qui est affiché le soit sur critère de rentabilité et non pas sur critère de pertinence politique pose un vrai problème démocratique. C’est en fait pour moi la question fondamentale aujourd’hui.


De la même façon, quand on parle de l’appartenance des groupes traditionnels à des oligarques. Je tiens beaucoup à ce terme d’ « oligarque ». Xavier Niel, aujourd’hui, quand on parle de lui, je pense qu’il faut vraiment insister sur ce fait que sa fortune s’est construite non pas sur le dos, mais en tous cas en dépendance de l’Etat et du bien public. C’est quelqu’un qui, si demain l’Etat prend une décision en sa défaveur, perd complètement sa fortune du jour au lendemain. S’il perd ses licences d’exploitation, qu’elles soient téléphoniques ou Internet, son groupe disparaît. Et cela, c’est un pouvoir que l’Etat, c’est-à-dire les Français, a à tout moment de le lui retirer. Il décide d’investir dans les médias, il le dit de façon très claire pour qu’on ne l’ « emmerde plus », pour reprendre ses termes. Dans ces médias, il joue un rôle très indirect mais marqué (vous le savez beaucoup mieux que moi), celui de placer quelqu’un qui a un rôle plus ou moins invisible pour le public, qui va être le directeur général des médias en question (en l’occurrence Louis Dreyfus), qui ne va pas avoir de rôle immédiat dans la sélection de ce qui doit être publié ou non. Ce n’est pas quelqu’un qui va pouvoir dire (vous me contredirez si je me trompe) : cet article ne peut pas sortir. Il n’a pas de rôle dans le rédactionnel immédiat. Sauf que c’est quelqu’un qui, sur le long terme, va décider de qui va être recruté ou non, qui voit ses contrats renouvelés ou non, sous quelles conditions, qui va être nommé aux postes de responsabilité – la rédaction en chef, la direction de la rédaction, etc. Qui donc va influencer de façon beaucoup plus pernicieuse, sur le long terme, la production de l’information et qui va faire qu’on ne va pas avoir besoin d’intervenir directement dans la production de l’information. (...)

C’est-à-dire qu’il est très difficile de créer un nouveau média, il faut des capitaux importants. Les fortunes sont concentrées, c’est très difficile de se lancer. Du coup, ils savent très bien qu’ils ne vont pas se faire remplacer, ils vont en fait abaisser le seuil progressivement, et tout ira bien jusqu’à ce que ça explose. Outre cela, sur l’espace traditionnel, on a un problème très similaire de concentration du pouvoir politique – parce que c’est ça au final, la capacité de décider quelle information doit être lue, comment elle doit être produite et mise en œuvre, placée dans les mains de personnes qui ont, derrière leurs discours éthiques, une seule intention : faire rentabiliser l’investissement de leurs actionnaires, parce que sinon ils sont sortis de leurs entreprises. On se trouve face à un assèchement de l’espace politique très dangereux pour la démocratie, et même pour la santé mentale de nos concitoyens. On est très appauvris et on n’arrive pas à avoir prise sur ce qui nous affecte.

(...) Vous avez écrit récemment à ce sujet un texte montrant qu’il y avait quelque chose de particulièrement dangereux dans le type de pouvoir en train de se mettre en place. Vous parlez d’ « inspiration poutinienne », de « gestion oligarchique des médias », de « pulsion autoritaire », de « contrôle absolu de l’espace public ». Est-ce que vous avez le sentiment que ce message-là peut passer en ce moment auprès de la population ?
 
C’est le danger de ce genre de pouvoir qui se met en place au départ de façon démocratique, ou d’apparence démocratique, et qui du coup va s’imposer par des schémas très indirects. De la même façon, il est très difficile aujourd’hui de percevoir Xavier Niel comme un oligarque, et de faire installer cette idée que c’est quelqu’un qui investit dans les médias pour s’assurer de garder sa fortune personnelle, créer des réseaux d’influence au sein de l’Etat qui vont faire que, dans l’ensemble, il va constituer du pouvoir. Du coup, derrière, il va appuyer ses affidés, en l’occurrence Emmanuel Macron qu’il connaît depuis longtemps. Il avait été l’un des premiers à qui Macron avait annoncé qu’il comptait se présenter à la présidence de la République alors qu’il était encore secrétaire général adjoint à l’Elysée, donc même pas encore ministre. (...)

Ce qui est intéressant bien qu’étant un autre sujet, c’est la dépendance à l’argent de qui veut faire quelque chose aujourd’hui en France, et cette sorte de rite initiatique qu’il est obligé de passer, et de passer en quelque sorte par les milliardaires pour faire quelque chose. Parce que l’accès aux capitaux pour lancer des projets intéressants est devenu très difficile. Donc on me présente à cette personne et à la fin il nous dit : – Ah, j’ai reçu un texto d’Emmanuel Macron. Je dis : c’est un être méprisable ? – Non, non, il est très bien, je m’entends bien avec lui, d’ailleurs il veut devenir président de la République. Il dit cela un peu en rigolant, mais il fait part de cette complicité invisible qu’Emmanuel Macron construit, grâce à son accès au pouvoir que lui a donné le fait d’avoir fait l’ENA, d’être devenu Inspecteur général des Finances, puis d’avoir été nommé secrétaire général de l’Elysée (la banque Rothschild au milieu, je ne suis pas sûr que c’est à ce moment-là qu’il le rencontre). En tout cas, il s’est constitué son carnet d’adresses via la puissance publique, via l’Etat, via la République, et il va ensuite s’appuyer sur cette personne et sur un certain nombre d’autres pour construire sa base de lancement qui derrière va lui permettre de devenir effectivement président de la République. Evidemment, il y a des liens de dépendance qui se créent à ce moment-là. Quand vous vous êtes appuyé sur la mansuétude voire les réseaux de cette personne, notamment pour les levées de fonds, pour arriver à la présidence de la République, au-delà de l’affinité idéologique qui peut exister et qui est réelle, qui est une affinité de classe en fait, il va y avoir toute série de service contre service, de don contre don, qui ne sont pas perçus comme étant de l’ordre de la corruption ou du conflit d’intérêt par ces individus. Ils pensent vraiment mutuellement qu’il va y avoir en face d’eux quelqu’un de grande valeur et qu’il s’agit de défendre pour sa valeur et non pas parce qu’en fait il va défendre des intérêts mutuels. Rien que ça, rien que l’existence d’un système oligarchique est très difficile à montrer. C’est très difficile d’aller au-delà de l’image de Macron, l’homme qui partait de rien et qui est devenu quelqu’un. Parce qu’il faut une connaissance très fine du système de l’intérieur.


Le jeune homme très doué, qui a eu le courage de la solitude, de partir…

Alors que n’importe quelle personne qui est passée par ces étapes (comme moi par exemple, Normale, etc.) sait très bien à quel point ce parcours est parfaitement classique et offre à tous les moments les moyens de l’opportunisme le plus crasse, qui vont permettre de monter, en deçà de tout engagement idéologique ou autre, pour prendre une position de pouvoir. Il n’y a rien de plus facile quand on a fait Henri IV. On a raté Normale, d’accord, mais on a réussi l’ENA derrière. On se débrouille bien, grâce à son capital culturel qui permet d’avoir accès à tout ça, parce qu’on est fils d’un médecin chef d’un service urgentiste. Par ailleurs, on a une relation avec quelqu’un qui a une connaissance très fine de comment se constituent les élites politiques, quelles sont les priorités sur lesquelles il faut investir en termes éducationnels, quels livres il faut lire, qu’est-ce qui plaît en gros au système ; et comment on se déploie facilement une fois qu’on fait ce choix d’être sans foi ni loi et de ne vouloir que le pouvoir pour le pouvoir. Donc montrer que c’est une mise en scène complète est très compliqué, parce qu’il n’y a pas d’espace médiatique notamment pour déployer ce décryptage.
D’autre part, il est difficile de faire le lien entre cela et la constitution de cette image à travers ces médias-là, qui sont détenus par les Xavier Niel, et de montrer que ce n’est pas un complot immédiat. Ce n’est pas Xavier Niel qui dit : « vous mettez en Une Emmanuel Macron ». C’est beaucoup plus fin que ça. Tout ça prend du temps, c’est une élaboration très compliquée à comprendre. Donc soit on entre dans le discours simple : ah oui, c’est un oligarque, Macron c’est un vendu, c’est un complot, vous vous faîtes manipuler. Du coup, les gens sentent qu’il n’y a pas de finesse dans l’analyse, il est difficile de convaincre au-delà de ceux qui sont déjà convaincus. Soit vous entrez dans l’élaboration complexe, et là il faut demander aux personnes un temps qu’elles n’ont pas, les amener à faire des plateformes comme celle-ci vers lesquelles elles ne vont pas naturellement. Je ne suis pas sûr qu’on puisse résister à ce genre de déferlante qui est si bien huilée, qui mobilise à la fois des pouvoirs financiers, médiatiques, étatiques, la haute fonction publique – pas n’importe laquelle, le corps le plus puissant de France avec M. Jouyet qui était au cœur de ce corps, qui était directeur de l’Inspection générale des Finances : et que M. Macron a remplacé par intérim pendant deux ans, ce qui lui a permis de placer des inspecteurs généraux des Finances dans l’appareil d’Etat avant même qu’il soit parti chez Rothschild… Tout cela, ce sont des petites choses qui ne sont pas connues, qui ne sont pas décryptées, sur lesquelles on n’enquête pas. Et qui pourtant sont les seules explications à l’ascension fulgurante de cet individu et à la constitution, depuis, d’un pouvoir oligarchique de façon transversale – qui allie haute fonction publique, investisseurs qui défendent les intérêts de classe, ses hommes à lui qu’il est en train de faire monter – qui vise à écraser complètement l’espace démocratique.
Ça ne sert à rien d’avoir un discours alarmiste a priori, mais pour moi c’est structurel. Il n’y a pas d’intention autoritaire particulière chez Macron. Bon, il se prend pour Jupiter, c’est un enfant-roi… On pourrait faire de la psychologie de bazar, mais structurellement son pouvoir se constitue de façon à devenir autoritaire. Parce que pour le maintenir, pour maintenir les intérêts de ceux qui l’ont porté jusque-là, il est obligé de passer par une forme autoritaire d’exercice du pouvoir qui s’auto-entretient. De la même façon, je ne suis pas sûr que Poutine ne se soit pas pris pour un tsar dès le premier jour où il est arrivé au pouvoir, alors que c’est tout le contraire : il avait été placé là de la même façon que Macron. Il y avait une opportunité qui était vue à travers cet être et plusieurs personnes s’y sont engouffrées. Je ne pense pas qu’aujourd’hui Macron se voie comme quelqu’un qui voudrait exercer un pouvoir autoritaire. Je pense qu’il est convaincu de sa bonne foi, mais qu’à terme on se rendra compte de la grande violence en fait du dispositif qu’il est en train de mettre en œuvre. (...) »

Sur la schizophrénie ambiante en matière écologique...

Extraits de deux textes qui se télescopent dans mon fil de lecture; le premier, très court, pointe une contradiction de nos sociétés en matière écologique, le second est en fait un livre, sous-titré « Réformer l'écologie pour nous adapter à la réalité » et semble vouloir répondre à la question « Comment avons-nous fait pour en arriver là ? Comment expliquer en particulier que nos projets écologiques n’aient eu aucun effet positif à ce jour, voire des effets inverses, alors que des solutions auraient dû être mises en œuvre et avoir été efficaces dès les années 1970, en particulier pour le climat, dont l’évolution subit une très grande inertie ? », les premiers chapitres sont à lire sur le web.

« Un impossible rêve : la vertu écologique », Vincent Rey, Blog de Paul Jorion, 31/10/2017
Les appels à la « vertu écologique » ont beau être nombreux, la dégradation de l’environnement (0) suit son cours. Combien de temps nous reste-t-il, pour réaliser que la recherche de la vertu est un vœu pieux, en matière d’environnement ?
(...)
Nous sommes obstinés, nous voulons « croire » en l’émergence d’une « vertu écologique globale », qui résulterait en quelque sorte, de la somme de nos « vertus écologiques individuelles » (5). Cette croyance est une illusion
(...)
Nous préférons « croire » ce que nous espérons, la survenue d’un Homme meilleur, quitte à occulter les mises en garde de plus en plus nombreuses des scientifiques (0).
(...)
Une attitude de déni, comparable à celle d’un homme amoureux, refusant d’admettre qu’il n’est pas aimé en retour, faisant des offrandes (6), suppliant l’être aimé de l’épargner, l’insultant bientôt, furieux de son impuissance. Le plus tôt un tel Homme trouve en lui la force de renoncer à ses faux espoirs, le mieux c’est pour lui, même s’il doit avoir, en abandonnant ses illusions, l’impression de se couper un bras. Cet Homme vertueux n’existant pas, alors inutile de perdre du temps : il faut regarder en face la TOTALITÉ DE L’ACTIVITÉ HUMAINE, pour en analyser secteur par secteur, ce qui impacte l’environnement : une tâche immense, révolutionnant non seulement toute la structure des revenus, mais aussi toute la structure des souverainetés et des influences.
(...)
Ce n’est pas l’écologie qui est un impossible rêve, c’est l’écologie qui repose sur le volontariat, sur l’individu vertueux.

« Transition 2017 – 1/4 : La réalité n’existe pas », Vincent Mignerot, Adrastia, juil 2017
« Transition 2017 – 3/4 : Mythologie écologique », Vincent Mignerot, Adrastia, juil 2017
L’humanité, malgré ses bonnes intentions, est condamnée à faire brûler la maison et essayer de ranger la cuisine après.
(...)
Abstraction faite du jeu moral opportuniste et du gain narcissique obtenu par le porteur de la bonne parole écologique, la réalité existe toujours autour du discours : l’essentiel des humains ne veut pas détruire l’environnement mais le fait quand même, et c’est là notre critique et notre inquiétude principale. Les humains détruisent d’autant plus l’environnement qu’il leur est possible de brandir l’étendard de la bonne intention pour demain. Le discours messianique perd tout sens opératoire dès lors que le public se l’approprie pour se dissimuler à lui-même la factualité de son action. Nous aurons balisé au fil de ces textes les éléments qui sous-tendent la construction d’un discours écologique idéalisé capable de rassurer artificiellement les populations sur leur avenir : raisonnement à rebours sur la possibilité de protéger l’environnement, sur la possibilité de substituer une énergie par une autre, sur la possibilité de s’affranchir de la compétition pour l’existence, attribution arbitraire et conflictualisée de la faute écologique à un autre que l’individu lui-même.
5 Honnêteté écologique
Que se passerait-il si nous cessions – si nous en sommes capables – d’attribuer à un autre, de quelque façon que ce soit, la responsabilité de ce que nous opérons chacun sur le monde ?
Si nous continuons à avancer dans la défausse et les illusions collectives, ne risquons-nous pas aujourd’hui, étant donné le contexte, de restaurer le risque d’une gouvernance du clivage et de la violence, le déni de réalité étant le plus court chemin vers l’attaque concrète de cette réalité ?
Convoquer des tiers, quels qu’ils soient, pour apaiser notre esprit et légitimer notre action doit sûrement être proscrit désormais si nous souhaitons ouvrir à la conscientisation réelle de notre impact. Le rejet de responsabilité est sans aucun doute le plus performant outil de procrastination écologique, l’histoire semble le montrer très exactement.
Parmi les défis auxquels nous expose l’effondrement à venir, il n’est pas le moindre que d’admettre enfin que dans le processus collectif de destruction de l’équilibre écologique vital, chacun fait sa part.
Plan des articles de Vincent Mignerot :
Avant-propos général
1/4 : La réalité n’existe pas
    1 Trop tard
    2 Trop complexe
    3 Trop injuste
    4 Pour toujours
2/4 : Écologie et post-vérité
    1 Protection de l’environnement
    2 Substitution des énergies
    3 Compétition existentielle
    4 Post-vérité
3/4 : Mythologie écologique
    1 Substitution causale
    2 Culture de la substitution
    3 Responsabilité réelle
    4 Messianisme écologique
    5 Honnêteté écologique
4/4 : Éléments pour un programme et une éthique de transition, mise en ligne reportée

Energie et environnement, revue de web, sept-oct 2017

  • Une histoire environnementale de l'humanité
  • Climat
    • Analysis: How well have climate models projected global warming? Zeke Hausfather, Carbon Brief, oct 5, 2017
      "Scientists have been making projections of future global warming using climate models of increasing complexity for the past four decades. These models, driven by atmospheric physics and biogeochemistry, play an important role in our understanding of the Earth’s climate and how it will likely change in the future. Carbon Brief has collected prominent climate model projections since 1973 to see how well they project both past and future global temperatures, as shown in the animation below."
    • The real climate debate, Nature, 12/10/2017 
    • Steven Chu : "Have scientists provided enough good information on climate change to the public?We can do better. Climate is a very complex thing to simulate. The failure to predict the global temperature plateau that we experienced from 2002 to 2012 was held up as proof that climate scientists didn't know what was going on. We now know that the models failed to accurately predict the subtle changes in warming of the deep oceans, although when averaged over two decades they were accurate. We've also underestimated the extent of many alarming changes, and it's still hard to predict with any precision what's going to happen; the full effects of greenhouse-gas emissions won't be seen for at least a hundred years. It's like going to your doctor and saying “I'm 32 kilos overweight and I smoke, but unless you can predict exactly what's going to happen to me and when, I'm not going to give up cheesecake and cigarettes”. No patient would demand that of their doctor, so why should we demand it of climate scientists before we take action? "
    • Le mensonge de la géo-ingénierie, Barbara Unmüßig - Project Syndicate, Oct 12, 2017
      "À l’heure où le monde peine à maîtriser ses émissions de gaz à effet de serre et à limiter le réchauffement climatique, une nouvelle solution technologique miracle suscite l’enthousiasme de plus en plus de partisans. La géo-ingénierie – manipulation à grande échelle des fonctionnements naturels de la planète Terre – se popularise ainsi en tant que moyen de contrer les effets négatifs du changement climatique."
    • Voici comment votre monde pourrait prendre fin, par Peter Brannen, 12 sept 2017
      "Dans cet extrait de son livre Fins du Monde (Ends of the World), le journaliste scientifique Peter Brannen étudie les extinctions massives et l’issue catastrophique de l’augmentation des températures pour l’ensemble de la population mondiale."
  • Sécheresse et conflits
    • La Syrie, une guerre climatique ? Les liens complexes entre sécheresse, migration et conflit, Lina Eklund, Darcy Thompson, 28 août 2017
      "Cela fait maintenant plus de six ans que la guerre civile a débuté en Syrie. Vous avez certainement entendu la théorie qui relie ce conflit au changement climatique. Une intense sécheresse, probablement causée par le réchauffement en cours, aurait entraîné une migration de masse de la campagne syrienne vers les villes. Cette hausse de la population urbaine ne serait pas étrangère au soulèvement de 2011, qui a fini par dégénérer en guerre civile. Cette théorie part du postulat qu’il existe un lien entre sécheresse, exode rural et guerre. Cette connexion n’est pourtant pas si évidente. Et pointer le rôle du climat présente le risque de minimiser celui des facteurs politiques et socio-économiques. Une sécheresse n’est pas forcément synonyme de conflit."
    • Drought — a cause of riots, UNIGE june 2017
      "The researchers, who controlled for a very wide range of ancillary variables, found that a period of drought increases the overall possibility of rioting by 10% in a given month in any region, whether it is a desert or not, and regardless of whether it is close to a city. “But, points out Lucchetti, if you cross-reference other geographical and social factors, this percentage rises dramatically.” In fact, three key elements play a leading role in the likelihood of drought-related riots. The first is population density: the more densely populated a region is, the greater the need for water. If there is shortage of “blue gold” in the most dense areas, the probability of a riot breaking out jumps by 50%. Similarly, if a region where there are no lakes or rivers is struck by drought, the risk of a conflict breaking out is multiplied by two; by contrast, areas boasting lakes and rivers see the same risk decreasing proportionally. Finally, if several different ethnic groups share the same water resource within the same region, traditional institutional arrangements may temporarily collapse in the event of a shortage, swelling the risk of conflict by a factor of two."
  •  Pollution : La quotidienne de l'énergie du 12 octobre - Politiques Energetiques 
      "En 2014, la pollution de l’air a causé la mort prématurée de 520 400 personnes en Europe[à comparer aux nombres de mort causés par le nucléaire ou le terrorisme]. Un rapport de l’Agence européenne de l’environnement indique que ce sont les particules fines suivies du dioxyde d’azote et de l’ozone qui font le plus de victimes. Malgré les nombreux dépassements, l’agence évoque une « lente » amélioration de la qualité de l’air. En 2013, le nombre de décès liés à la pollution était encore plus important. L’Italie et la Pologne sont particulièrement exposées à la pollution de l’air, en raison du chauffage individuel au charbon en Pologne et la concentration d’industries et de grandes agglomérations dans le Nord de l’Italie. (Le Monde)"
  • Ressources et Énergie
    • Ugo Bardi’s “Extracted: How the Quest for Mineral Wealth Is Plundering the Planet" excerpt, 2014
      "The limits to mineral extraction are not limits of quantity; they are limits of energy. Extracting minerals takes energy, and the more dispersed the minerals are, the more energy is needed. Today, humankind doesn’t produce sufficient amounts of energy to mine sources other than conventional ores, and probably never will."
    • Du mythe de la croissance verte à un monde post-croissance, Philippe Bihouix, Le Partage, Sept 2017
      "L’ar­ticle suivant, qui dénonce l’illu­sion des solu­tions haute­ment tech­no­lo­giques (dont les éner­gies dites renou­ve­lables) dans la lutte contre le chan­ge­ment clima­tique, est tiré de l’ou­vrage collec­tif Crime clima­tique stop ! : L’ap­pel de la société civile (éd. du Seuil, 2015). Son auteur, Philippe Bihouix, est un ingé­nieur borde­lais auteur de L’Âge des low tech, vers une civi­li­sa­tion tech­nique­ment soute­nable (éd. du Seuil, 2014)."
    • China faces looming energy crisis, warns state-funded study, Nafeez Ahmed, Oct 5, 2017 "A new scientific study led by the China University of Petroleum in Beijing, funded by the Chinese government, concludes that China is about to experience a peak in its total oil production as early as next year. Without finding an alternative source of “new abundant energy resources”, the study warns, the 2018 peak in China’s combined conventional and unconventional oil will undermine continuing economic growth and “challenge the sustainable development of Chinese society.” This also has major implications for the prospect of a 2018 oil squeeze — as China scales its domestic oil peak, rising demand will impact world oil markets in a way most forecasters aren’t anticipating, contributing to a potential supply squeeze. That could happen in 2018 proper, or in the early years that follow. There are various scenarios that follow from here — China could: shift to reducing its massive demand for energy, a tall order in itself given population growth projections and rising consumption; accelerate a renewable energy transition; or militarise the South China Sea for more deepwater oil and gas. Right now, China appears to be incoherently pursuing all three strategies, with varying rates of success. But one thing is clear — China’s decisions on how it addresses its coming post-peak future will impact regional and global political and energy security for the foreseeable future. Fossil fuelled-growth"  
  • 100% Renewable Energy
  • Capitalisme, gouvernance et transition
    • Croissance verte versus décroissance du fossile : la face sombre de la transition, Alain Grandjean, 29 août 2017
      "S’il va de soi que la transition énergétique conduit à développer de nouvelles activités (efficacité énergétique et sobriété carbone dans tous les compartiments de l’économie, énergies décabonées, …) elle ne se réduit malheureusement pas à l’installation de panneaux solaires ou d’éoliennes, et pas plus à celle de centrales nucléaires. Il s’agit de faire massivement décroître des activités ce qui nécessite une volonté politique sans faille. Cette face sombre de la transition est probablement la principale raison de sa lenteur. On comprend bien que le personnel politique préfère mettre en avant sa face claire (la création d’activités, d’emplois et l’innovation). Pour autant la dérobade devant l’obstacle, faute de volonté et de courage politique a des conséquences sociales économiques et bien sûr écologiques désastreuses."
    • Le capitalisme est-il responsable… de la destruction de la biosphère et de l’explosion des inégalités ? Alain Grandjean, 14 sept 2017
      "Nous allons ici tenter de montrer que le capitalisme sous sa forme actuelle est bien responsable du désastre écologique actuel et de l’explosion des inégalités sociales, ce qui permet d’envisager des solutions à terme assez court : il est plus facile de réformer le capitalisme que la nature humaine… Nous montrerons aussi que la nécessaire lucidité sur les risques que nous encourons n’est pas synonyme d’une nostalgie qui serait déplacée par rapport au bon vieux temps. Ne nions pas les progrès (2), mais intéressons nous à la manière d’éviter qu’ils ne puissent être considérés par nos descendants comme un simple feu de paille. La présente note est rédigée de manière très synthétique mais en documentant au maximum ses affirmations."
    • La transition anti-écologique : comment l’écologie capitaliste aggrave la situation, Nicolas Casaux, sept 2017 
    • From oilslick to tyranny, Norman Pagett, Extra Newsfeed, June 5 2017
      "People with full bellies, stable homes and secure employment do not allow themselves to be involved in civil disorder. Unfortunately we are living on borrowed money in a bankrupt society. When our debts catch up with us, society will collapse, violent disorder will ensue and martial law will be inevitable. Pre-oil, despotic rule was the norm and democracies did not exist; we are going to return to that era. The hallmark of the tyrant is already being stamped on the nation for anyone willing to recognise it. Suppression of truth is already in hand, information on climate change has been removed from government websites. It is the preparation for your future governance. No names are given here, because no-one will recognise the opportunist until he makes his grab for ultimate power. It will not be who you expect it to be."

Cyclones et changement climatique

Il paraît que les médias et les politiques ont associé la récente série d'ouragans au réchauffement climatique. Il semblerait qu'ils sont allé un peu vite en besogne. Voici quelques liens solides qui affirment le contraire.


Non, il n'y a pas plus d'ouragans qu'il y a 50 ans [infographie], cFactuel, 14/09/2017

Leçons de cyclones pour le climat, Sylvestre Huet, 20/09/2017
  • Il est impossible de tisser un lien de causalité entre un événement météo isolé et une tendance climatique en cours.
  • En revanche, une analyse a posteriori, fondée sur un ensemble de simulations numériques explorant les possibles d’un climat inchangé et d’un climat changé permet d’évaluer la probabilité d’occurrence d’un phénomène météo en fonction de ces deux climats.
  • Les risques de cyclones plus intenses ou plus fréquents dans un climat plus chaud à la fin du siècle sont mal connus. Leur simulation reste délicate. Un raisonnement simpliste ne faisant appel qu’à l’élévation de la température des cent premiers mètres de l’eau des océans pourrait conclure à l’augmentation de leur fréquence, mais ce n’est pas ce que montrent les simulations numériques. En effet la formation d’un cyclone dépend aussi de l’ensemble de la troposphère et du gradient de température, ainsi que de vents en haute altitude pour son intensification. Or, le réchauffement général modifie peu le profil vertical des températures, le véritable catalyseur des phénomènes cycloniques. Leur nombre pourrait donc ne pas varier, voire baisser un peu avec le réchauffement.

Atlantic Hurricane Trends and Mortality Updated, Euan Mearns, September 12, 2017
The frequency of Atlantic hurricanes making landfall has not increased since 1880. The reported increase in the frequency of all hurricanes can be explained by under-recording in the pre-flight, pre-satellite era. The accumulated cyclone energy (ACE) index in the North Atlantic has been flat since 1950. Changes in ACE with time may be associated with the Atlantic Multidecadal Oscillation (AMO) and clearly has nothing to do with CO2 emissions. The maximum intensity of hurricanes has not increased with time. Nor has the cost of hurricane damage increased in the USA.

ACE : Accumulated cyclone energy
[Wikipedia] L’énergie cumulative des cyclones tropicaux (en anglais Accumulated cyclone energy ou ACE) est la quantité d'énergie globale d'un ou de plusieurs cyclones estimée à partir de la vitesse maximale des vents pour chaque période de six heures. Selon sa définition, elle n'est calculée qu'à partir du moment où le système atteint le niveau de tempête tropicale et ne tiens donc pas compte des dépressions tropicales plus faibles et souvent de courte durée de vie.
Cette quantité est un index de mesure utilisé par le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis pour quantifier l’énergie des cyclones tropicaux comme les ouragans et les typhons. L’indice total d'un cyclone ou de tous les systèmes tropicaux d'une saison dans un bassin océanique peut ainsi être évalué et comparé à d'autres cyclones ou saisons1


A General Linear Model for Trends in Tropical Cyclone Activity by Jamal Munshi, SSRN, 16 Jul 2015
"Abstract : The ACE index is used to compare tropical cyclone activity worldwide among seven decades from 1945 to 2014. Some increase in tropical cyclone activity is found relative to the earliest decades. No trend is found after the decade 1965-1974. A comparison of the six cyclone basins in the study shows that the Western Pacific Basin is the most active basin and the North Indian Basin the least. The advantages of using a general linear model for trend analysis are described."

"Last but not least", l'état de l'art par le laboratoire de dynamique des fluides géophysiques de l'administration américaine des océans et de l'atmosphère (NOAA). Je ne l'ai pas encore lu mais en voici les points essentiels (Global Warming and Hurricanes – Geophysical Fluid Dynamics Laboratory, Aug 30, 2017) :
  • It is premature to conclude that human activities–and particularly greenhouse gas emissions that cause global warming–have already had a detectable impact on Atlantic hurricane or global tropical cyclone activity. That said, human activities may have already caused changes that are not yet detectable due to the small magnitude of the changes or observational limitations, or are not yet confidently modeled (e.g., aerosol effects on regional climate). 

Likelihood Statements

The terminology here for likelihood statements generally follows the conventions used in the IPCC AR4, i.e., for the assessed likelihood of an outcome or result:
  • Very Likely: > 90%,
  • Likely: > 66%
  • More Likely Than Not (or Better Than Even Odds) > 50%
  • Anthropogenic warming by the end of the 21st century will likely cause tropical cyclones globally to be more intense on average (by 2 to 11% according to model projections for an IPCC A1B scenario). This change would imply an even larger percentage increase in the destructive potential per storm, assuming no reduction in storm size.
  • There are better than even odds that anthropogenic warming over the next century will lead to an increase in the occurrence of very intense tropical cyclone in some basins–an increase that would be substantially larger in percentage terms than the 2-11% increase in the average storm intensity. This increase in intense storm occurrence is projected despite a likely decrease (or little change) in the global numbers of all tropical cyclones.
  • Anthropogenic warming by the end of the 21st century will likely cause tropical cyclones to have substantially higher rainfall rates than present-day ones, with a model-projected increase of about 10-15% for rainfall rates averaged within about 100 km of the storm center.
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