Civilisation et espèce humaine

[L'espèce humaine] a bricolé et s'est adaptée au sein de densités urbaines extrêmes à quelques endroits sur la terre. Ceci est lié, dans les traces archéologiques, à des flux trophiques négatifs indiqués par une vaste déforestation, une baisse des nappes phréatiques, une augmentation de l'érosion des sols et l'extinction ou la quasi extinction de beaucoup d'espèces sauvages qui dominaient le milieu auparavant. Ce fut au sein de la “civilisation” que beaucoup d'êtres humains développèrent un état d'esprit basé sur l'illusion d'une dualité : culture en opposition à nature, domestiqué vs. sauvage, civilisé vs. primitif.

Les sociétés humaines sont sensibles à la dérive idéologique qui rationalise ces pratiques écologiquement simplificatrices et déstabilisatrices, mais elles ne peuvent soutenir ces pratiques que si elles développent ensuite des stratégies pour faire face aux risques plus élevés qu'elles comportent. Cannibaliser d'autres sociétés pour retarder l'effondrement est un remède efficace à ces risques ; l'inégalité interne en est un autre.

La civilisation est clairement un système culturel capable de déformation par stratification sociale. En prenant le contrôle des ressources, en institutionnalisant le recours à la force et à l'endettement “dans le cadre de la loi”, une infime minorité peut se décharger sur la majorité des coûts et des risques d'entreprises économiques peu judicieuses - majorité qui peut être ignorante, mal informée ou même à qui la minorité a menti. Jusqu'à présent, l'effet principal de l'attribution du pouvoir politique et économique à de minuscules élites est la protection “légale” de leurs propres sources de revenus.

En développant des récits qui mettent l'accent sur leur propre supériorité de sang, d'intelligence et de “bonnes manières” vis-à-vis des “gens ordinaires”, ces autorités créent en même temps des cultes de destinée nationale et de ferveur patriotique, qui favorisent la guerre, l'écocide et l'ethnocide. Le récit de la domination de la nature va de pair avec l'écocide. Ce que nous voyons aujourd'hui, c'est l'acte final d'une longue fin de partie appelée “civilisation”, où tout ce qui a été soutenu pendant des milliers d'années de soins attentifs, par les chasseurs-cueilleurs, horticulteurs et éleveurs nomades restant dans le monde, est détruit par les charrues, les mines, les exploitations forestières et la construction routière.

L'acceptation de ce que TOUTES les recherches révèlent, sur l'évolution humaine, l'impact des civilisations sur les écosystèmes, n'a pas besoin de s'abaisser là où les données ne sont pas raccord : non, les humains ne sont pas une espèce “nuisible” qui détruit toujours la mégafaune et encore moins les écosystèmes. Ce genre d'hyperbole rend l'insupportable simplement incompréhensible.


Helga Vierich

Réseau trophique :
Un réseau trophique se définit comme l’ensemble des relations alimentaires entre espèces au sein d'une communauté et par lesquelles l'énergie et la matière circulent.
Un Réseau trophique désigne l’ensemble de chaînes trophiques qui relient les organismes d'une biocénose. ces chaînes alimentaires assurent la circulation de matière et d'énergie dans un écosystème. De nombreux êtres vivants peuvent appartenir à plusieurs chaînes alimentaires et à plusieurs niveaux trophiques.

Exemple de flux trophiques négatifs :
Une espèce “clé de voute” d'un écosystème est sur-chassée, s'ensuit un effondrement des autres espèces et une baisse de la capacité de charge de l'écosystème.

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