les 10% les plus riches recoivent 50% des revenus et émettent 50% du CO2

« Choisis ton camp, camarade ! Tu penses qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique ? Fais vœu de pauvreté ! » Groucho Marx
Ce que le monde produit, c'est ce que le monde consomme (investissements compris) et vice versa ce sont deux grandeurs équivalentes (tautologie inside), même s'il y peu y avoir un décalage dans le temps. Nous pouvons mesurer cela en terme monétaire, ce sont les revenus (faisons abstraction du crédit). Approximativement à l'échelle globale, production = consommation = revenu (PIB). Les émissions de gaz à effet de serre sont proportionnelles à l'activité économique : plus on produit, plus on transforme, plus on consomme, plus on émet.
«  l’élasticité des émissions de carbone vis-à-vis du revenu réel est autour de l’unité. Cela signifie non seulement que, si le revenu d’une personne (ou d’un pays) augmente de 10 %, les émissions tendent à s’accroître dans la même proportion, mais aussi que la distribution des émetteurs réplique la répartition du revenu. Puisque dans la répartition mondiale du revenu le décile supérieur reçoit au moins 50 % du revenu mondial, il est aussi responsable d’au moins la moitié de toutes les émissions polluantes. »

Pour limiter l'augmentation de la température moyenne à 1,5°C, l'objectif serait d'arriver à zéro émission de gaz à effet de serre vers 2050 (GIEC) ou en 2070 pour 2°C. Pour l'instant les émissions annuelles augmentent toujours et notre climat actuel est le résultat de la somme de émissions d'il y a 40 ans. A cette époque seul l'Occident nanti émettait des gaz à effet de serre en quantité importante. Depuis 20 ans, le nombre de personnes qui ont accédé à une richesse similaire à celle de l'Occident ou y aspirent, a décuplé. Même si l'Occident se parait de vertu en un instant, cela aurait une faible d'incidence sur le niveau des émissions mondiales. En effet, en Asie et ailleurs, des centaines de millions de personnes viennent d'accéder à un certain confort matériel et je présume qu'ils n'ont aucune envie de le quitter de suite...

Quelques chiffres pour définir la richesse :

Une personne qui gagne 1012 euros par mois (tous revenus confondus) fait tout juste partie des 10% les plus riches de la planète (en terme de revenus donc et non de patrimoine).

Une personne qui gagne 2330 euros par mois (tous revenus confondus et après impôts) fait partie  des 1% les plus riches de la planète.

La salaire médian global (qui divise la population mondiale en deux groupes de quantité égale) est de 95 euros par mois.

A 1000 euros par mois je fais partie des 10% les plus riches de la planète. Ah, ces gilets jaunes, ce sont pour la plupart des gosses de riches en fait !

Vous pouvez vous situer en terme de revenu et de patrimoine sur le site Global Rich List.

Voyons maintenant la répartition des émissions de CO2 en fonction des revenus :




Diminuer les émissions de gaz à effet de serre de manière conséquente, est une tâche incommensurable, qui va bien au delà des quelques gestes qui ne font du bien qu'à notre conscience (ce n'est pas, à mes yeux, une raison pour ne rien faire).

En effet, je suppose qu'il y a peu de personnes parmi nous, les riches, qui soient prêt à consommer et produire l'équivalent du RSA (V. Mignerot), niveau approximatif moyen, globalement parlant, qui nous permettrait de calmer le jeu significativement sur les émissions de gaz à effet de serre. Quand vous gagnez 513 euros par mois, vous faites encore partie des 20% les plus riches de la planète. Dans un monde communiste imaginaire où tout le monde gagnerait cette somme, nous rendrions 80% des habitants plus riches, 80% d'heureux en plus en somme. Oui car à ce niveau, richesse et qualité de vie sont proportionnelles.

Je n'arrive pas à conclure, du coup je laisse Laurent Mermet remuer le couteau dans la plaie avec ce qu'il appelle le refoulement du distributif :
Il «  montre en quoi le refoulement du distributif, où l'on raisonne comme si l'humanité était un acteur constitué et unitaire, et où l'on élude la question des gagnants et des perdants des crises et mutations, débouche sur d'importants points aveugles lorsqu'il s'agit de penser l'action collective face à l'urgence écologique. »
«  La question n’est pas que l’humanité ne va pas survivre, la question est : qui va survivre, avec quel mode de vie ? »

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