Revue de web du Lundi 27 Février

 Deux chroniques , deux interviews, un article, une lecture  et c'est parti :


Jean-Marc Daniel économiste libéral bon teint nous rappelle dans sa chronique journalière sur BFM que l'activité économique vient du soleil (l'énergie, le pétrole, les plantes , etc...) et de l'intelligence humaine.




Dans sa chronique hebdomadaire sur Radio NovaPierre Larrouturou, ex PS, ex EELV, partisan de la semaine de 32 heures, nous présente le club Roosevelt 2012|  15 réformes pour changer la donne. Ses propositions vous parlent ? Alors signez ! Le poids du nombre servira à peser sur le futur président de la République pour mettre en place les réformes proposées.



Michel Rocard qui fait partit du club Roosevelt 2012 présente son nouveau livre lors d'un entretien au journal Le Monde, il nous enjoint à redevenir radical c'est à dire à prendre les choses à la racine :
[...]Non, pas vraiment, on parle de nos petites affaires sans vouloir regarder le reste du monde. Or c’est de l’extérieur que viennent les menaces les plus graves. Le capitalisme est entré dans une crise profonde, aucun retour à la normal n’est envisageable, rien ne sera plus comme avant. Mais qui le dit dans cette campagne ? La droite ment lorsqu’elle assène qu’en travaillant plus, on retrouvera la croissance. C’est faux. C’est là-dessus que la gauche doit engager la confrontation. Nous sommes partis pour des années de croissance faible et peut-être même de récession. Il faut le dire clairement et essayer de penser un monde qui sera radicalement nouveau.
D’abord, la crise financière n’est pas réglée. Certes, il y a un léger mieux du côté de la zone euro, mais le niveau de l’endettement américain est pharaonique. En Chine, on s’attend à une baisse des prix de l’immobilier de 50 % au moins. Or cette bulle-là est quatre fois plus grosse que celle des subprimes. Si elle expose, vous imaginez les dégâts. Première urgence, donc, recréer un peu de stabilité.[...]


Pourquoi jugez-vous impossible de retrouver une croissance soutenue à moyen terme ?


Parce que nous ne vivons pas une seule crise mais plusieurs. A supposer que l’on parvienne à réguler la finance, il faudra de longues années pour désendetter les Etats. Et il y a le “pic pétrolier” qui sonne le glas de notre modèle de prospérité. L’ère du pétrole bon marché est révolue. La consommation s’accroît alors que le volume disponible diminue. La hausse des prix est aussi inévitable que potentiellement forte. Elle va fortement peser sur le pouvoir d’achat. La récession menace, la croissance rapide est terminée.[...]


Tous dans cette campagne veulent réhabiliter la valeur travail et vous intitulez l’un de vos chapitres “la fin du travail”.


Est-ce une provocation ? Il faut reconnaître que la réduction du temps de travail est devenue un dangereux tabou. Exactement comme le nucléaire. Sans doute parce qu’on a voulu forcer le passage par la loi. Ça a été la faute de Martine Aubry. Cela a entraîné un blocage psychologique dans les PME qui sont en moyenne à 38 heures, contre 35 chez les grandes.
Et pourtant ! La tendance a été la même dans la plupart des pays industrialisés. Entre 1960 et 1990, le temps de travail a beaucoup diminué au Japon, aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne, en France, parce que l’automatisation réduit fortement les besoins en personnel. Puis il y a eu une sorte de plafonnement lié à la montée en puissance dramatique de la précarité : à côté des chômeurs, on a vu se développer les travailleurs précaires et les pauvres. Le résultat, c’est qu’à peu près un tiers de la population active est en situation de grave précarité dans les pays industrialisés.[...]


Si je vous comprends bien, il faut partager le gâteau ; avouez que ce n’est pas très dynamique !


Relisez Chateaubriand, Léon Blum, Hannah Arendt, Georges Friedmann, tous ont prédit la fin du travail. Et, à l’époque, on était dans le plein-emploi, donc la question de la réduction du temps de travail n’était pas liée au chômage. Elle dépend exclusivement de la productivité, qui est en croissance constante. Nous avons oublié d’être radicaux dans nos manières de penser. Cela nous freine dans la recherche de nouvelles régulations.[...]


Comment décririez-vous le monde de demain ?


Une société moins marchande, moins soumise à la compétition, moins cupide et organisée autour du temps libre. J’ai coutume de dire que dans les cinq plus beaux moments d’une vie, il y a un (ou des) coup(s) de foudre amoureux, la naissance d’un enfant, une belle performance artistique ou professionnelle, un exploit sportif, un voyage magnifique, enfin n’importe quoi mais jamais une satisfaction liée à l’argent. Donc c’est un monde de pratiques culturelles et sportives intenses, de temps familial abondant, de soins aux enfants et de retour à des relations amicales festives."


Une constitution existe pour encadrer les pouvoirs politiques. Elle est là pour contrôler, avoir du pouvoir sur ceux qui possèdent le pouvoir (exécutif, législatif). Une constitution c'est une des bases d'une vrai démocratie qui, rappelons nous, veut dire le gouvernement par le peuple. Un petit pays montre l'exemple depuis 2010 : l'Islande.

Révolution démocratique en Islande, que Vive l’Islande !
"Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n’en parle, aucun média ne relaie l’information, vous n’en trouverez presque pas trace sur « Google » : bref, le black-out total. Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante : Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d’orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l’élection d’une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société. [...]
Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois. Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.[...]
C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.[...]
Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.[...]
songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État.[...]
Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, événement peut-être plus considérable que la nuit du 4 août 1789 où était votée l’abolition des privilèges,[...]
Merveille de la désinformation. Un événement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique, telle qu’on n’en a jamais vue en Europe, peut se produire sans que la presse, ni google, ne permettent d’en savoir quoi que ce soit. C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos régimes policiers, qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.


Michael Hudson professeur d'économie à l'université du Missouri nous explique par a+b pourquoi l'économie est planifiée pour aspirer les richesses produites par le monde entier au profit au profit des pouvoirs financiers et bancaires, les fameux 1%.
 MUST WATCH! Une transcription de la vidéo et des sous titres en anglais sont disponibles.
A Planned Economy for the 1%

La concentration de la propriété conduit à la concentration du pouvoir politique. C'est assez évident. C'est presque une lapalissade. Mais ce n'est pas quelque chose que vous entendrez dit très souvent sur les médias traditionnels. Mais cela est le cœur de ce qui se passe en Europe, en Grèce, aux États-Unis, au Canada et dans de nombreux autres pays, si ce n'est tous.[...]
Depuis l'agriculture néolithique, partout où vous avez une division du travail et un intervalle de temps entre la production et son paiement final, entre la plantation et la récolte, vous avez besoin d'une planification à long terme. L'idée depuis le 18e et le 19e siècles et le début du 20ème siècle c'est que les gouvernements font un plan prévisionnel. Les français ont appelé cela la planification.
[...]
Mais si les gouvernements ne prévoient pas de faire des subventions, des droits de douane et des impôts, si vous démontez la planification des gouvernements, alors par défaut, la planification passe dans les mains des banquiers. Et les banquiers s'occupent eux-mêmes de l'allocation des ressources de la nation, parce que ce sont les banquiers qui donnent le crédit. Et au lieu que ce soit le gouvernement qui décide comment orienter l'économie  en subventionnant l'éducation, en construisant des infrastructures privées - tout d'un coup l'infrastructure, la division du travail et les ressources sont confiées aux banques, et les banques vont décider de vendre la totalité du domaine public, de vendre les routes, les systèmes ferroviaires et les systèmes d'alimentation [eau, énergie]. Elles vont décider qui obtient les crédits et elles s'occupent donc de la planification.[...]
Un plan financier c'est de prendre la totalité des revenus d'une société,  de voir comment le montant des profits peut être engagé pour payer le service de la dette, et nous allons trouver un acheteur qui va acheter cette entreprise et engager tous les flux de trésorerie vers nous la banque. Eh bien, cela ne laisse pas d'argent pour des investissements tangibles dans une nouvelle usine et en équipement. Tout comme pour un immeuble, si Donald Trump ou un investisseur immobilier achète une propriété, la devise de base d'un investisseur immobilier c'est que le loyer sert à payer les intérêts. Un investisseur va calculer à combien est le loyer et ils vont faire une offre pour un grand immeuble de bureaux . Le gagnant est la personne qui engage la totalité des flux de trésorerie que sont les loyers pour payer les intérêts à la banque. Et ils le font comme çà parce qu'ils ne sont pas là pour les loyers, ils sont là pour la plus-value sur le capital qui sera permise tant que les banques continueront à prêter de l'argent de plus en plus, pour le processus visant à accroître la totalité du prix. Et qu'est-ce que vous avez alors c'est l'inflation des prix des actifs[immobiliers].[...]
Eh bien, ce qui est si unique à ce sujet en Europe, vous avez toute cette mémoire implantée de l'hyperinflation allemande dans les années 1920, que les Allemands et les Européens disent, eh bien, attendez une minute, nous ne pouvons pas avoir  la banque centrale qui prêtent au gouvernement, parce que c'est inflationniste. En fait, nous venons de voir cette énorme inflation par le système bancaire commercial aux États-Unis, en Angleterre, et en Europe. Mais ce qu'ils ont gonflé n'est pas le prix des matières premières ou des salaires ou des prix à la consommation; ils ont gonflé le prix des logements, des actions, des obligations, le prix pour s'acheter un revenu pour la retraite.
Et donc les banques commerciales ont tendance à gonfler les prix des actifs. Et ceci a fait augmenter la valeur de la richesse, de l'immobilier et de la propriété des entreprises dans la finance par rapport au travail. Il y a donc eu une énorme concentration de la richesse aux États-Unis et une polarisation  depuis que les taux d'intérêt ont commencé à descendre en 1980, de 20% à environ 1% actuellement.
[...]
Quand j'étais à la Chase Manhattan,que j'ai rejoint en 1964, mon premier emploi a été d'analyser l'Argentine, le Brésil et le Chili, mon travail était de voir combien d'excédent en devises ces pays pouvaient générer par l'exportation, en vendant leurs biens. Une fois que nous avions un excédent, et s'il était capitalisé en entier au service d'une dette, combien pouvaient-ils se permettre de nous emprunter  afin que nous puissions nous faire payer la totalité de leur excédent en leur accordant des prêts ? Et puis, quelle était la partie des prêts de la Chase, des autres banques de New York et des autres banques américaines? Et ainsi nous avions tous les excédents économiques de pays entier qui étaient payées aux banques.[ce que racontent ici Michael Hudson c'est l'histoire de tous les empires ou comment une puissance militaire s'approprie les richesses de ses vassaux. tapez "assassin financier" et "John Perkins" sur un moteur de recherche pour en apprendre plus sur le sujet]
Une fois que le surplus est versé à des banques, il n'y a plus rien pour augmenter les niveaux de vie, il n'y a plus rien pour l'investissement, il n'y a plus rien pour la recherche et le développement à long terme. Lorsque vous avez Henry Kravis ou les autres artistes de la prise de contrôle d'une entreprise, la première chose qu'ils font est de réduire les projets à long terme, ils réduisent la recherche et le développement, ils coupent les projets qui ont une longue maturation.[...]
Mais depuis 1980 vous avez eu un changement. L'orientation des école de commerce a été déplacé Robert Locke a récemment écrit un livre sur l'éducation des école de commerce en soulignant que l'orientation de l'enseignement  maintenant était d'avoir des entreprises industrielles dirigées par des gestionnaires financiers et non des vendeurs, des ingénieurs de production,  des avocats, mais des gestionnaires financiers. Et donc vous avez un système où ce ne sont pas seulement les banques qui allouent le crédit dans l'économie, mais c'est le secteur des entreprises lui-même, le secteur industriel, qui traite les entreprises, des entreprises industrielles, comme si le but était de faire sortir un excédent financier maximum pour payer les détenteurs d'obligations et les actionnaires.


Samedi, Xavier De la porte faisait sa lecture hebdomadaire lors de son émission Place de la toile
Quand vous ne voyez pas le service, c’est que vous êtes le produit !
Les études montrent que la plupart des utilisateurs de Facebook ne savent pas qu’ils abandonnent tout droit sur leurs photos et leurs informations quand ils acceptent les conditions générales d’utilisation de l’entreprise.[...]
tout contenu relevant de la propriété intellectuelle de l’utilisateur (comme les photos et les vidéos) est cédé à Facebook “sous une licence mondiale, non exclusive, transférable, sous-licenciable, et gratuite”. Cela signifie que Facebook peut faire ce qu’il veut de ce matériel.[...]
C’est un pouvoir vraiment exorbitant ainsi cédé à un fournisseur de service, ajoute Belmer – comme si un service de messagerie revendiquait la propriété intellectuelle de chaque mot qui est échangé dans son système.
Il n’y a, par ailleurs, aucun moyen de récupérer sa propriété intellectuelle dans Facebook. Si des usagers ferment leurs comptes, Facebook conserve la même licence pour tous les contenus qui “ont été partagés avec les autres”. Chaque mot écrit sur Facebook étant partagé, l’entreprise garde donc la propriété de tout ce qui a été mis sur son site.[...]
Madrigal imagine un autre programme pour diriger les utilisateurs dans des publicités pour des produits qu’ils pourraient chercher à se procurer via le site. “Je m’attends à voir la résurrection de quelque chose de l’ordre du malheureux plan Beacon“ (un système publicitaire ciblé lancé par Facebook en 2007 qui utilisait l’activité des utilisateurs sur des sites partenaires, et permettait donc un ciblage très précis. Il a été abandonné suite à un mouvement d’usagers, en 2009). Madrigal écrit : “Cette fois, ce sera plus subtile, mais Facebook arrivera à vous montrer des produits que vous et vos amis aimez. Vous partagerez sans friction tous vos goûts avec vos amis et avec les publicitaires.[...]
“Si vous ne payez pas, c’est que vous n’êtes pas un consommateur, mais un produit à vendre”."

Retrouvez le billet complet sur http://captainshortman.blogspot.com/

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