Les forces armées françaises ont quitté le Mali le 15 août 2022 après y être entrées en janvier 2013 soit plus de 9 ans de présence. L’occasion pour moi de vous proposer cette revue de web, car au-delà de la menace terroriste islamiste, je n’avais pas compris grand chose aux problèmes du Sahel. Aviez-vous, par exemple, assimilé que la chute du régime de Kadhafi orchestrée par les états français et britanniques fut un des déclencheurs de la violence armée au nord du Mali ? Ou encore, saviez-vous qu’une bonne part des conflits dans le centre du pays (delta central du Niger) ont pour origine le partage et la répartition des ressources agricoles ? Cette revue est ordonnée de manière chronologique. Les passages en gras sont de mon fait.
[L']ignorance du tissu social local est le talon d’Achille des interventions militaires en terre étrangère (comme d’ailleurs plus largement des interventions policières dans les ghettos, les cités ou les favelas). Ce n’est pas un constat nouveau. C’est pour cela que, à une époque lointaine, Napoléon (puisqu’il en est tant question aujourd’hui) a perdu la guerre en Espagne (c’est un aspect oublié de son règne), et que, plus près de nous, les États-Unis ont perdu la guerre du Vietnam, et maintenant la guerre d’Afghanistan (qu’auparavant les Russes avaient d’ailleurs perdue eux aussi pour la même raison). (Jean-Pierre Olivier de Sardan anthropologue franco-nigérien, De Barkhane au développement : la revanche des contextes, AOC media, 14 juin 2021)

