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Crise sécuritaire au Sahel & au Mali, revue de web

Les forces armées françaises ont quitté le Mali le 15 août 2022 après y être entrées en janvier 2013 soit plus de 9 ans de présence. L’occasion pour moi de vous proposer cette revue de web, car au-delà de la menace terroriste islamiste, je n’avais pas compris grand chose aux problèmes du Sahel. Aviez-vous, par exemple, assimilé que la chute du régime de Kadhafi orchestrée par les états français et britanniques fut un des déclencheurs de la violence armée au nord du Mali ? Ou encore, saviez-vous qu’une bonne part des conflits dans le centre du pays (delta central du Niger) ont pour origine le partage et la répartition des ressources agricoles ? Cette revue est ordonnée de manière chronologique. Les passages en gras sont de mon fait.

[L']ignorance du tissu social local est le talon d’Achille des interventions militaires en terre étrangère (comme d’ailleurs plus largement des interventions policières dans les ghettos, les cités ou les favelas). Ce n’est pas un constat nouveau. C’est pour cela que, à une époque lointaine, Napoléon (puisqu’il en est tant question aujourd’hui) a perdu la guerre en Espagne (c’est un aspect oublié de son règne), et que, plus près de nous, les États-Unis ont perdu la guerre du Vietnam, et maintenant la guerre d’Afghanistan (qu’auparavant les Russes avaient d’ailleurs perdue eux aussi pour la même raison). (Jean-Pierre Olivier de Sardan anthropologue franco-nigérien, De Barkhane au développement : la revanche des contextes, AOC media, 14 juin 2021)
 

Coroweb du 11 mai 2020

Quels modèles épidémiologiques pour la sortie du confinement ? [audio], France culture, 11 mai 2020

"En cette première journée de déconfinement, Nicolas Martin s'intéresse aux modèles de propagation du virus."

  • les mesures de confinement ont eu un effet notable sur le ralentissement de la propagation du virus, avec, je vous le rappelle selon, l'Institut Pasteur, une réduction de 84% du taux de reproduction virale, c'est à dire le nombre de personnes qui sont contaminées par un seul malade, le faisant passer de 3,3 à 0,5, soit en dessous du seuil épidémique, puisqu'il est entendu que quand un malade en contamine moins d'un autre, statistiquement l'épidémie finit par s'éteindre.
  • D'où la question cruciale des conséquences de la levée du confinement sur la circulation du virus
  • mécaniquement, avec la reprise même limitée de l'activité, les contaminations vont repartir à la hausse. Tout l'enjeu est d'éviter qu'elle ne reparte trop fort ou trop vite, et que nous soyons confrontés à cette seconde vague, dont tout le monde parle mais dont il faut préciser qu'elle n'est apparue à l'heure actuelle dans aucun pays
  • plusieurs chercheurs en lien avec l'APHP ont donc travaillé sur un modèle informatique, qui inclut un très grand nombre de paramètres
  • qu'ils font varier pour estimer les conséquences d'un certain nombre de choix, et comment ils influent sur la courbe épidémique et la saturation des lits de réanimation.
  • il s'agit de modèles, donc avec une certaine marge d'erreur et qu'il reste plusieurs inconnues
  • La première conclusion de ce modèle, c'est que si la distanciation sociale et le port du masque obligatoire permettent de facto un ralentissement de la progression de l'épidémie, ils ne seraient pas efficaces à eux seuls pour prévenir une saturation des services de réanimation et une deuxième poussée épidémique et avec donc, à la clé, la nécessité d'en passer par une nouvelle période de confinement.
    Selon les projections, avec ces seules mesures, le niveau de contamination atteindrait un pic entre les mois d'août et octobre. Néanmoins, la mortalité reste fortement diminuée, de plus de 60% par rapport à l'absence totale de mesures.
  • L'autre enseignement de ce modèle, c'est qu'il faudrait protéger en priorité les personnes âgées et vulnérables.

C'est quoi les marchés financiers? En 10 minutes.

Présentation des marchés financiers, leur fonctionnement, les risques et la probabilité d’une crise financière, en 10 minutes.

Gilles Sanfilippo, Enseignant-chercheur en finance

Source : Crise financière : à quand la prochaine ?, Café Sciences et Citoyens de l'agglomération de Grenoble, 5 Nov 2019


Quelques notes augmentées sur l'extrait :

  • Les marchés au comptant : le règlement des produits financiers s’effectue immédiatement à l’échange. À l’origine, les actions et les obligations servent à financer les activités économiques, les actions sont des parts de propriété d’entreprise, les obligations sont un équivalent de prêt bancaire que tout intervenant sur les marchés peut acquérir.
  • Les marchés de produits dérivés : le paiement des instruments financiers se fait à une date ultérieure, l’objectif premier est de protéger les intervenants d’un risque futur (un peu comme une assurance), les instruments de ces marchés sont liés à d’autres actifs dits actifs sous-jacents (blé, pétrole, actions, etc.).
  • Le marché actions, c’est à peu près 80 mille milliards de dollars de capitalisation (80 000 000 000 000).
  • La taille du marché obligataire est d’environ 100 mille milliards de dollars.
  • Les marchés des dérivés sont estimés à 1,2 million de milliards de dollars (1 200 000 000 000 000).
  • Les marchés de dérivés peuvent être soit réglementés — les titres sont côtés publiquement — soit de gré à gré (OTC, over the counter) dans ce cas l’évaluation des titres est laissée à l’appréciation des acteurs qui passent contrat.
  • Comment est valorisée une action ?
    On établit des prévisions sur les résultats futurs d’une entreprise que l’on compare à la rentabilité (le taux) que l’on souhaite exiger en fonction du risque estimé de cette entreprise. Plus l’écart entre des prévisions optimistes sur les résultats futurs et un taux exigé faible, est grand ; plus le prix de l’action de l’entreprise en question va augmenter.
    Aujourd’hui, globalement, les entreprises ont des résultats d’exercice positifs (elles font des bénéfices) et elles se financent (prêts bancaires, obligations) à des taux d’intérêt très faibles. Donc, la rentabilité que les intervenants exigent d’elles est, elle aussi, faible et par conséquence les prix des actions sont au plus haut.
  • Aujourd’hui, il y a de moins en moins d’entreprises qui cherchent à se financer sur le marché boursier. A contrario, le financement privé (private equity) explose : en trois ans, il a été multiplié par trois. C'est l'évolution que surveille G. Sanfilippo et qui le questionne…
Source: Visual Capitalist via Liliane Held-Khawam






Les algorithmes, c'est quoi ? C'est quoi le problème ?

« Nicolas Martin : (...) Nous parlons d’algorithmes avec Cathy O’Neil qui est ici avec nous, qui est mathématicienne, data scientist et militante, auteure de Algorithmes, la bombe à retardement aux éditions des Arènes, qui nous fait le plaisir d’être avec nous aujourd’hui. C’est Marguerite Capelle qui assure la traduction tout au long de cette heure.

On va en venir à ces algorithmes et surtout essayer de comprendre exactement comment s’organisent ces biais autour des algorithmes et comment finalement les mathématiques, qui sont censées être le langage le plus pur et le plus neutre de description du réel peuvent devenir faussées. Vous écrivez, Cathy O’Neil, dans votre livre : « On nous classe avec des formules secrètes que nous ne comprenons pas et qui n’offrent pas souvent des systèmes de recours ». La question se pose donc : et si les algorithmes étaient faux ? Comment est-ce qu’on peut qualifier un algorithme de faux ?


Cathy O'Neil traduite par Marguerite Capelle : Avant de donner un exemple d’algorithme faux, ce qui est assez facile à faire, je vais expliquer ce que c’est qu’un algorithme avec un exemple très simple que tout le monde peut comprendre.

Philippe Descolla, Nature ET Culture

"La manière dont l'Occident moderne se représente la nature est la chose du monde la moins bien partagée."
"Est-il encore plausible de ranger parmi les universaux une opposition entre la nature et la culture dont l'antiquité ne remonte guère au-delà du siècle?"
Philippe Descolla, "Par-delà nature et culture", Gallimard, 2005


Philippe Descola: «Par-delà nature et culture», RFI, 17 fév 2019
Rencontre avec le philosophe et anthropologue, Philippe Descola, professeur au Collège de France où est enregistrée l’émission.

Multinationales et perversion du droit, l'exemple de Total

Les multinationales complotent, colonisent, corrompent, délocalisent, pressurisent, polluent vassalisent, nient, asservissent et régissent de manière tout à fait légale, explications par Alain Deneault :

Jacques Généreux présente le programme économique de Mélenchon [audio, 18 min]

Jacques Généreux, l’économiste de « la France insoumise » était l’invité de Guillaume Erner le 16 mars dernier, pour présenter le programme économique de Jean-Luc Mélenchon.

Avant de proposer un projet, il faut établir un diagnostic : le système économique est à l’envers, car il est à l’avantage des détendeurs de l’argent. L’économie est pilotée par l’obsession de la rentabilité financière à court terme. Du fait de la libre circulation des capitaux et du libre échange généralisé, le système donne les pleins pouvoirs aux détenteurs du capital. La transition écologique a été stoppée par cette vision de l’économie.

L’objectif est donc de remettre le système économique à l’endroit. Il ne s’agit pas d’être compétitif ou de réduire ni d’augmenter la dépense publique ; avoir un objectif chiffré n’est pas une finalité politique. L’objectif c’est de sauver la planète pour nos enfants, c’est-à-dire lancer une transition écologique, c’est de repartager les richesses équitablement, de faire que l’on vive dans des sociétés humaines où chacun peut contribuer à la production de richesse, c’est de sauver l’Union européenne en modifiant le rapport de force pour la refonder.

Je vous laisse écouter la suite :

Hommes politiques, grands patrons et médias

Interview d'Aude Lancelin ex directrice adjointe de l'Obs, sur France culture le 13 octobre dernier, pour la parition de son livre "Le monde libre" sous titré "une plongée sans précédent dans la servitude des médias". L'ouvrage, écrit après son éviction du journal au printemps dernier, décrit les relations entre ces trois pouvoirs.




Dans l'émission d'"arrêt sur image" du 17 novembre 2016, Daniel Schneidermann demande à Isabelle Attard, député du Calvados non-affiliée, comment la majorité a renoncé à revoir les seuils de concentration au capital des médias dans la loi Bloch sur l'indépendance des médias. Réponse de l'élu : "Les politiques au plus haut niveau de l'état ont décidé de fricoter avec les lobbys, les multinationales et ceux qui dirigent la presse" et Isabelle Attard de citer quelques exemples de cette collusion entre politiques et grande entreprises.

"Quand on a mis le doigt dans le pot de confiture on ne prend pas la parole et il faudra un jour que tu comprennes que tu es la seule dans l'opposition"  réflexion d'un député républicain (dans l'opposition)  à Attard en sortie de commission parlementaire.




Pour terminer une infographie crée par les journalistes du monde diplomatique :
Les médias français qui possèdent quoi ? Le monde diplomatique


Loi Travail - audio 35'

La loi Travail actionne-t-elle les bons leviers ? Peut-elle à la fois faciliter l’embauche et assurer la sécurité des travailleurs ? S’agit-il de prendre acte d’une évolution de l’emploi ?
 Intervenants
Pierre Cahuc : Économiste, professeur à l'École polytechnique, membre du Conseil d'analyse économique (CAE) et directeur du laboratoire de macroéconomie du Centre de recherche en économie et statistique (CREST).
Thomas Breda : chargé de recherche au CNRS, chercheur affilié à l’École d’économie de Paris




Chiites et sunnites, Guerre et paix

L'histoire entre chiites et sunnites en 5 épisodes d'environ 12 minutes:


Les tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran illustrent au présent la rivalité entre les deux grands courants de l’Islam. Sabrina Mervin nous retrace les ambivalences et les complexités entre ces deux branches de l’Islam à travers les époques.




Continuer l'écoute des autres épisodes sur la page de l'émission "un autre jour est possible"

L'indépendance journalistique | audio 48'

 « L’indépendance du journal est à ce prix »
"on évoque l’indépendance de la presse, non comme un slogan peint en capitales, mais au cœur de la pratique quotidienne. Bien en mal de définir de quelle indépendance il est à chaque fois question, une indépendance financière, une indépendance éditoriale,  ( qui en juge et comment ? ) une indépendance face au rythme de l’information, de la communication politique ? une indépendance face aux lecteurs ? une indépendance face à l’attente de scoop... Les possibles grilles sont nombreuses pour l’évaluer alors on change l’échelle et l’on se demande, comment au jour le jour, se vit l’indépendance. Comment l’on se repose la question de l’indépendance journalistique, comment l’on s’alerte du recul de cette indépendance… ?"

Où est passé le moteur de la croissance ? | audio 4'

Le consensus parmi les macroéconomistes c'est la stagnation séculaire, pour eux le moteur de l'économie a perdu durablement des cheveaux. Ils sont à la recherche du moteur de la croissance.

La croissance potentielle est fonction de la dynamique démographique, de l'accumulation de stock de capital hors nous sommes en panne d'investissement. Le sous investissement entraîne une érosion du stock de capital qui se cumule à une mutation technologique accéléré, l' obscolescence du stock de capital est plus visible et plus rapide.

Selon eux, réinventer la croissance c'est  revenir au fondement microéconomique : mettre en  adéquation le facteur travail qui doit être formé de mieux en mieux et de plus en plus souvent tout au long du cycle de vie, mettre celui-ci en adéquation avec des stocks de capital qui mutent vite. Cela repose sur le comportement des individus, des entreprises et des organisations, ce sont les  éléments importants du diagnostic.

La démocratie peut-elle tenir ses promesses ? Les vieux démons de la démocratie | audio 53'


Les vieux démons de la démocratie
A lire : les commentaires sur la page de l'émission.
A écouter : la séquence sur "Les démocraties scandinaves, un modèle ?"


A l'Est, rien de nouveau (En fait si) - audio 82'

Le mur de Berlin est tombé, mais le rapport de force entre l'Est et l'Ouest continue. L'histoire n'est pas finie. 

Première partie de l'émission:
  • stratégie et fin du pacte de Varsovie
  • positionnement et développement de l'OTAN dans la foulée
  • humiliation de la Russie suite à l'effondrement de l'empire soviétique
  • récupération d'une certaine puissance par la Russie, aujourd'hui
  • importance des pouvoirs que donne la maitrise des données numériques, quasi monopole des USA
Sur la forme de l'émission: les invités on le temps de développer leur point de vue sans interruption.


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