Zone euro, l’ajustement budgétaire impossible – vidéo 11’

Deuxième extrait de la conférence de Jérôme Creel, qui explique maintenant pourquoi l’austérité a plongé les pays périphériques dans la récession.

Restrictions budgétaires

Une restriction budgétaire publique c’est la diminution des dépenses et /ou l’augmentation des recettes fiscales. L’objectif est la diminution des déficits qui aura pour conséquence un besoin d’endettement diminué, et donc un moindre recours aux marchés financiers avec au final une baisse des taux d’intérêt sur la dette publique. Pour que cela fonctionne cela suppose  que les diminutions de budget public n’ai pas d’influence négative sur la croissance économique. C’est faire l’hypothèse qu’il n’y aura pas de hausse du chômage conséquente et donc pas d’augmentation des dépenses sociales; c’est faire l’hypothèse qu’il n’y aura pas moins d’activité économique et  donc des recettes fiscales inchangées. C’est sur cette base que la troïka (BCE, FMI et commission européenne) a imposé aux états membres des contractions budgétaires.

Ce postulat s’est révélé faux.


L’effet multiplicateur: l’impact de la politique budgétaire sur la croissance économique

L’expérience montre qu’une variation des dépenses publiques a un impact sur le taux de croissance économique. Réduire les dépenses publics, diminue l’activité  du secteur privé. Cela entraîne donc, plus de chômage et moins de recette fiscales. Même si, dans un premier temps, vous diminuez votre déficit, la conséquence est une hausse des dépenses sociales et une baisse des recettes. Au final le déficit n’a pas bougé ou pire a augmenté.


L’effet multiplicateur est renforcé par une activité économique anémique, des taux d’intérêt maintenus à zéro par les banques centrales et une synchronisation des politiques entre pays.

Capacités productives sous-employées

L’influence de ces variations budgétaires dépend entre autre de l’état initial de l’économie.  Dans une économie en récession où les capacité productives sont largement sous employées (chômage important et capitaux financiers ou physiques sous-utilisés), les variations du budget public influencent très fortement sur l’activité économique. Une relance budgétaire va booster le taux de croissance alors qu’une restriction budgétaire va déprimer encore plus l’économie.

Relance de l’investissement ?

La commission européenne prétend qu’une relance budgétaire implique des taux d’intérêt en hausse  pour attirer les investisseurs. A l’inverse, la contraction fait baisser les taux d’intérêt. L’impact négatif  de la baisse des dépenses publiques est compensé par un coût du capital plus faible, l’investissement est alors relancé. Malheureusement les taux d’intérêt sont déjà proches de zéro, ils ne peuvent pas baisser plus. A court terme, ce ne sont pas les restrictions budgétaires qui relanceront l'investissement.

Politiques concertées

Si tout les pays agissent ensemble cela amplifie les effets. Faire une relance tout seul, amène le pays a dépenser plus en importations. C’est donc une relance qui bénéficie à l’étranger. Mais si tous les pays relancent en même temps alors le commerce de toute la zone va en bénéficier. A l’inverse une contraction budgétaire globale entraine les pays d’une même zone économique dans une spirale dépressive.


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