[Revue de Web 46/47] Démographie, énergie, changement climatique et génétique

Races et génétique, c’est reparti | Tout se passe comme si

  • [A propos des races] "C’est comme si les atrophysiciens disaient que les constellations du zodiaques existent, mais n’ont aucune influence. Mais elles n’existent pas sauf comme construction culturelle, et sauf dans la mesure où leurs éléments constitutifs existent."
  • "Donc l’argument de Coyne, c’est que : il existe des différences visibles entre humains de différentes origines géographiques, ce qui suffirait souvent à définir des races dans une espèce animale quelconque (il donne l’exemple de pelages de souris) ; il existe des différences génétiques entre individus humains ; point important, ces différences sont structurées géographiquement."

  • "A ce point, je note que si la notion de « races » inclut la différence entre palestiniens, druzes et bédouins, je ne suis pas sur que ça soit une notion très utile. On peut sous-diviser à l’infini. Il existe des traits spécifiques dans une famille, même qu’on sait faire des tests de paternité. Et alors ? Le problème récurent c’est que dès que l’on utilise le mot « races » pour les humains, les gens projettent dessus tout l’héritage des races en tant que construction sociales, et donc du racisme. Quand je dis construction sociale, aux Etats-Unis les latinos sont séparés des « caucasiens » (blancs), alors qu’en Europe ils seraient inclus, par contre les arabes sont inclus dans les caucasiens, alors qu’ils sont victimes de racisme en Europe. A la fin du 19ème, des gens très sérieux démontraient que la race irlandaise était inférieure."

  • "De nombreuses études médicales aux Etats-Unis sont organisées en fonction des « races » socialement reconnues, avec des conclusions sur le risque de mortalité des nourrissons chez les latinos par rapport aux afro-américains qui à mon avis ne tiennent pas la route."

  • "ces « races » socialement constituées sont très inégales en termes de variabilité génétique. Presque toute la variabilité génétique humaine est en Afrique sub-saharienne. Donc on serait d’avantage justifié à partager en San (« bushmen » de Les dieux sont tombés sur la tête) <-> le reste, que les races traditionnelles."

  • "Il y a de la variabilité génétique entre humains (scoop), elle est organisée géographiquement (re-scoop), on ne connaît pas sa fonction s’il y en a une"

  • "A noter que la variabilité génétique totale de l’espèce humaine est très faible par rapport à ce que l’on observe chez d’autres espèces comparables (gros animaux)."

  • "Gould avait fait une remarque qui m’avait beaucoup plu à ce sujet du genre « si la science vient à démontrer qu’il existe des races, devrais-je être raciste pour autant ? » (sa réponse est bien évidement non). C’est une illustration de son principe de non recouvrement des magistère où science et morale sont dissociés. Mais ça illustre aussi un autre problème, il y a deux concept de racisme : -Un racisme « matériel » : il existe des races, point. -Un racisme « moral » : il existe des races dont certaines sont inférieures à d’autres d’un point de vue moral. Évidemment le racisme moral a besoin du racisme matériel (enfin, ça le soutient, beaucoup s’en foutrons). Cette distinction est rarement mis en évidence et rend toute cette discussion confuse. Par exemple si quelqu’un me dit qu’il y a des races, je ne vais pas prendre la mouche mais lui demander d’expliciter. Quand bien même je ne suis pas d’accord sur le point matériel, je vais juste lui demander de faire gaffe à ce qu’elle dit pour éviter la confusion. Si cette personne est finalement « raciste morale » là je vais commencer à monter le ton (ou du moins être plus agressif dans mon argumentation)."

  • "Je suis d’accord avec tes deux concepts, mais je pense justement qu’on a meilleur temps, vu la réalité biologique sous-jacente, de ne pas utiliser le mot race pour la diversité « matérielle » que l’on observe. S’il y avait des groupes clairs et évidents « matériellement » (je préfère dire « biologiquement »), bien sûr qu’il ne faudrait pas censurer ce fait. Mais on passe notre temps à plaquer des catégories discrètes qui sont des constructions sociales sur une réalité continue."

Démographie, énergie, climat : l’équation explosive | Passeur de sciences

  • "Cet article s’interroge sur notre capacité à résoudre ce qui est probablement un des plus grands défis du XXIe siècle, un casse-tête où se confrontent trois éléments : la croissance de la population mondiale, ses besoins en énergie et la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique en réduisant drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre."
  • "N’importe qui aura déjà compris qu’on se berce d’illusions si l’on pense pouvoir atteindre les objectifs du traité de Paris, surtout quand on se souvient qu’il a été fixé par des personnes dont les convictions environnementales s’avèrent souvent très circonstancielles et dont l’agenda ne dépasse en général pas l’horizon de la prochaine élection. Alors 2028 et 2100… Les auteurs de l’étude jugent nettement plus probable un scénario à 2,5 ou 3°C. Est-ce une manière de se rallier à un courant de pensée qui estime plus intelligent de s’adapter au réchauffement climatique plutôt que d’essayer de le limiter ? Pas vraiment. Non seulement ces deux chercheurs conçoivent leur travail comme « une sonnette d’alarme », ainsi que l’a expliqué Glenn Jones, mais ils soulignent, de manière très pragmatique, que nos sociétés, si elles ne s’adaptent pas à la nouvelle donne énergétique sous l’effet d’une prise de conscience écologique, devront de toute façon le faire sous la contrainte économique de la raréfaction des ressources fossiles. Parce qu’en 2100 on ne trouvera pas l’équivalent de 320 000 milliards de kWh sous terre. La réalité cruelle, c’est que si l’on n’agit pas, à la fin c’est la géologie qui gagne."

Pour une démarche réaliste et radicale face aux changements climatiques - Lili Fuhr 

"La classe politique dominante est par définition mal armée pour pouvoir imaginer des changements fondamentaux. En décembre dernier, à Paris, 196 gouvernements sont néanmoins parvenus à s'entendre sur la nécessité de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels – objectif synonyme de promesse visant à opérer précisément cette transformation. L'accomplissement de cet objectif exigera que soient surmontés un certain nombre de défis politiques, d'une ampleur illustrée par cette situation actuelle dans laquelle plusieurs acteurs préconisent des solutions vouées à engendrer plus de mal que de bien."
  • "Cette approche néglige cependant de sérieux problèmes liés au développement et au déploiement des technologies de géo-ingénierie. Prenons le cas du CSC [capture et séquestration du CO2], procédé qui consiste à capter les rejets de CO2 issus d'importantes sources d'émission, telles que les centrales électriques à combustibles fossiles, et à enfouir ce CO2 dans des formations géologiques souterraines, afin d'empêcher qu'il ne pénètre dans l'atmosphère."
  • des billets atteignent aujourd'hui un plus bas historique"
  • "la seule manière de rendre le CSC rentable consiste à utiliser ce procédé pour des finalités qui ne peuvent qu'aggraver le problème censé être résolu au départ."
  • "un certain nombre de mesures pourraient être prises dès aujourd'hui. Ces mesures se révéleraient plus chaotiques, et politiquement plus problématiques, que les technologies de bio-ingénierie. Mais ces mesures porteraient leurs fruits."
  • "La première démarche consisterait à imposer un moratoire sur les nouvelles mines de charbon. Si toutes les centrales électriques à charbon actuellement en projet sont effectivement construites et exploitées tout au long de leur durée de vie normale, à savoir 40 ans, elles émettront à elles seules quelque 240 milliards de tonnes de CO2 – soit plus que le  budget carbone restant."
  • "En outre, à l'heure où seule 10 % de la population mondiale est responsable de près de 50 % des émissions de CO2, il est clairement légitime que puisse être plaidée la mise en œuvre de stratégies ciblant les plus gros émetteurs de carbone. Il n'y aurait par exemple aucun sens à ce que les compagnies aériennes – qui ne desservent actuellement que 7 % de la population mondiale – soient exemptées de taxes sur le carburant, d'autant plus que les prix des billets atteignent aujourd'hui un plus bas historique"

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