[Revue de Web 46/47] Contrôle social, surveillance/ Mensonges et post-vérité/ Démocratie/ Terrorisme

Contrôle social, surveillance, libertés civiles et vie privée


  • « Comment un État va pouvoir noter l’ensemble des citoyens et évaluer chaque individu » Charles SANNAT
    "ce qu’aucune dictature n’a jamais réussi à faire, à savoir contrôler parfaitement les masses sans avoir à recourir à une violence rendant cette dictature tôt ou tard insupportable et donc entraînant sa chute, les « démocraties » occidentales, avec l’appui des nouvelles technologies et les connaissances accumulées dans la fabrication du consentement, sont en passe de le réussir à très court terme."
  • Quand les clients notent les salariés - Arrêt sur images [abonnés]
    "Saviez-vous que si vous notez 4 sur 5 votre chauffeur Uber, vous lui mettez une (très) mauvaise note ? Que votre livreur Darty ou votre conseiller Bouygues Télécom ne touchera peut-être pas sa prime parce que vous lui avez mis 8 sur 10 dans un questionnaire ? Ou que lorsque vous rentrez et sortez d'un magasin sans rien y acheter, vous avez peut-être sans le savoir affecté négativement la note d'un vendeur ou d'une gérante ? Salariés, souriez : vous êtes notés (par les clients)."
  • Big Data, algorithmes... "L'esprit porté par la Silicon Valley est totalitaire" - Par Raphaële Karayan
    "Dans son livre La nouvelle servitude volontaire, Philippe Vion-Dury démontre comment, progressivement, chacun délègue son libre-arbitre aux algorithmes. Pour l'auteur, il est temps d'acquérir un réflexe critique. "
  • Etats-Unis : la police exploite les données Facebook et Twitter pour pister des manifestants Par Morgane Tual
    "La puissante American Civil Liberties Union (ACLU), une association de défense des libertés civiques aux Etats-Unis, a publié mardi 11 octobre une série de documents prouvant que la police américaine a exploité les données de Facebook, de Twitter et d’Instagram pour surveiller des manifestations et pister leurs participants. Elle a utilisé pour cela les services de Geofeedia, une entreprise « qui permet à des centaines d’organisations partout dans le monde de prévoir, analyser et agir en s’appuyant sur les signaux des réseaux sociaux en temps réel », peut-on lire sur son site."
  • Three New Scandals Show How Pervasive and Dangerous Mass Surveillance Is in the West, Vindicating Snowden - Glenn Greenwald
    " three major events prove how widespread, and dangerous, mass surveillance has become in the West. Standing alone, each event highlights exactly the severe threats that motivated Edward Snowden to blow his whistle; taken together, they constitute full-scale vindication of everything he’s done."
  • Fichier TES, danger pour les libertés ! | La Quadrature du Net
    "Le décret TES publié par le gouvernement, comme par effraction, le 28 octobre dernier trahit les principes démocratiques tant sur la forme (la manière dont il a été élaboré et publié) que sur le fond (la création d'un fichier centralisant les données d'identité, de filiation et de biométrie de l'ensemble des Français)."
    • "L'article 27 de la loi dite « informatique et libertés » de 1978 laisse au gouvernement la faculté d'instituer, par un simple décret, tous traitements de données à caractère personnel pour le compte de l'État, ou touchant à la sécurité nationale."
    • "l'absence de contrôle parlementaire sur la création de fichiers concernant les individus par l'exécutif doit être combattue."
    • "le fichier TES, qui rassemble l'ensemble des informations d'état civil, de filiation, la photo d'identité, le domicile, éventuellement le courriel, mais également la couleur des yeux ou les empreintes digitales,"
    • "la prévision d'une dérive de ce nouveau fichier gigantesque ne relève pas du pur fantasme. Elle découle de l'observation méthodique des mutations connues des fichiers précédemment constitués, notamment à des fins policières. Entre l'origine d'un fichier et son utilisation ultérieure, il y a systématiquement des dérives : changement de finalité, érosion progressive du contrôle, modification du champ d'application ou de l'étendue des accès à ce fichier..."
    • "La France a été condamnée en 2013 par la CEDH pour le FAED (Fichier Automatisé des Empreintes Digitales) au motif que « La conservation des empreintes digitales par ce fichier s’analyse en une atteinte disproportionnée, ne peut passer pour nécessaire dans une société démocratique, et ne traduit pas un juste équilibre entre les intérêts publics et privés concurrents en jeu ». Pourtant ce fichier n’a été corrigé à la marge que deux ans après l'arrêt de la CEDH"
    • "Quant au FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques) créé pour ficher les auteurs d'infractions sexuelles condamnés par la justice, il est passé en 15 ans d'un fichier sous contrôle judiciaire et limité à un fichier policier recueillant l'ADN de toutes les personnes simplement suspectes dans les enquêtes pour les délits les moins graves, même sans condamnation et dont le refus de prélèvement est susceptible de constituer un délit."
    • "Le choix de la centralisation du fichier est un choix dangereux : il expose un ensemble massif et précieux de données personnelles à la portée de puissances hostiles ou de criminels expérimentés."
    • "Choisir la centralisation des données d'identification de l'ensemble des Français c'est choisir d'être une cible très alléchante, comme l'ont montré les attaques subies par des bases de données israéliennes, turques ou philippines."
    • "Le choix de conserver les données biométriques sous forme brute dans le fichier plutôt que de stocker uniquement des gabarits permettant l'identification voulue, sans exposer davantage l'intimité des millions de personnes concernées, est à nouveau un choix surprenant et inquiétant. Il laisse la porte ouverte à des falsifications en cas de vol de données, et à des évolutions futures sur les identifications biométriques possibles."
    • "Si la volonté d'empêcher techniquement toute falsification peut sembler légitime, l'histoire nous rappelle combien la capacité à résister à des dérives autoritaires passe par la faculté d'échapper au contrôle étatique, notamment sur son identité. Les fichiers centralisés ne font pas les régimes autoritaires, mais tout régime autoritaire s'appuie sur un fichage de sa population."
  • Agir

Pouvoirs, médias, réseaux sociaux - Les mensonges et la post-vérité

    • Brice Couturier : le Parti des médias et l'intelligentsia méprisent la réalité
      "Dans un entretien fleuve, Brice Couturier, qui a été le chroniqueur matinal de France Culture pendant cinq ans, décrypte les contours d'une vie médiatico-intellectuelle où le pluralisme et le vrai débat sont en voie de disparition."
    • Trump: the Defeat of the Empire of Lies - Ugo Bardi
      Unfortunately, the fact that Donald Trump was elected largely as a reaction against previous lies doesn't make him a good president and not even someone whom we can trust. We may have learned to recognize lies, but it seems that we haven't yet learned to recognize the truth. The pendulum may be swinging too far and we are now branding perfectly correct theories as hoaxes and conspiracies. This is the case of climate change, that Donald Trump has defined as a hoax. The extent of the damage that the Trump presidency could do to humankind by policies that ignore the climate threat is staggering, too. So, will we ever learn to find our way in the universe of lies in which we live? Difficult to say, but we live in a condition in which the ancient Romans already found themselves long ago. The post below, published early this year, may help us to understand the problem.
      • "By the time of Augustine, the Roman Empire had become an Empire of lies. It still pretended to uphold the rule of law, to protect the people from the Barbarian invaders, to maintain the social order. But all that had become a bad joke for the citizens of an empire by then reduced to nothing more than a giant military machine dedicated to oppressing the poor in order to maintain the privileges of the rich. The Empire itself had become a lie: that it existed because of the favor of the Gods who rewarded the Romans because of their moral virtues. Nobody could believe in that anymore: it was the breakdown of the very fabric of society; the loss of what the ancient called the auctoritas, the trust that citizens had toward their leaders and the institutions of their state. Augustine was reacting to all this. He was trying to rebuild the "auctoritas", not in the form of mere authoritarianism of an oppressive government, but in the form of trust. So, he was appealing to the highest authority of all, God himself. He was also building his argument on the prestige that the Christians had gained at a very high"
      • "uring the past few decades, the mountain of lies tossed at us by governments has been perfectly matched by the disastrous loss of trust in our leaders on the part of the citizens."
      • "Today, every statement from a government, or from an even remotely "official" source, seems to generate a parallel and opposite statement of denial. Unfortunately, the opposite of a lie is not necessarily the truth, and that has originated baroque castles of lies, counter-lies, and counter-counter lies."
      • "Somewhere, hidden below the mass of legends and myths that have piled up on this story, there has to be the truth; some kind of truth. But how to find it when you can't trust anything you read on the Web?"
      • "It is a fractal universe of lies, where you have no reference point to tell you where you are. "
      • "science is rapidly becoming a marginal sect of people who mumble of catastrophes to come. People whom nobody believes any longer after they failed to deliver their promises of energy too cheap to meter, space travel, and flying cars. Then, we tend to seek it in such things as "democracy" and to believe that a voting majority somehow defines "truth". But democracy has become a ghost of itself: how can citizens make an informed choice after that we discovered the concept that we call "perception management" (earlier on called "propaganda")? "
      • "The problem is that conspirationism is not a form of epistemology. Once you have decided that everything you read is part of the great conspiracy, then you have locked yourself in an epistemological box and thrown away the key. And, like Pilate, you can only ask "what is truth?", but you will never find it."
      • " Is it possible to think of an "epistemology 2.0" that would allow us to regain trust on the institutions and on our fellow human beings? Possibly, yes but, right now, we are seeing as in a mirror, darkly. Something is surely stirring, out there; but it has not yet taken a recognizable shape. Maybe it will be a new ideal, maybe a revisitation of an old religion, maybe a new religion, maybe a new way of seeing the world. We cannot say which form the new truth will take, but we can say that nothing new can be born without the death of something. And that all births are painful but necessary."
      • "Science is an epistemological system and all epistemological systems are based on axioms that can't be proven. So, science is a good epistemological system as long as people believe in it. Most people are stopping believing in science because of its broken promises. And as long as scientists will keep making promises that they know they can't maintain, trust in science will keep going down the drain"
      • "Consider the fallacy of the Elephant, the error of taking a part and generalizing to the entire system. Much of science today is hyperspecialized and extremely bureaucratic and this has caused Elephant thinking to become pandemic. This is far from being the only disease. All of this results in a system that even if it has access to the required information is incapable of theorizing and evaluating properly and cause a continuous output of mistakes and ungrounded speculations that fail in contact with reality and results in a decline of scientific auctoritas."
    • Post-Truth by Steven Novella
      "an adjective defined as ‘relating to or denoting circumstances in which objective facts are less influential in shaping public opinion than appeals to emotion and personal belief’."
      • "I have friends who span the political spectrum, and it did strike me this election how cocooned they were in the narrative of their candidate. It was not just a matter of perspective, they would cite as facts blatant lies and myths. Some were complex, but many were a 1 minute Google search away from being debunked. It just didn’t seem to matter."
      • "Even more amazing were those, when challenged, who expressed some version of the defense that the actual facts did not matter. They continued to support the underlying “truth” even when the facts they put forward to support it were demolished."

Démocratie

Terrorisme, Islam et violence

    • François Burgat: «La violence dite islamique ne vient pas de l'islam» [vidéo]
      "Le deuxième entretien de notre série sur l'islam se focalise sur les politiques, démocratiques ou djihadistes, pratiquées au nom de l'islam. François Burgat y voit une dimension moins « sacrée » qu'endogène et culturelle, au sens où elle est, avant tout, le fruit d'une histoire coloniale qui fait aujourd'hui retour." pour F. Burgat la violence islamique est une contre-violence.

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