Rien à cacher ? ou l'importance de l'intimité [revue de web]

 L’Age du capitalisme de surveillance, Clément Jeanneau, Signaux Faibles, 9 fév. 2019

  • « Lorsque les gens disent « je n’ai rien à cacher », ils disent en fait « je me moque de mes droits ». Si vous cessez de défendre vos droits en disant « je n’ai pas besoin de mes droits dans ce contexte », ce ne sont plus des droits. Vous les avez convertis en quelque chose dont vous jouissez comme d’un privilège révocable. Et cela réduit l’étendue de la liberté au sein d’une société. » Ignacio Ramonet

Évaluation mondiale de la biodiversité

Évaluation mondiale de la biodiversité, les points marquants selon l'IDDRI (citations)

Laurans, Y., Rankovic, A. (2019). Observations issues d’une lecture de l’Évaluation mondiale de la Biodiversité et des services éco systémiques de l’IPBES. Iddri, Décryptage N°06/19

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« Sept ans après son lancement officiel, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), parfois surnommée « Giec de la biodiversité », a rendu publique le 6 mai 2019 son Évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques.

Cela faisait près de 15 ans, depuis la publication de l’Évaluation des écosystèmes pour le Millénaire (Millennium Ecosystem Assessment) en 2005, qu’une synthèse des connaissances sur l’état mondial de la biodiversité n’avait pas été produite. La gouvernance mondiale de la biodiversité arrive au bout de deux décennies d’engagements très ambitieux pour préserver la biodiversité, pris au niveau de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Le rapport de l’IPBES souligne, une nouvelle fois, que les tendances mondiales restent alarmantes ou s’aggravent. Alors que se négocie le futur cadre mondial post-2020 sur la biodiversité, qui devra être adopté fin 2020 à la COP 15 de la CDB à Kunming, en Chine, l’Iddri propose ici d’identifier et de faire ressortir quelques points qui lui paraissent particulièrement marquants dans l’Évaluation mondiale, et de pointer ce que ces résultats peuvent indiquer en termes d’action.

Messages Clés

  • Le rapport montre que l’effondrement de la biodiversité terrestre est en premier lieu dû aux changements d’utilisation des sols occasionnés par l’agriculture, en lien, notamment, avec l’augmentation de la consommation de produits animaux. Pour les océans, c’est la pression de la pêche qui est la cause principale de déclin. Cela suggère d’adopter des engagements concernant le système agroalimentaire.
  • Les progrès politiques enregistrés concernent surtout l’adoption de textes, dont l’application fait défaut, ce qui plaide pour transférer une partie de l’attention politique vers leur mise en œuvre concrète.
  • Une partie de la solution reposera sur les « peuples autochtones et les communautés locales », dont l’Évaluation mondiale démontre l’importance numérique et le rôle majeur dans le maintien de la biodiversité. Cela suggère de concevoir des modes de développement économique et social qui les protègent et s’appuient sur eux.
  • Les négociations à venir pour le renouvellement du cadre post-2020 de la CDB pourraient aborder la question d’objectifs ciblant, notamment, l’alimentation et l’agriculture. C’est aussi le cas des négociations de l’Organisation mondiale du commerce sur les subventions à la pêche, ainsi que les négociations sur la mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour le développement durable.

Vite lu du 22 déc 2020

Wuhan, ville connectée

« Une ville où tout va vite, trop vite, où tout est digitalisé et où le flux est roi. En témoignent le QR code tendu par un SDF au coin d’une rue pour faire la manche, le robot-serveur de l’hôtel qui vous apporte une bière, tard dans la nuit, ou bien encore les drones qui survolent la cité. »

Surveillance de masse inutile contre le terrorisme

« Cette surveillance de masse s’est révélée complètement inutile dans la lutte contre le terrorisme (...). Les raisons de cette inefficacité déconcertante sont les mêmes que pour l’échec du ciblage publicitaire par les entreprises de surveillance commerciale : les personnes qui commettent des actes terroristes, tout comme celles qui achètent un frigo, se font très rares. Si vous voulez détecter un phénomène dont la probabilité de base est d’un sur un million avec un outil dont la précision n’est que de 99 %, chaque résultat juste apparaîtra au prix de 9 999 faux positifs.

Essayons de le formuler autrement : si une personne sur un million est terroriste, alors nous aurons seulement un terroriste dans un échantillon d’un million de personnes. Si votre test de détecteur à terroristes est précis à 99 %, il identifiera 10 000 terroristes dans votre échantillon d’un million de personnes (1 % d’un million = 10 000). Pour un résultat juste, vous vous retrouvez avec 9 999 faux positifs. En réalité, la précision algorithmique de la détection de terroriste est bien inférieure à 99 % »

Deux poids, deux mesures : 1,6 million de morts vs 1,7 million de morts

« Lorsque les gens n'ont pas accès à des sources d'énergie modernes pour cuisiner et se chauffer, ils dépendent de sources de combustibles solides - principalement du bois de chauffage, mais aussi du fumier et des déchets de culture. La pollution de l'air à l'intérieur des habitations, que l'OMS appelle "le plus grand risque environnemental pour la santé", a un coût énorme pour la santé des personnes en situation de pauvreté énergétique. Pour les personnes les plus pauvres du monde, il s'agit du plus grand facteur de risque de décès précoce et les recherches mondiales sur la santé indiquent que la pollution de l'air à l'intérieur des habitations est responsable de 1,6 million de décès chaque année, soit deux fois plus que le nombre de décès dus à un mauvais assainissement. »

Bande-annonce du futur, bienvenue dans le monde réel !

 

 

 

À quoi cela sert-il ...? Le profit (2/2)

Première partie

Traduction de « What does it profit ...? », Georges Mobus, 4 mars 2008

Un regard psychologique sur le profit

Les individus tenteront toujours de satisfaire leurs besoins en énergie. Pour la plus grande partie de la nature, cela signifie trouver un environnement à la bonne température, suffisamment de nourriture et d’eau, et, le moment venu, procréer pour prolonger la croissance. Pour les humains, cela signifie essentiellement la même chose. Il n’y a qu’avec les humains que les degrés de liberté sont si étendus à tel point qu’il n’est pas toujours possible de voir les liens entre le flux d’énergie, le stockage [d’énergie] et tous les comportements et pensées des êtres humains. Nous sommes devenus tellement convaincus de notre extériorité à la nature qu’il est difficile de réaliser que le travail que nous faisons, les maisons que nous achetons, les églises que nous fréquentons ne sont que des décisions basées sur le flux d’énergie ! Il vous faudra peut-être un certain temps pour vous faire à cette idée. Et je sais qu’au départ, cela ressemble à du déterminisme biologique. Je suppose que c’est vraiment une sorte de déterminisme biologique, mais pas celui auquel vous pensez normalement du type « mes gènes m’ont poussé à le faire » !

Tout ce que vous ou moi faisons a un seul but, celui d’obtenir, de stocker et de retenir l’énergie. C’est tout. Si vous trouvez que je ne tiens pas compte des émotions humaines, de la culture, etc., vous n’avez pas compris la nature de la nature. Bien sûr, chaque être humain (vous, moi) a des objectifs qui lui sont propres, qui sont personnels. Mais ce n’est pas une question d’alternative. Le déterminisme biologique (sous forme d’énergie) et les choix personnels peuvent être totalement compatibles. Voici un test simple pour voir si ce que je prétends est vrai ou non. Arrêtez de manger. Vous pouvez choisir de le faire, et, en effet, de nombreuses personnes se sont tuées en le faisant. Vous pouvez le faire. Mais le fait est que vous mourrez si vous le faites. Vous ne pouvez pas juste vous contenter du libre arbitre. Votre vie est biologiquement déterminée par rapport au flux d’énergie. Autant l’accepter et y adhérer.

Ce qui m’amène à la psychologie du profit. Quand est-ce que qu’il y en a assez ? Réponse : jamais.

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