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Contrôle social grâce aux smartphones/données numériques [revue de web]

passages en gras rajoutés

C'est parti : Le premier gouvernement à fusionner les données de paiement numériques et les tickets de caisse des supermarchés [extraits], Norbert Haring, 7 juin 2022.

« Des avertissements selon lesquels les ingénieurs sociaux du gouvernement pourraient bientôt déterminer les types d'aliments que nous sommes autorisés à acheter semblaient exagérés, jusqu'à présent. Actuellement, un premier gouvernement européen s'efforce d'obtenir les données nécessaires. Il collecte toutes les données de paiement et les tickets de caisse et les fusionne avec les données sur les ménages. (…)

Le bureau norvégien des statistiques SSB veut obliger le plus grand opérateur de terminaux de paiement par carte, Nets, à lui fournir toutes les données sur les paiements traités par ces terminaux. Ces données comprennent les noms, les adresses, les dates d'achat et les prix des différents produits.

En outre, les quatre plus grandes chaînes de supermarché seront obligées de remettre aux statisticiens du gouvernement les tickets de caisse, qui indiquent les produits que les citoyens respectifs ont achetés. (…)

Les terminaux Nets gèrent 80 % des paiements numériques dans les supermarchés norvégiens. Les statisticiens veulent collecter, combiner, archiver et analyser des millions de tickets de caisse chaque jour et plus d'un milliard de transactions de paiement chaque année.

Les statisticiens sont conscients que ce projet porte gravement atteinte à la vie privée des Norvégiens, mais ils affirment qu'il ne sert qu'à des fins statistiques et que les statisticiens sont dignes de confiance et habitués à traiter des données sensibles en toute sécurité. Et que la loi interdit d'utiliser les données à des fins autres que statistiques. Cela est censé donner au citoyen la garantie que cela ne se produira pas. (Au moins jusqu'à ce que les lois en question soient modifiées.) (…)

Il n'est pas explicitement mentionné que les données ne doivent pas être hébergées ou traitées par des entreprises américaines, car sinon, selon la loi CLOUD, les services secrets des USA y auraient accès. L'idée n'est pas farfelue, puisque l'Office fédéral allemand de la statistique héberge les données du recensement 2022 chez Cloudflare, une société américaine. (…)

L'un des principaux objectifs affichés de cette forme effrayante de collecte de données est que les statisticiens veulent mieux connaître les aliments et les boissons consommés par les citoyens. Et pas seulement de manière globale, mais en les ventilant finement. De cette façon, l'État peut mieux évaluer dans quelle mesure ses citoyens mangent sainement ou non et déterminer les groupes sur lesquels il doit travailler s'il veut améliorer les habitudes alimentaires. (…)

En décrivant la sensibilité des données, Statistics Norway donne une bonne idée de ce qui pourrait mal tourner ici :

(Les données) identifient à la fois le titulaire de la carte et le titulaire du compte et répertorient toutes les transactions effectuées avec la carte de débit, en indiquant le moment et le lieu d'utilisation (par exemple, un magasin). En outre, des catégories particulières de données à caractère personnel peuvent être incluses dans les opérations de paiement, car la nature de la localisation de l'utilisateur peut impliquer, entre autres, la religion, les opinions politiques, l'état de santé, l'appartenance syndicale ou les relations sexuelles du titulaire du compte.” (…)

Si Statistics Norway parvient à mettre en œuvre son intention comme prévu, cela signifie que les bases organisationnelles seront posées pour une mise au point complète des actions des citoyens par le gouvernement. Il faudra peut-être un certain temps avant que les données ne soient utilisées à cette fin, mais on trouvera certainement des raisons de le faire progressivement, d'abord ici, puis là, et toujours un peu plus.

C'est également très important pour nous, car le gouvernement norvégien acquiert une expérience qui peut ensuite être mise en œuvre très rapidement dans d'autres pays, par exemple lorsque la prochaine pandémie sera déclarée. Nous avons appris une chose : lorsqu'une pandémie est déclarée, tout le reste doit passer au second plan par rapport à la protection supposée de la santé de la population, y compris et avant tout le droit à la vie privée. »

 

Sécession numérique : comment essayer d'échapper à la surveillance permanente [extraits], Éric Verhaeghe, 27 mai 2022

« Je sais que beaucoup de gens se disent : qu’importe, je n’ai rien à cacher ! Et c’est le propre de nos contemporains que de se penser honnêtes et donc à l’abri de toute poursuite de la part de l’Etat, à qui Google transmet allègrement ses données sur simple demande policière. Leur naïveté est touchante, car ils ont oublié, ou n’ont pas compris, que le propre d’un État totalitaire est d’inquiéter les gens honnêtes, et donc d’inventer des délits pour justifier un climat de peur. (…)

Google prépare donc l’avénement d’un régime où l’État interdira, au nom du bien, de parcourir plus d’un kilométrage donné, chaque mois, en voiture, pour sauver la planète. Ou interdira de fréquenter certains endroits sans motif valable, par exemple certains quartiers de Paris où le nombre de touristes est trop élevé. Ou sanctionnera ceux qui ne marchent pas assez chaque jour.

Par exemple, je m’aperçois que, au mois de mars, je n’ai pas parcouru les 100 kilomètres à pied que l’État pourrait considérer comme le minimum vital. J’ai raté la cible de 2 kilomètres. On peut tout à fait imaginer un monde où ce genre de faute entraîne une majoration des cotisations de sécurité sociale, ou une amende automatique.

Toute cette dystopie est désormais possible sans grand effort. Les technologies existent, et les infrastructures techniques aussi. Il n’y a plus qu’à relier les données collectées par Google avec les données de l’assurance-maladie ou les données fiscales pour passer à l’étape suivante. (…)

L’ère de la dictature numérique
(…) L’erreur consisterait à penser que la surveillance numérique se limite à votre smartphone. Certes, cet outil est un redoutable espion qui permet à l’État de tout savoir sur vous pour peu que les fournisseurs de données transmettent les informations qui vont bien. Nous y reviendrons.

Mais il faut avoir conscience que l’épidémie de coronavirus a donné aux pouvoirs policiers l’opportunité d’avancer grandement dans leurs projets de mise sous surveillance.

En France, par exemple, en décembre 2020, des décrets sont passés autorisant le fichage de tous les citoyens selon leurs opinions philosophiques. L’année suivante, le Parlement a adopté une loi autorisant la reconnaissance faciale en temps réel des personnes participant à une manifestation.

À la faveur de l’angoisse créée par le coronavirus, et artificiellement gonflée par le cartel des médias subventionnés, personne n’a rien trouvé à redire à ces évolutions cataclysmiques pour la démocratie.

Un récent rapport du Sénat s’est par ailleurs déclaré favorable à un élargissement de la reconnaissance faciale dans l’espace public. Il est en particulier fortement question que la SNCF soit autorisée à procéder à la reconnaissance faciale des personnes masquées dans les gares et les trains.

Ce type d’innovation montre bien que la violation de la vie privée n’est plus seulement le fait de votre téléphone, dont l’État récupère vos données, mais qu’elle sera bientôt commise à chaque coin de rue par l’État lui-même. (…)

Le projet d’identité numérique de la Commission Européenne
(…) En réalité, il existe un projet européen cohérent, “urbanisé” diraient les informaticiens”, de mise en place d’une identité numérique qui rassemblerait tous les compartiments de la vie privée. Il s’agit du fameux “wallet” de la Commission Européenne, qui fait partie de la feuille de route d’Ursula von der Leyen. (…)

Le “wallet” devrait regrouper les données d’identité classiques, mais aussi les données de santé, notamment les données en matière de vaccination, et les données bancaires. Tout le monde a compris qu’il s’agit de l’ossature grâce à laquelle l’Union Européenne pourra mettre en place un crédit social perfectionné, empêchant par exemple un consommateur d’acheter plus qu’une quantité donnée de carburant chaque année, ou dégradant les droits des personnes qui ne seraient pas vaccinées, par exemple en plafonnant leurs achats à un maximum mensuel. (…)

la Commission Européenne a annoncé son intention de mettre en place une base de données européennes de santé, qui lui permettra de savoir qui, dans l’Union, est à jour de ses vaccins et qui ne l’est pas. En France, la Haute Autorité de Santé planche sur la mise en place d’un outil d’aide à la décision pour compléter le carnet de vaccination numérique. Grâce à cet outil, il sera possible de dresser des listings de non-vaccinés pour bloquer leurs accès aux soins. (…)

étape après étape, la Commission Européenne franchit, et vérifie que les États-membres eux-mêmes franchissent les étapes de ce grand projet de contrôle numérique des populations. Son achèvement doit aller de pair avec la mise en place de l’euro numérique, prévue pour 2024.

Grâce à cette nouvelle monnaie dont peu d’Européens ont compris l’impact, la Commission Européenne pourra affirmer sa puissance en contrôlant nos vies et en rendant impossible l’existence des dissidents. (…)

Basculer dans un autre modèle
On comprend la caractère “holistique”, totalitaire, de ce modèle qui se met en place à pas de loup : les outils numériques permettront de nous surveiller comme des lions en cage, et de nous couper les vivres le jour où nous déciderons de ne plus obéir. C’est tout l’intérêt de nous faire vivre dans des pièges de cristal et de relier les moyens de paiement aux contrôles numériques.

Bientôt, plus personne ne sera propriétaire de son argent, de ses biens, de son travail. En tout cas, les marges de propriété seront sans cesse réduites, avec la théorie de la “densification de l’habitat”, qui est l’appellation écologique pudique pour annoncer l’expropriation des maisons individuelles, et l’installation plus ou moins forcée dans des appartements en location.

Ce modèle où la propriété privée est assimilée à une menace pour l’environnement, donc pour la survie de l’espèce humaine annonce un totalitarisme proche des thématiques communistes. Une dépendance totale des individus vis-à-vis d’un État tyrannique et policier qui s’arroge le droit de bafouer les libertés fondamentales au nom du bien supérieur de l’humanité s’instaure. »

Ce que j'ai lu, oct-nov 2020

« Ce serait une consolation pour notre faiblesse et nos œuvres si toutes choses devaient périr aussi lentement qu’elles adviennent ; mais il est ainsi, la richesse est lente, et le chemin de la ruine est rapide. » Sénèque

« Agis de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien en toi qu’en autrui, toujours comme une fin et jamais simplement comme un moyen. » Immanuel Kant

(Énergie) Nous sommes des homo sapiens sapiens qui n’ont cessé d’évoluer face aux pressions exercées par notre environnement. Les maladies, les famines, les prédateurs et les climats difficiles sont des régulateurs de l’évolution. Pour toutes les espèces, survivre est un but sans fin et la recherche d’énergie reste essentielle, tant pour se nourrir que pour se protéger. Alfred Lotka a démontré dans les années 1920 que l’évolution biologique dépend de cette énergie, bien qu’elle se tarisse de manière irréversible avec l’entropie. L’espèce humaine a dû faire preuve d’ingéniosité pour lutter contre ce phénomène inévitable en se fabriquant des outils, des technologies et des institutions économiques (ex. le troc, les marchés) lui permettant de gérer les ressources dont elle a besoin. L’économiste Nicholas Georgescu-Roegen fut le premier, dans les années 1970, à nous avertir que les systèmes socioéconomiques et la raréfaction énergétique (l’entropie, donc) sont intimement liés et déterminent les grandes phases de prospérité et de déclin des civilisations. Ces cycles s’appuient sur l’usage de ressources abondantes à certaines époques auxquelles se sont greffées des technologies capables de les transformer. Ces technologies sont nommées par l’auteur des « technologies prométhéennes », un terme faisant référence au titan Prométhée de la mythologie grecque ayant volé le feu aux dieux au profit des hommes.

(Nerf de la guerre, podcast) La question de l’énergie est l’une des plus essentielles de notre époque, et pourtant elle est souvent incomprise, ou même simplement mise de côté. Nos économies, nos sociétés, nos modes de vie, notre capacité à innover, les jeux géopolitiques…

(Chaud mortel) Les engagements pris en 2015 par les 195 pays parties prenantes de l’accord de Paris, dont 169 l’ont à ce jour ratifié, ne permettront que d’accomplir « approximativement un tiers » du chemin, préviennent les rapporteurs. À supposer que tous les États respectent l’intégralité de leurs promesses, parfois conditionnées à l’obtention de financements internationaux et de surcroît non contraignantes, la Terre s’achemine aujourd’hui vers une hausse du thermomètre de 3 °C à 3,2 °C à la fin du siècle.
[3 °C d’augmentation en moyenne sur la planète, c’est le double sur les continents…]

Changement de température d'ici la fin du siècle, Université de Stanford (2013)

Les algorithmes, c'est quoi ? C'est quoi le problème ?

« Nicolas Martin : (...) Nous parlons d’algorithmes avec Cathy O’Neil qui est ici avec nous, qui est mathématicienne, data scientist et militante, auteure de Algorithmes, la bombe à retardement aux éditions des Arènes, qui nous fait le plaisir d’être avec nous aujourd’hui. C’est Marguerite Capelle qui assure la traduction tout au long de cette heure.

On va en venir à ces algorithmes et surtout essayer de comprendre exactement comment s’organisent ces biais autour des algorithmes et comment finalement les mathématiques, qui sont censées être le langage le plus pur et le plus neutre de description du réel peuvent devenir faussées. Vous écrivez, Cathy O’Neil, dans votre livre : « On nous classe avec des formules secrètes que nous ne comprenons pas et qui n’offrent pas souvent des systèmes de recours ». La question se pose donc : et si les algorithmes étaient faux ? Comment est-ce qu’on peut qualifier un algorithme de faux ?


Cathy O'Neil traduite par Marguerite Capelle : Avant de donner un exemple d’algorithme faux, ce qui est assez facile à faire, je vais expliquer ce que c’est qu’un algorithme avec un exemple très simple que tout le monde peut comprendre.

Internet et surveillance, citations de la semaine

Internet et surveillance, les citations de la semaine sélectionnées par Khrys :

« La semaine dernière, le visage de Dong Mingzhu, la présidente d’un important fabricant de climatiseurs en Chine, a été exposé sur un écran géant à Ningbo, une grande ville portuaire de la province du Zhejiang, dans l’est de la Chine, pour lui faire honte publiquement pour avoir enfreint une loi routière. Le Zhejiang est l’une des provinces qui a déployé l’an dernier une technologie de reconnaissance faciale pour humilier les citoyens qui déambulent en mettant leurs photos sur d’immenses écrans LED. Mais les caméras n’ont pas attrapé Mingzhu en train de traverser illégalement – elles ont identifié une photo d’elle sur une publicité de bus »
 (...)
« Ce ne sont là que quelques-uns des moyens ingénieux par lesquels la police de la sûreté de l’Etat – mieux connue sous le nom de Stasi – espionna des individus entre 1950 et 1990, dont beaucoup sont maintenant exposés au musée de la Stasi à Berlin.
À l’heure actuelle, la police allemande – à l’instar de nombreuses forces de l’ordre – souhaite non seulement avoir accès à des données téléphoniques, mais également à des informations recueillies par des assistants numériques tels que Google Home et Amazon Echo.
»
 (...)
« Nous sommes entourés de caméras de surveillance qui nous enregistrent à chaque tournant. Mais la plupart du temps, lorsque ces caméras nous observent, personne ne regarde ce que ces caméras observent ou enregistrent parce que personne ne va payer une armée de gardes de sécurité pour une tâche aussi monotone et qui prendrait autant de temps.
Mais imaginez que toutes ces vidéos soient regardées – que des millions d’agents de sécurité les surveillent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Imaginez cette armée composée de gardes qui n’ont pas besoin d’être payés, qui ne s’ennuient jamais, qui ne dorment jamais, qui ne manquent jamais un détail, et qui se souviennent de tout ce qu’ils ont vu. Une telle armée d’observateurs pourrait scruter chaque personne qu’ils voient, à la recherche de signes d’un comportement « suspect ». Avec un temps et une attention illimités, ils pourraient aussi enregistrer des détails sur toutes les personnes qu’ils voient – leurs vêtements, leurs expressions et leurs émotions, leur langage corporel, les gens avec qui ils sont et comment ils se rapportent à eux, et toutes leurs activités et leurs mouvements.
Ce scénario peut sembler tiré par les cheveux, mais c’est un monde qui pourrait bientôt arriver. Les gardes ne seront pas humains, bien sûr – ce seront des agents de l’IA.
»
(...)
« L’infrastructure de la surveillance de masse est trop complexe et l’oligopole technologique trop puissant pour qu’il soit utile de parler de consentement individuel. Même les experts n’ont pas une vue d’ensemble de l’économie de la surveillance, en partie parce que ses bénéficiaires sont secrets, et en partie parce que tout le système est en mutation. Dire aux gens qu’ils sont propriétaires de leurs données et qu’ils devraient décider quoi en faire n’est qu’un autre moyen de les priver de leur pouvoir.
Notre discours sur la protection de la vie privée doit être élargi pour aborder les questions fondamentales sur le rôle de l’automatisation : Dans quelle mesure le fait de vivre dans un monde saturé de surveillance est-il compatible avec le pluralisme et la démocratie ? Quelles sont les conséquences de l’éducation d’une génération d’enfants dont chaque action alimente une base de données d’entreprise ? Que signifie être manipulé dès le plus jeune âge par des algorithmes d’apprentissage automatique qui apprennent de manière adaptative à façonner notre comportement ?
»

Contrôle social, capitalisme et technologies numériques

Il faudrait peut-être préciser que le déploiement informatique considérable qui est en cours n'est pas du tout de la technologie neutre mais va dans le sens de cet effondrement en faisant de chacun de nous un signe numérique.

Aujourd'hui, dans les recherches informatiques, on développe l'Interaction homme-machine et la réactivité immédiate de systèmes autonomes pouvant manipuler leurs utilisateurs humains en opérant sur les caractères de leurs états psychiques courants appréhendés par leurs expressions sur des sites tels que Google. Il ne s'agit donc plus seulement remplacer ceux qui travaillent par des systèmes de systèmes totalement autonomes opérant 24h sur 24 et se réparant eux-mêmes en cas de dysfonctionnements, mais de manipuler les humains qui communiquent sans cesse sur des thèmes suggérés et qui n'existent que pour acheter et consommer ce qui est produit.

On peut penser que c'est la voie normale de l'évolution de notre société humaine globalisée, si on se réfère à Freud : « L'intellect humain rationnel est une chose débile et dépendante, jouet de nos penchants pulsionnels et de nos affects » Alain Cardon

Lire sur le  sujet "Un Capitalisme de Surveillance" de Shoshana Zuboff (cliquer sur les boutons jaunes pour lire les surlignages):
le moyen le plus sûr de prédire le comportement reste d’intervenir à la source : en le façonnant. J’appelle « économies de l’action » ces processus inventés pour y parvenir : des logiciels configurés pour intervenir dans des situations réelles sur des personnes et des choses réelles. Toute l’architecture numérique de connexion et de communication est désormais mobilisée au service de ce nouvel objectif. Ces interventions visent à augmenter la certitude en influençant certaines attitudes : elles ajustent, adaptent, manipulent, enrôlent par effet de groupe, donnent un coup de pouce. Elles infléchissent nos conduites dans des directions particulières, par exemple en insérant une phrase précise dans notre fil d’actualités, en programmant l’apparition au moment opportun d’un bouton « achat » sur notre téléphone, en coupant le moteur de notre voiture si le paiement de l’assurance tarde trop, ou encore en nous orientant par GPS dans notre quête de Pokémon. « Nous apprenons à écrire la musique, explique un concepteur de logiciels. Ensuite, nous laissons la musique les faire danser. Nous pouvons mettre au point le contexte qui entoure un comportement particulier afin d’imposer un changement... Nous pouvons dire au réfrigérateur : “Verrouille-toi parce qu’il ne devrait pas manger”, ou ordonner à la télé de s’éteindre pour que vous vous couchiez plus tôt. » (Shoshana Zuboff)

Revue de web du 1er trimestre 2019 - inégalités, économie, Euro, démocratie, contrôle social…

Exergue

Beaucoup de gens ne mesurent pas encore l’impact de ces dérives dangereuses car ils ne croient pas que la France qu’ils ont connu depuis 50 ans puisse un jour se transformer en une sorte de dictature de riches néolibéraux œuvrant pour des intérêts étrangers et méprisant au plus haut point le bon petit peuple de France. (Strategica 51)

Liens :

Inégalités et classes sociales en France

La « crise » ou l’art d’échapper à la solidarité, Observatoire des inégalités, 22 mai 2013

La France invisible des serviteurs, Observatoire des Inégalités, 4 mai 2017

Qui sont les privilégiés en France ? Observatoire des inégalités, 11 fév 2019

Comment évoluent les revenus des riches, des pauvres et des classes moyennes ? Observatoire des inégalités, 28 fév 2019


Économie

Richesse et pauvreté des nations, David S. Landes (recension), France Culture, 21 déc 2018

Economics After Neoliberalism, Naidu, Rodrik, Zucman , Boston Review, Feb 15, 2019

Editorial. Tout comprendre: la crise, les dettes, le populisme, Bruno Bertez, 5 mars 2019


La santé économique de l'Allemagne

Allemagne : la fin de la prospérité, Alternatives Economiques, 7 mars 2019

La nouvelle question allemande, Elie Cohen, 13 mars 2019


Zone Euro

Retour de la politique industrielle, Charles Wyplosz, 4 mars 2019

« Ce qui fait le lien social, c'est l'euro » - Entretien avec Michel Aglietta et Nicolas Leron, LVSL, 14 fév 2019

“La tragédie de l’euro” ou l’incroyable bulle cognitive dans laquelle l’Europe s’est enfermée : interview exclusive de Ashoka Mody, auteur du livre économique de l'année 2018 aux Etats-Unis, Atlantico.fr, 2 fév 2019


Pouvoirs financiers au XXe siècle

Quand les banquiers se mêlent de politique, L'investisseur sans costume, 1 fév 2019


Géopolitique

L'Europe face à l'affolement du monde, entretien vidéo, Médiapart, 17 fév 2019


Démocratie

« La démocratie n'existe pas, c'est un principe vers lequel on tend », Usbek & Rica, 7 mai 2018

25 ans d’insurrection zapatiste : « C’est une forme de démocratie réelle, radicale », Rapports de Force, 20 fév 2019

Deuxième Appel des Gilets Jaunes de Commercy : l'assemblée des assemblées ! vidéo 6 minutes, 29 déc. 2018


Référendum d'initiative citoyenne

Élire, c'est renoncer à voter - pour un référendum d'iniative populaire, Mérome, 15 janv 2019

RIC: Le débat inutile, Le blog de Descartes, 12 fév 2019

Dufoing: “Vérités et mensonges sur le RIC”, L'inactuelle, 21 jan 2019


Julia Cagé: « Le prix de la démocratie » (livre)

Julia Cagé, Le prix de la démocratie, Arthur Jatteau, 14 janv 2019

Le prix de la démocratie : entretien avec Julia Cagé, SES ENS, 15 mars 2019

Julia Cagé: «La France tend de plus en plus vers la ploutocratie», , entretien vidéo, Médiapart, 17 janv. 2019


Contrôle Social

Loi “anticasseurs” : un député centriste dénonce un retour au “régime de Vichy”, L'Obs, 31 janv 2019

France : le régime prépare des punitions collectives contre le peuple ou la dérive vers la tyrannie, Strategika 51, 31 janv 2019

TRIBUNE. Loi “anticasseurs” : “Pourquoi nous, avocats, ne protestons-nous pas plus fermement ?”, L'Obs, 5 fev 2019

Violences policières : un élu raconte, Ballast, 14 décembre 2018

Comment le pouvoir reprend la main sur le savoir, Arthur Weidenhaun, LVSL, 18 déc 2018

« Le sens de l'effort » (M6), ou comment « divertir » en humiliant de jeunes chômeurs, Acrimed, 7 mars 2019


En Chine

Surveiller pour punir : la notation des citoyens chinois, France Culture, 9 janv 2019

Le crédit social. De l’utopie vertueuse à « Big Brother », QuestionChine.net, 11 mars 2019


Shoshana Zuboff: « The Age of Surveillance Capitalism » (livre)

Surveiller et prédire, La Vie des idées, 7 mars 2019

Bienvenue dans l'ère du capitalisme de surveillance, France Culture, 7 mars 2019

Un capitalisme de surveillance, Shoshana Zuboff, Le Monde diplomatique, janv 2019


La fabrique de la réalité

Gilets jaunes: ne croyez pas la télé! André Gunthert, 2 déc 2018

Décryptualité du 18 février 2019 - Tout est faux (audio, 13 minutes), April, 19 fév 2019


Michel Onfray sur l'élite et les gilets jaunes

Butez-les jusque dans les chiottes! Michel Onfray, 8 janv 2018

Une Légitime défense, Michel Onfray, 13 janvier 2019

Le monologue de la pipe, Michel Onfray, 19 janv. 2019


Juan Branco sur Macron

Juan Branco désosse Macron, Là-bas si j'y suis, 21 déc 2018


François Bégaudeau sur la bourgeoisie

La bourgeoisie est-elle toujours en marche ? France Culture, 28 janv 2019

Le Grand Oral de François Bégaudeau, écrivain et scénariste, RMC, 23 janv 2019


L'obsolescence de l'homme, Günther Anders

« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.

En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels. »
Günther Anders, « L’Obsolescence de l’homme », 1956

Günther Anders (Wikipedia)

« Günther Anders a traité du statut de philosophe, de la Shoah, de la menace nucléaire et de l'impact des médias de masse sur notre rapport au monde, jusqu'à vouloir être considéré comme un « semeur de panique » : selon lui, « la tâche morale la plus importante aujourd'hui consiste à faire comprendre aux hommes qu'ils doivent s’inquiéter et qu'ils doivent ouvertement proclamer leur peur légitime »

Cette expression est tirée des phrases : « On nous a traités de « semeurs de panique ». C'est bien ce que nous cherchons à être. C'est un honneur de porter ce titre. La tâche morale la plus importante aujourd'hui consiste à faire comprendre aux hommes qu'ils doivent s’inquiéter et qu'ils doivent ouvertement proclamer leur peur légitime. Mettre en garde contre la panique que nous semons est criminel. La plupart des gens ne sont pas en mesure de faire naître d'eux-mêmes cette peur qu'il est nécessaire d'avoir aujourd'hui. Nous devons par conséquent les aider. » Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j'y fasse ?, Allia, 2010, p. 92. »

La Chine met en place le contrôle social des individus pour le bonheur du peuple

Voici cinq articles édifiants sur la surveillance dans l'empire du milieu; rassurons-nous, comme nous l'explique Mark Leonard dans le dernier papier, c'est du pareil au même dans les pays occidentaux.

[Revue de Web 46/47] Contrôle social, surveillance/ Mensonges et post-vérité/ Démocratie/ Terrorisme

Contrôle social, surveillance, libertés civiles et vie privée


  • « Comment un État va pouvoir noter l’ensemble des citoyens et évaluer chaque individu » Charles SANNAT
    "ce qu’aucune dictature n’a jamais réussi à faire, à savoir contrôler parfaitement les masses sans avoir à recourir à une violence rendant cette dictature tôt ou tard insupportable et donc entraînant sa chute, les « démocraties » occidentales, avec l’appui des nouvelles technologies et les connaissances accumulées dans la fabrication du consentement, sont en passe de le réussir à très court terme."
  • Quand les clients notent les salariés - Arrêt sur images [abonnés]
    "Saviez-vous que si vous notez 4 sur 5 votre chauffeur Uber, vous lui mettez une (très) mauvaise note ? Que votre livreur Darty ou votre conseiller Bouygues Télécom ne touchera peut-être pas sa prime parce que vous lui avez mis 8 sur 10 dans un questionnaire ? Ou que lorsque vous rentrez et sortez d'un magasin sans rien y acheter, vous avez peut-être sans le savoir affecté négativement la note d'un vendeur ou d'une gérante ? Salariés, souriez : vous êtes notés (par les clients)."
  • Big Data, algorithmes... "L'esprit porté par la Silicon Valley est totalitaire" - Par Raphaële Karayan
    "Dans son livre La nouvelle servitude volontaire, Philippe Vion-Dury démontre comment, progressivement, chacun délègue son libre-arbitre aux algorithmes. Pour l'auteur, il est temps d'acquérir un réflexe critique. "
  • Etats-Unis : la police exploite les données Facebook et Twitter pour pister des manifestants Par Morgane Tual
    "La puissante American Civil Liberties Union (ACLU), une association de défense des libertés civiques aux Etats-Unis, a publié mardi 11 octobre une série de documents prouvant que la police américaine a exploité les données de Facebook, de Twitter et d’Instagram pour surveiller des manifestations et pister leurs participants. Elle a utilisé pour cela les services de Geofeedia, une entreprise « qui permet à des centaines d’organisations partout dans le monde de prévoir, analyser et agir en s’appuyant sur les signaux des réseaux sociaux en temps réel », peut-on lire sur son site."
  • Three New Scandals Show How Pervasive and Dangerous Mass Surveillance Is in the West, Vindicating Snowden - Glenn Greenwald
    " three major events prove how widespread, and dangerous, mass surveillance has become in the West. Standing alone, each event highlights exactly the severe threats that motivated Edward Snowden to blow his whistle; taken together, they constitute full-scale vindication of everything he’s done."
  • Fichier TES, danger pour les libertés ! | La Quadrature du Net
    "Le décret TES publié par le gouvernement, comme par effraction, le 28 octobre dernier trahit les principes démocratiques tant sur la forme (la manière dont il a été élaboré et publié) que sur le fond (la création d'un fichier centralisant les données d'identité, de filiation et de biométrie de l'ensemble des Français)."
    • "L'article 27 de la loi dite « informatique et libertés » de 1978 laisse au gouvernement la faculté d'instituer, par un simple décret, tous traitements de données à caractère personnel pour le compte de l'État, ou touchant à la sécurité nationale."
    • "l'absence de contrôle parlementaire sur la création de fichiers concernant les individus par l'exécutif doit être combattue."
    • "le fichier TES, qui rassemble l'ensemble des informations d'état civil, de filiation, la photo d'identité, le domicile, éventuellement le courriel, mais également la couleur des yeux ou les empreintes digitales,"
    • "la prévision d'une dérive de ce nouveau fichier gigantesque ne relève pas du pur fantasme. Elle découle de l'observation méthodique des mutations connues des fichiers précédemment constitués, notamment à des fins policières. Entre l'origine d'un fichier et son utilisation ultérieure, il y a systématiquement des dérives : changement de finalité, érosion progressive du contrôle, modification du champ d'application ou de l'étendue des accès à ce fichier..."
    • "La France a été condamnée en 2013 par la CEDH pour le FAED (Fichier Automatisé des Empreintes Digitales) au motif que « La conservation des empreintes digitales par ce fichier s’analyse en une atteinte disproportionnée, ne peut passer pour nécessaire dans une société démocratique, et ne traduit pas un juste équilibre entre les intérêts publics et privés concurrents en jeu ». Pourtant ce fichier n’a été corrigé à la marge que deux ans après l'arrêt de la CEDH"
    • "Quant au FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques) créé pour ficher les auteurs d'infractions sexuelles condamnés par la justice, il est passé en 15 ans d'un fichier sous contrôle judiciaire et limité à un fichier policier recueillant l'ADN de toutes les personnes simplement suspectes dans les enquêtes pour les délits les moins graves, même sans condamnation et dont le refus de prélèvement est susceptible de constituer un délit."
    • "Le choix de la centralisation du fichier est un choix dangereux : il expose un ensemble massif et précieux de données personnelles à la portée de puissances hostiles ou de criminels expérimentés."
    • "Choisir la centralisation des données d'identification de l'ensemble des Français c'est choisir d'être une cible très alléchante, comme l'ont montré les attaques subies par des bases de données israéliennes, turques ou philippines."
    • "Le choix de conserver les données biométriques sous forme brute dans le fichier plutôt que de stocker uniquement des gabarits permettant l'identification voulue, sans exposer davantage l'intimité des millions de personnes concernées, est à nouveau un choix surprenant et inquiétant. Il laisse la porte ouverte à des falsifications en cas de vol de données, et à des évolutions futures sur les identifications biométriques possibles."
    • "Si la volonté d'empêcher techniquement toute falsification peut sembler légitime, l'histoire nous rappelle combien la capacité à résister à des dérives autoritaires passe par la faculté d'échapper au contrôle étatique, notamment sur son identité. Les fichiers centralisés ne font pas les régimes autoritaires, mais tout régime autoritaire s'appuie sur un fichage de sa population."
  • Agir

Pouvoirs, médias, réseaux sociaux - Les mensonges et la post-vérité

    • Brice Couturier : le Parti des médias et l'intelligentsia méprisent la réalité
      "Dans un entretien fleuve, Brice Couturier, qui a été le chroniqueur matinal de France Culture pendant cinq ans, décrypte les contours d'une vie médiatico-intellectuelle où le pluralisme et le vrai débat sont en voie de disparition."
    • Trump: the Defeat of the Empire of Lies - Ugo Bardi
      Unfortunately, the fact that Donald Trump was elected largely as a reaction against previous lies doesn't make him a good president and not even someone whom we can trust. We may have learned to recognize lies, but it seems that we haven't yet learned to recognize the truth. The pendulum may be swinging too far and we are now branding perfectly correct theories as hoaxes and conspiracies. This is the case of climate change, that Donald Trump has defined as a hoax. The extent of the damage that the Trump presidency could do to humankind by policies that ignore the climate threat is staggering, too. So, will we ever learn to find our way in the universe of lies in which we live? Difficult to say, but we live in a condition in which the ancient Romans already found themselves long ago. The post below, published early this year, may help us to understand the problem.
      • "By the time of Augustine, the Roman Empire had become an Empire of lies. It still pretended to uphold the rule of law, to protect the people from the Barbarian invaders, to maintain the social order. But all that had become a bad joke for the citizens of an empire by then reduced to nothing more than a giant military machine dedicated to oppressing the poor in order to maintain the privileges of the rich. The Empire itself had become a lie: that it existed because of the favor of the Gods who rewarded the Romans because of their moral virtues. Nobody could believe in that anymore: it was the breakdown of the very fabric of society; the loss of what the ancient called the auctoritas, the trust that citizens had toward their leaders and the institutions of their state. Augustine was reacting to all this. He was trying to rebuild the "auctoritas", not in the form of mere authoritarianism of an oppressive government, but in the form of trust. So, he was appealing to the highest authority of all, God himself. He was also building his argument on the prestige that the Christians had gained at a very high"
      • "uring the past few decades, the mountain of lies tossed at us by governments has been perfectly matched by the disastrous loss of trust in our leaders on the part of the citizens."
      • "Today, every statement from a government, or from an even remotely "official" source, seems to generate a parallel and opposite statement of denial. Unfortunately, the opposite of a lie is not necessarily the truth, and that has originated baroque castles of lies, counter-lies, and counter-counter lies."
      • "Somewhere, hidden below the mass of legends and myths that have piled up on this story, there has to be the truth; some kind of truth. But how to find it when you can't trust anything you read on the Web?"
      • "It is a fractal universe of lies, where you have no reference point to tell you where you are. "
      • "science is rapidly becoming a marginal sect of people who mumble of catastrophes to come. People whom nobody believes any longer after they failed to deliver their promises of energy too cheap to meter, space travel, and flying cars. Then, we tend to seek it in such things as "democracy" and to believe that a voting majority somehow defines "truth". But democracy has become a ghost of itself: how can citizens make an informed choice after that we discovered the concept that we call "perception management" (earlier on called "propaganda")? "
      • "The problem is that conspirationism is not a form of epistemology. Once you have decided that everything you read is part of the great conspiracy, then you have locked yourself in an epistemological box and thrown away the key. And, like Pilate, you can only ask "what is truth?", but you will never find it."
      • " Is it possible to think of an "epistemology 2.0" that would allow us to regain trust on the institutions and on our fellow human beings? Possibly, yes but, right now, we are seeing as in a mirror, darkly. Something is surely stirring, out there; but it has not yet taken a recognizable shape. Maybe it will be a new ideal, maybe a revisitation of an old religion, maybe a new religion, maybe a new way of seeing the world. We cannot say which form the new truth will take, but we can say that nothing new can be born without the death of something. And that all births are painful but necessary."
      • "Science is an epistemological system and all epistemological systems are based on axioms that can't be proven. So, science is a good epistemological system as long as people believe in it. Most people are stopping believing in science because of its broken promises. And as long as scientists will keep making promises that they know they can't maintain, trust in science will keep going down the drain"
      • "Consider the fallacy of the Elephant, the error of taking a part and generalizing to the entire system. Much of science today is hyperspecialized and extremely bureaucratic and this has caused Elephant thinking to become pandemic. This is far from being the only disease. All of this results in a system that even if it has access to the required information is incapable of theorizing and evaluating properly and cause a continuous output of mistakes and ungrounded speculations that fail in contact with reality and results in a decline of scientific auctoritas."
    • Post-Truth by Steven Novella
      "an adjective defined as ‘relating to or denoting circumstances in which objective facts are less influential in shaping public opinion than appeals to emotion and personal belief’."
      • "I have friends who span the political spectrum, and it did strike me this election how cocooned they were in the narrative of their candidate. It was not just a matter of perspective, they would cite as facts blatant lies and myths. Some were complex, but many were a 1 minute Google search away from being debunked. It just didn’t seem to matter."
      • "Even more amazing were those, when challenged, who expressed some version of the defense that the actual facts did not matter. They continued to support the underlying “truth” even when the facts they put forward to support it were demolished."

Démocratie

Terrorisme, Islam et violence

    • François Burgat: «La violence dite islamique ne vient pas de l'islam» [vidéo]
      "Le deuxième entretien de notre série sur l'islam se focalise sur les politiques, démocratiques ou djihadistes, pratiquées au nom de l'islam. François Burgat y voit une dimension moins « sacrée » qu'endogène et culturelle, au sens où elle est, avant tout, le fruit d'une histoire coloniale qui fait aujourd'hui retour." pour F. Burgat la violence islamique est une contre-violence.
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