Contrôle social, capitalisme et technologies numériques

Il faudrait peut-être préciser que le déploiement informatique considérable qui est en cours n'est pas du tout de la technologie neutre mais va dans le sens de cet effondrement en faisant de chacun de nous un signe numérique.

Aujourd'hui, dans les recherches informatiques, on développe l'Interaction homme-machine et la réactivité immédiate de systèmes autonomes pouvant manipuler leurs utilisateurs humains en opérant sur les caractères de leurs états psychiques courants appréhendés par leurs expressions sur des sites tels que Google. Il ne s'agit donc plus seulement remplacer ceux qui travaillent par des systèmes de systèmes totalement autonomes opérant 24h sur 24 et se réparant eux-mêmes en cas de dysfonctionnements, mais de manipuler les humains qui communiquent sans cesse sur des thèmes suggérés et qui n'existent que pour acheter et consommer ce qui est produit.

On peut penser que c'est la voie normale de l'évolution de notre société humaine globalisée, si on se réfère à Freud : « L'intellect humain rationnel est une chose débile et dépendante, jouet de nos penchants pulsionnels et de nos affects » Alain Cardon

Lire sur le  sujet "Un Capitalisme de Surveillance" de Shoshana Zuboff (cliquer sur les boutons jaunes pour lire les surlignages):
le moyen le plus sûr de prédire le comportement reste d’intervenir à la source : en le façonnant. J’appelle « économies de l’action » ces processus inventés pour y parvenir : des logiciels configurés pour intervenir dans des situations réelles sur des personnes et des choses réelles. Toute l’architecture numérique de connexion et de communication est désormais mobilisée au service de ce nouvel objectif. Ces interventions visent à augmenter la certitude en influençant certaines attitudes : elles ajustent, adaptent, manipulent, enrôlent par effet de groupe, donnent un coup de pouce. Elles infléchissent nos conduites dans des directions particulières, par exemple en insérant une phrase précise dans notre fil d’actualités, en programmant l’apparition au moment opportun d’un bouton « achat » sur notre téléphone, en coupant le moteur de notre voiture si le paiement de l’assurance tarde trop, ou encore en nous orientant par GPS dans notre quête de Pokémon. « Nous apprenons à écrire la musique, explique un concepteur de logiciels. Ensuite, nous laissons la musique les faire danser. Nous pouvons mettre au point le contexte qui entoure un comportement particulier afin d’imposer un changement... Nous pouvons dire au réfrigérateur : “Verrouille-toi parce qu’il ne devrait pas manger”, ou ordonner à la télé de s’éteindre pour que vous vous couchiez plus tôt. » (Shoshana Zuboff)

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