Les défauts originels de l’euro – vidéo 12’

Voici la toute première partie d’une conférence sur les origines et les conséquences de la crise européenne ainsi que les réponses apportées par les pouvoirs exécutifs. Elle s'est tenue au printemps 2013 à Lyon.  Son auteur, Jérôme Creel, travaille à l’OFCE.

Les quatre défauts de la monnaie unique:

Budgets nationaux sans souveraineté monétaire

Les états de la zone euro ont accepté de gérer leurs budgets nationaux dans une monnaie qui n’était pas la leur. Ils ont délégué la création monétaire à une institution, la banque centrale, au dessus d’eux dans la hiérarchie, sur laquelle  aux yeux de la loi, ils n’ont aucun pouvoir. Ce choix a été guidé par un principe idéologique: une monnaie, pour être crédible, doit être gérée indépendamment du politique, selon un critère jugé primordial, la maîtrise de l’inflation.

La balance des paiements en vidéo




Après 11’09’’, commentaires et interprétations dans la droite ligne du mainstream.

Le dilemme du compte courant 2/2 - Michael Pettis

“The current account dilemma” (19 juillet 2011) de Michael Pettis professeur de finances à Pékin - traduction libre et accentuation captainshortman (première partie)



Le dilemme du compte courant

Dans le monde d’aujourd’hui les choses sont différentes. Il n’y a pas de mécanisme d’ajustement – un flux de monnaie en espèces ou de l'impérialisme – qui permette ou empêche des déséquilibres persistants des comptes courants.

Cela signifie que si l’Allemagne enregistre des excédents commerciaux continus avec l’Espagne, il n’y a que trois issues possibles. Tout d’abord, l’Espagne peut toujours emprunter pour financer le déficit (dont la capacité à vendre des actifs nationaux est un sous-ensemble). Cela peut sembler une affirmation absurde – aucun pays ne dispose d’une capacité d’emprunt illimité – mais ce ne l’est pas tant que cela. Si l’Allemagne est très petite – par exemple la taille du Sri Lanka – ou si l’Allemagne conduit un très léger excédent commercial, à toutes fins pratiques, nous pouvons considérer la capacité d’emprunt de l’Espagne comme illimitée tant que la croissance de la dette est plus ou moins en ligne avec la hausse du PIB de l’Espagne. Mais si l’Allemagne est un grand pays ou entretient d’importants excédents, ce n’est clairement pas une issue possible.

Le dilemme du compte courant 1/2 - Michael Pettis

“The current account dilemma” (19 juillet 2011) de Michael Pettis professeur de finances à Pékin - traduction libre et accentuation par captainshortman. Si pour vous, le terme "compte courant" est du chinois, vous pouvez aller faire un tour rapide sur "Facile la balance des paiements".



Les pays créanciers sont inquiets. Leurs débiteurs semblent déterminés à prendre des mesures, ils déclarent vouloir diminuer la valeur de leurs dettes – au détriment, bien sûr, des créanciers.

Au cours des deux dernières années, nous sommes devenus accoutumés au spectacle du gouvernement chinois rappelant aux États-Unis,  leur responsabilité à maintenir la valeur de l’énorme volume de bons du trésor américain que la banque centrale chinoise a accumulé. Plus récemment, nous avons entendu des plaintes en Allemagne sur la possibilité que des défauts au sein de l’Europe périphérique entraîneraient des pertes parmi les nombreuses banques allemandes qui détiennent des obligations grecques, portugaises, irlandaises, espagnoles ou d’autres états européens.

Facile la balance des paiements

 Pour comprendre les relations économiques entre les pays et saisir par exemple, comment fonctionne l’accumulation de dettes avec l’étranger, il faut examiner les flux qui les relient.

Les résidents d’un pays échangent des biens avec le reste du monde. La différence entre les importations et les exportations, s’appelle comme vous le savez la balance commerciale.
Quand les médias parlent de commerce international, ils ne citent souvent que le chiffre de la balance commerciale. S'en contenter, c’est ne prendre en compte qu’une partie des transactions. Ajoutons les échanges de services et nous avons alors la balance extérieure des biens et des services. Certes, les services s’échangent à l’international beaucoup moins que les biens  mais leur part n’est pas négligeable. Il reste ensuite, à prendre en compte les flux de revenus avec l’extérieur: les salaires versés ou reçus, les dividendes payés ou perçus sur des actions, etc.
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