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L'addition

 Ama, Bruno Bertez serait plutôt libéral (au sens français), conservateur (côté sociétal) et souverainiste. Ça vous paraît contradictoire ? Et bien lisez-le

 Après les promesses de cadeaux, l’addition, l’erreur de nos zozos, Bruno Bertez 18 mai 2017
Le Maire a annoncé que son premier déplacement serait à Berlin lundi, pour des entretiens avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble, avec qui il se rendra dans la foulée à Bruxelles pour une réunion de l’Eurogroupe.

La visite en Allemagne a pour objet de « discuter de l’avenir de la construction européenne et des moyens de donner une véritable impulsion, concrète, nouvelle, à l’intégration de la zone euro. »

« Je suis sûr qu’ensemble nous ferons du bon travail », a-t-il dit, ajoutant aussitôt : « Ce bon travail, il suppose que la France tienne ses comptes publics et qu’elle tienne ses engagements vis-à-vis de ses partenaires européens ».

« (Il faut) que la nation française arrête de dépenser plus d’argent qu’elle n’en gagne et de dépenser plus de richesse qu’elle ne parvient à en créer. C’est ce qui nous permettra de retrouver de la puissance économique et de la crédibilité politique aux yeux de nos partenaires », a souligné Le Maire.

Le transfuge récite ainsi la règle numéro un de l’ordo-libéralisme (faux libéralisme)  Allemand, lequel est fondé sur des règles qui assimilent un Etat à un ménage. Le ménage français dépense trop et vit au dessus de ses moyens. C’est le credo de Schauble
[ministre des finances allemand] qui n’a toujours pas compris ou admis que les excédents des uns (l’Allemagne) ont pour contrepartie systémique les déficits des autres ( la France) et que c’est ainsi que le monde fonctionne depuis la mise en place du système monétaire dit Bretton Woods II fondé sur le recyclage.

L’Allemagne est une enclave qui fonctionnne dans un système vaste, le système mondial , en en refusant le mode de fonctionnement:  le recyclage et la monnaie globale créée par la monétisation/recyclage  des déficits. Le monde fonctionne sur le paradoxe du joueur de billes si bien analysé par jacques Rueff.

La France s’est engagée à ramener cette année son déficit public sous 3% de sa richesse nationale, soit 0,4 point de moins qu’en 2016, un objectif auquel la Commission européenne croit tout juste.

Gérald Darmanin a déclaré de son côté que la feuille de route des nouveaux locataires de Bercy était « toute claire : nous devons rassurer nos partenaires européens ».

Bref ils vont gouverner la France non pour les Français mais pour le compte de l’étranger.

Ce qui frappe, c’est la similitude des discours , il n’y a aucune différence entre ceux qu’ils peuvent tenir et celui qu’aurait tenu Fillon ou Sarkozy ou encore Juppé.


Pourquoi? Parce que la pensée dominante … domine!

Le débat sur le bien fondé des choix européens est interdit alors que le monde anglo-saxon donne l’exemple de choix radicalement opposés, le monde anglo saxon impose une dérive globale.

Les choix européens ne sont bons que pour l’Allemagne et le bloc allemand.

Dans un monde qui a choisi le deficit spending et l’inflationnisme à l’anglo-saxonne, l’ordo-libéralisme et la rigueur nous condamnent, ils ne servent que ceux qui sont au « top ».  L’ordo-libéralisme allemand équivaut , pour nous , à monter sur le ring pour affronter des poids lourds alors que nous ne nous sommes pas assez entrainés d’une part et que nous ne sommes que des poids moyens d’autre part.

La France ne  peut se redresser dans ce cadre car:

-la parité monétaire n’est pas celle qui nous convient

-le surproduit pour investir est trop réduit, amputé par le coût d’entretien  des poids morts,  des traînards et des marginaux; on ne peut assister, répartir et investir!

-la rentabilité, la profitabilité du capital ne sont  pas assez élevées et le capital boude dans un monde de libre circulation des capitaux

-l’Allemagne préfère piller notre demande et nous faire consommer ses produits plutôt qui de nous aider à relever les défis et mettre ses capitaux/excédents à notre disposition à un coût préférentiel

-la société française est disloquée et éclatée par suite de l’inégalité dans la répartition des efforts demandés .

L’oeuvre de redressement est possible, nécessaire, mais les moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir sont à l’opposé total de ceux que la pensée dominante préconise. Et ce n’est pas être rétrograde, extrémiste ou ringard qu’oser le détailler. Pourquoi? Parce que ces moyens sont ceux qui sont utilisées par les grands, par ceux qui font l’ordre du monde, en particulier le système monétaire et la hiérarchie des valeurs mondiales, par ceux qui imposent les règles du jeu: les anglo-saxons.

Les zozos qui sont allés à la soupe recommencent les erreurs du « redressement » par les méthodes des années 30, le bloc-or et autres scélératesses.

Cette fois, ce qu’ils veulent défendre, c’est l’épargne allemande, de ses vieux, de ses retraités.

Ils en espèrent les miettes.. pour nos propres rentiers.

L'Europe va mal avec Guillaume Duval [vidéo]

L'analyse de Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, sur la situation politique et économique en Europe et en France, et les pistes pour sortir de la crise.

L'Europe va mal car elle est essentiellement une Europe des marchés où il s'agit donc d'être compétitif, se battre contre les autres; cela se résume à baisser le cout du travail. Du coup tout le monde le fait, la baisse des salaires entraine la baisse de la demande, le non investissement et finalement la récession.

Après les biens ont été essentiellement libéralisés, les flux financiers l'installation des entreprises et les échanges de services sans faire d’avantage d'harmonisation fiscale et sociale. En plus du dumping fiscal, il y a eu dumping social avec l'installation des pays de l'est et leur concurrence de bas salaires.

La monnaie unique a été une transmission à l’échelle supranationale d'un élément de souveraineté nationale. Une clause de no bail-out a été imposé par les allemands pour l'institution de l'euro. Depuis, des choses importantes ont été faites pour corriger les défauts de la zone euro comme la création d'un fond commun de sauvetage et l'union bancaire.

Le policy mix est contradictoire, la BCE subventionne la finance et les banques alors que les états font une politique budgétaire d'austérité : hausse des impôts, baisse de la dépense publique et baisse du coût du travail. La baisse de la demande qui en résulte ne donne pas aux entreprises d'investir. Il n'y a pas non plus de mise à disposition d'argent pour de grands investissements.

Cela entraine des votes euro-sceptiques et ne relance pas l'activité, la zone euro à 350 milliards d’excédents soit 3.5% de son PIB. Une somme que nous pourrions dépenser dans l'éducation et la transition énergétique. Quant au brexit: depuis 10 ans au Royaume-Uni, les salaires réels diminuent donc le discours anti-immigration fonctionne bien.

Principale problème de l'évolution de l'Union européenne: l’attitude des français qui ne bougent pas et ne font rien pour que l'Europe change. Les politiques français ont tendance à croire que l'Allemagne à raison et que l'on ne peut rien faire contre. Au contraire, Guillaume Duval pense que la France a de sacrés cartes à jouer : en ce qui concerne la sécurité extérieure, nos rapports avec la méditerranée et la défense, la France a des atouts à faire valoir et à proposer pour faire avancer l'Europe et imposer sa volonté.

 Pour M. Duval il faut mutualiser les coûts. La transition énergétique a été stoppé par l'austérité budgétaire. Cette transition énergétique est indispensable pour conserver notre modèle social, comme nous sommes la zone la plus anciennement industrialisée nous avons déjà consommé nos ressources fossiles. A chaque fois que l'économie repart les prix des énergies fossiles remonte et cela constitue un drainage de richesse vers l’extérieur. Les investissements devraient être de l'ordre de 1000 milliards d'Euros.


Capitalisme de connivence | documentaire

Des patrons et des hommes

Comment est-on passé du capitalisme familial au néolibéralisme financier et aux patrons surpuissants ? Soixante ans d’une mutation vertigineuse vue des coulisses. Les secrets d’une économie mondialisée.
En guise de mise en bouche vous pouvez lire la présentation de Galil Agar.



Première partie : 1950-1980.

C’est l’histoire d un glissement inexorable vers l’économie de marché. En 1950, le plan Schuman ouvre les frontières et construit l’Europe. Tandis que le pays amorce un passage progressif d’une économie rurale à une industrialisation intense, la concurrence s’impose à tous. La France reste une "économie administrée", mais ses dirigeants comprennent qu’il faut exporter et attaquer les États-Unis sur le plan commercial. Le film décrit les mécanismes qui se mettent en action dans les plus hautes sphères du pouvoir grâce aux témoignages inédits d’hommes politiques, de conseillers et de grands industriels. Il montre l’émergence d’une nouvelle race de patrons plus puissants, comme Marcel Dassault, qui n’hésitent pas à financer la vie politique sous le manteau. Pourtant, si la France est en plein essor, elle prend du retard sur une Allemagne renaissante qui compte vite dix ans d’avance en termes de productivité. Établissant un parallèle entre les politiques industrielles des deux pays, cette première partie permet de comprendre pourquoi la France n’était pas la mieux armée pour faire face aux chocs pétroliers des années 1970.

De l'Allemagne et de l'Europe selon Emmanuel Todd

Au lendemain des élections européennes et ukrainiennes, quel avenir se dessine pour l'Europe ?

L'Ukraine et l'Europe :
"Le point commun un peu ironique qu'on peut trouver entre l'Ukraine et l'Europe, c'est que ce sont deux systèmes en désintégration, l'Ukraine étant bien sûr dans un état plus critique. En intégrant la question russe (à travers la situation ukrainienne) dans la question européenne, c'est comme si on vivait le match retour de 1990 et la dissolution de l'URSS. Aujourd'hui l'Europe se désintègre, alors que la Russie est retombée sur ses pieds et se rélève."

La question de l'euro et l'avenir de l'Europe :
"On est dans une situation impossible. La monnaie unique ne marchera jamais. C'est un contre-temps historique. Le problème vient d'une autre impossibilité : les dirigeants européens et français n'accepteront jamais d'en sortir, par lâcheté ou naïveté.

C'est pourquoi je regarde si attentivement vers l'Ukraine. L'Europe est peut-être allée chercher sa mort en Ukraine. Celle-ci va continuer à se désintégrer et ce sera à cause de l'Europe et non de la Russie. La première ne fait que lui piquer sa main d'oeuvre qualifiée, tandis que la seconde, si elle annexe des morceaux de son territoire, c'est pour les intégrer et les faire évoluer.

"Dans la partie orientale de l'Europe, les gens ne s'intéressent pas au monde, c'est une zone de non-construction étatique, de violence. Quelque chose de maléfique est en train de se préparer là-bas."

Le dilemme du compte courant 2/2 - Michael Pettis

“The current account dilemma” (19 juillet 2011) de Michael Pettis professeur de finances à Pékin - traduction libre et accentuation captainshortman (première partie)



Le dilemme du compte courant

Dans le monde d’aujourd’hui les choses sont différentes. Il n’y a pas de mécanisme d’ajustement – un flux de monnaie en espèces ou de l'impérialisme – qui permette ou empêche des déséquilibres persistants des comptes courants.

Cela signifie que si l’Allemagne enregistre des excédents commerciaux continus avec l’Espagne, il n’y a que trois issues possibles. Tout d’abord, l’Espagne peut toujours emprunter pour financer le déficit (dont la capacité à vendre des actifs nationaux est un sous-ensemble). Cela peut sembler une affirmation absurde – aucun pays ne dispose d’une capacité d’emprunt illimité – mais ce ne l’est pas tant que cela. Si l’Allemagne est très petite – par exemple la taille du Sri Lanka – ou si l’Allemagne conduit un très léger excédent commercial, à toutes fins pratiques, nous pouvons considérer la capacité d’emprunt de l’Espagne comme illimitée tant que la croissance de la dette est plus ou moins en ligne avec la hausse du PIB de l’Espagne. Mais si l’Allemagne est un grand pays ou entretient d’importants excédents, ce n’est clairement pas une issue possible.

Le dilemme du compte courant 1/2 - Michael Pettis

“The current account dilemma” (19 juillet 2011) de Michael Pettis professeur de finances à Pékin - traduction libre et accentuation par captainshortman. Si pour vous, le terme "compte courant" est du chinois, vous pouvez aller faire un tour rapide sur "Facile la balance des paiements".



Les pays créanciers sont inquiets. Leurs débiteurs semblent déterminés à prendre des mesures, ils déclarent vouloir diminuer la valeur de leurs dettes – au détriment, bien sûr, des créanciers.

Au cours des deux dernières années, nous sommes devenus accoutumés au spectacle du gouvernement chinois rappelant aux États-Unis,  leur responsabilité à maintenir la valeur de l’énorme volume de bons du trésor américain que la banque centrale chinoise a accumulé. Plus récemment, nous avons entendu des plaintes en Allemagne sur la possibilité que des défauts au sein de l’Europe périphérique entraîneraient des pertes parmi les nombreuses banques allemandes qui détiennent des obligations grecques, portugaises, irlandaises, espagnoles ou d’autres états européens.

Allemagne, une politique économique unilatérale [vidéo]

au présent: austérité généralisée.
par le passé: politique de l'offre et déflation salariale : les salaires réels bruts allemands ont perdu 5% entre 2003 et 2009.
économie de bazar.
conséquences : déséquilibre de la balance commerciale.
suivre la même voie que l'Allemagne est une impasse; dit autrement, si on joue tous à qui peut le moins on terminera tous avec rien.

Espérance de vie occidentale | brève

En Allemagne les personnes sous le revenu médian (le revenu qui partage en 2 parties égales une population) ont perdu 2 ans d’espérance de vie depuis 2000, celle-ci est passée de  77 à 75 ans.
source : Pierre Larrouturou citant le correspondant du "Monde" à Berlin.

Retrouvez le billet complet sur http://captainshortman.blogspot.com/
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