Capitalisme de connivence | documentaire

Des patrons et des hommes

Comment est-on passé du capitalisme familial au néolibéralisme financier et aux patrons surpuissants ? Soixante ans d’une mutation vertigineuse vue des coulisses. Les secrets d’une économie mondialisée.
En guise de mise en bouche vous pouvez lire la présentation de Galil Agar.



Première partie : 1950-1980.

C’est l’histoire d un glissement inexorable vers l’économie de marché. En 1950, le plan Schuman ouvre les frontières et construit l’Europe. Tandis que le pays amorce un passage progressif d’une économie rurale à une industrialisation intense, la concurrence s’impose à tous. La France reste une "économie administrée", mais ses dirigeants comprennent qu’il faut exporter et attaquer les États-Unis sur le plan commercial. Le film décrit les mécanismes qui se mettent en action dans les plus hautes sphères du pouvoir grâce aux témoignages inédits d’hommes politiques, de conseillers et de grands industriels. Il montre l’émergence d’une nouvelle race de patrons plus puissants, comme Marcel Dassault, qui n’hésitent pas à financer la vie politique sous le manteau. Pourtant, si la France est en plein essor, elle prend du retard sur une Allemagne renaissante qui compte vite dix ans d’avance en termes de productivité. Établissant un parallèle entre les politiques industrielles des deux pays, cette première partie permet de comprendre pourquoi la France n’était pas la mieux armée pour faire face aux chocs pétroliers des années 1970.

Chocs de croyances économiques : débat entre Gaël Giraud, Charles Gave et Henri Pigeat

Chocs de croyances économiques lors du débat "Les Experts" du 13 Octobre 2014 entre Gaël Giraud, Charles Gave et Henri Pigeat.


C'était un échange de point de vue passionnant, pourtant sous un accord de surface quant au diagnostic sur les banques et l'euro, c'est un fossé qui sépare Charles Gave et Gaël Giraud. Je vous laisse mettre les étiquettes.

transcription rapide :
GG: j'ai dirigé la traduction de "L'illusion économique" (Debunkings Economics)  de Steve Keen. Ce livre est une déconstruction radicale des poncifs de la science économique.
Nous sommes en quasi déflation. Cette menace majeure n'incitent pas les agents à consommer. Il s'agit de relancer la croissance par un grand projet de société : la transition énergétique avec le crédit bancaire comme moteur. Il n'y a pas de prospérité sans crédit bancaire. Hors le crédit est paralysé par la fragilité des bilans bancaires, d'ailleurs les stress tests effectués par la BCE seront bientôt publiés. Le système bancaire n'est pas en mesure de prendre des risques à cause de sa propre fragilité, c'est la première raison de la non croissance, c'est le nerf de la crise européenne. Il faut assainir le système bancaire.

CG: 70% des banques sont en état de quasi faillite. Selon les anciennes normes pour définir le ratio de levier (capital/fonds propres sur actifs),  une banque pouvait au maximum prêter 12 fois ses fonds propres ce qui lui permettait de résister à 2 récessions de suite. Aujourd'hui, en utilisant ces anciennes normes, une banque peut  prêter 30 à 40 fois ses fonds propres. Pour connaitre la santé des banques, il suffit d'observer leurs cours de bourse, ils ont perdu 75% de leur valeur depuis 7 ans.

De la crise financière à la stagnation: entretien avec Thomas Palley

De la crise financière à la stagnation: entretien avec Thomas Palley réalisé par Philip Pilkington et publié le 18 Avril 2012 par Yves Smith

source: From Financial Crisis to Stagnation: An Interview with Thomas Palley

Thomas Palley fut économiste en chef pour la Commission d'examen Chine - États-Unis sur la sécurité et l'économie. Il est actuellement membre-chercheur  à la New America Foundation.


Philip Pilkington: Au début de votre livre "De la crise financière à la stagnation" vous vous référez à la crise de 2008 comme une "crise de mauvaises idées". Pourriez-vous s'il vous plaît expliquer brièvement pourquoi vous vous référez à la crise de cette façon?

Thomas Palley: Un élément central et essentiel de mon livre est l'accent mis sur le rôle des idées économiques dans la génération de la crise. Cette caractéristique la distingue fondamentalement des explications traditionnelles qui tendent à représenter la crise en termes d'événements imprévus et de chocs économiques (par exemple, les cygnes noirs).

Mon livre commence avec l'idée fondamentale que les économies sont construites, et non pas naturelles. La façon dont les économies sont organisées et fonctionnent est de manière significative le résultat de choix sociaux, et non le produit de la nature. Au cours des trente dernières années, nous (la société) avons adopté un ensemble d'idées économiques qui ont façonné les modalités économiques - y compris le modèle de répartition des revenus, le pouvoir des entreprises et de la finance par rapport à la main-d'œuvre, et la façon dont l'économie génère la demande.
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