Quelles sont les plus graves menaces sur l’économie mondiale ?

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Nous pensons que les trois plus graves menaces qui pèsent aujourd’hui sur l’économie mondiale sont : 
  • La poursuite du recul des gains de productivité et de la croissance potentielle, qui conduirait à une concurrence encore plus forte par les taux de change, les coûts, la fiscalité… ; 
  • L’inflation non anticipée, qui conduirait à une hausse des taux d’intérêt à long terme dans une situation où les portefeuilles d’obligations et les dettes ont été accumulés à des taux d’intérêt très bas ;
  • Le protectionnisme, dans une situation où la segmentation des chaînes de valeur a conduit à la disparition de la substituabilité entre production domestique et importations.
Malheureusement, ces trois menaces vont probablement se réaliser, particulièrement si D. Trump peut mettre en place le programme économique qu’il a annoncé.

Quelles politiques pour faire grandir à nouveau l’industrie ?

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Dans beaucoup de pays de l’OCDE (États-Unis, Royaume-Uni, France…), les gouvernements voudraient faire grandir à nouveau l’industrie manufacturière. La désindustrialisation a en effet de nombreux effets négatifs qui sont aujourd’hui bien perçus : perte de productivité et de croissance potentielle, destruction d’emplois intermédiaires et contraction de la classe moyenne, difficultés chroniques avec le commerce extérieur.
Mais réindustrialiser est aujourd’hui très difficile, puisque la production industrielle mondiale ou celle des pays de l’OCDE stagnent : réindustrialiser signifie gagner des parts de marché dans l’industrie par rapport aux autres pays.
Si un gouvernement décide quand même de réindustrialiser, que doit-il faire ?
  • l’élasticité-prix des importations en volume est nulle ; ceci veut dire qu’il n’y a pas de substitualité entre la production domestique et les importations, ce qui rend le protectionnisme et la dépréciation du change inefficaces ;
  • baisser les salaires de l’industrie peut-être efficace si un seul pays adopte cette politique (exemple de l’Espagne), mais va à l’encontre de l’objectif d’amélioration de la situation de la classe moyenne ;
  • utiliser la concurrence fiscale est risqué à court terme (dégradation des finances publiques) et à long terme (neutralité fiscale) ;
  • le plus efficace est sans doute alors de mener des politiques favorables à la montée en gamme de l’industrie : éducation et formation, incitations à la modernisation du capital, encouragement de l’épargne risquée finançant les créateurs d’entreprises, développement du marché intérieur pour les nouvelles industries (énergies renouvelables…).

L'Europe va mal avec Guillaume Duval [vidéo]

L'analyse de Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, sur la situation politique et économique en Europe et en France, et les pistes pour sortir de la crise.

L'Europe va mal car elle est essentiellement une Europe des marchés où il s'agit donc d'être compétitif, se battre contre les autres; cela se résume à baisser le cout du travail. Du coup tout le monde le fait, la baisse des salaires entraine la baisse de la demande, le non investissement et finalement la récession.

Après les biens ont été essentiellement libéralisés, les flux financiers l'installation des entreprises et les échanges de services sans faire d’avantage d'harmonisation fiscale et sociale. En plus du dumping fiscal, il y a eu dumping social avec l'installation des pays de l'est et leur concurrence de bas salaires.

La monnaie unique a été une transmission à l’échelle supranationale d'un élément de souveraineté nationale. Une clause de no bail-out a été imposé par les allemands pour l'institution de l'euro. Depuis, des choses importantes ont été faites pour corriger les défauts de la zone euro comme la création d'un fond commun de sauvetage et l'union bancaire.

Le policy mix est contradictoire, la BCE subventionne la finance et les banques alors que les états font une politique budgétaire d'austérité : hausse des impôts, baisse de la dépense publique et baisse du coût du travail. La baisse de la demande qui en résulte ne donne pas aux entreprises d'investir. Il n'y a pas non plus de mise à disposition d'argent pour de grands investissements.

Cela entraine des votes euro-sceptiques et ne relance pas l'activité, la zone euro à 350 milliards d’excédents soit 3.5% de son PIB. Une somme que nous pourrions dépenser dans l'éducation et la transition énergétique. Quant au brexit: depuis 10 ans au Royaume-Uni, les salaires réels diminuent donc le discours anti-immigration fonctionne bien.

Principale problème de l'évolution de l'Union européenne: l’attitude des français qui ne bougent pas et ne font rien pour que l'Europe change. Les politiques français ont tendance à croire que l'Allemagne à raison et que l'on ne peut rien faire contre. Au contraire, Guillaume Duval pense que la France a de sacrés cartes à jouer : en ce qui concerne la sécurité extérieure, nos rapports avec la méditerranée et la défense, la France a des atouts à faire valoir et à proposer pour faire avancer l'Europe et imposer sa volonté.

 Pour M. Duval il faut mutualiser les coûts. La transition énergétique a été stoppé par l'austérité budgétaire. Cette transition énergétique est indispensable pour conserver notre modèle social, comme nous sommes la zone la plus anciennement industrialisée nous avons déjà consommé nos ressources fossiles. A chaque fois que l'économie repart les prix des énergies fossiles remonte et cela constitue un drainage de richesse vers l’extérieur. Les investissements devraient être de l'ordre de 1000 milliards d'Euros.


Comportements humains et grille de lecture

"La démocratie et le capitalisme idéalisent une population de personnes rationnelles partageant une vision de la réalité quasi-parfaite.
Si nous supposons plutôt que les gens sont irrationnels, mal informés, fortement biaisés, conduits par les émotions et la peur, alors la notion de libre arbitre, la capacité à prendre des décisions en connaissance de cause est inexacte et donc des marchés efficients et un gouvernement éclairé ça n'existe pas."
Ryan Harris' comment on Is It Propaganda Or Not? On "Fake News"

Corrélation entre le résultat des élections et le temps de passage dans les médias























 source:
Autre angle scientifique de l’élection qui n’est pas abordé dans la vidéo : l’influence des médias sur l’élection, avec cette corrélation affolante entre le temps de passage dans les médias et les résultats au premier tour : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Correlation_heures_TV_resultats_election.jpg (j’ai du refaire les calculs moi-même avec les chiffres du CSA et du ministère de l’intérieur pour y croire !)

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