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Jancovici : l'UE et le principe des vases communiquants

 ou les inconvénients de la libre circulation des capitaux et des individus

"Lors d'une conférence à la Société Française de Physique (SFP), Jean-Marc Jancovici explique qu'il est tout à fait normal que les Français s'appauvrissent dans l'Union Européenne. Il le démontre en utilisant une analogie physique sur la différence de potentiel." source
Jancovici : "Si vous voulez vraiment l’Europe, il faut accepter de donner la moitié de vos revenus aux Roumains.

    Revue de web du 1er trimestre 2019 - inégalités, économie, Euro, démocratie, contrôle social…

    Exergue

    Beaucoup de gens ne mesurent pas encore l’impact de ces dérives dangereuses car ils ne croient pas que la France qu’ils ont connu depuis 50 ans puisse un jour se transformer en une sorte de dictature de riches néolibéraux œuvrant pour des intérêts étrangers et méprisant au plus haut point le bon petit peuple de France. (Strategica 51)

    Liens :

    Inégalités et classes sociales en France

    La « crise » ou l’art d’échapper à la solidarité, Observatoire des inégalités, 22 mai 2013

    La France invisible des serviteurs, Observatoire des Inégalités, 4 mai 2017

    Qui sont les privilégiés en France ? Observatoire des inégalités, 11 fév 2019

    Comment évoluent les revenus des riches, des pauvres et des classes moyennes ? Observatoire des inégalités, 28 fév 2019


    Économie

    Richesse et pauvreté des nations, David S. Landes (recension), France Culture, 21 déc 2018

    Economics After Neoliberalism, Naidu, Rodrik, Zucman , Boston Review, Feb 15, 2019

    Editorial. Tout comprendre: la crise, les dettes, le populisme, Bruno Bertez, 5 mars 2019


    La santé économique de l'Allemagne

    Allemagne : la fin de la prospérité, Alternatives Economiques, 7 mars 2019

    La nouvelle question allemande, Elie Cohen, 13 mars 2019


    Zone Euro

    Retour de la politique industrielle, Charles Wyplosz, 4 mars 2019

    « Ce qui fait le lien social, c'est l'euro » - Entretien avec Michel Aglietta et Nicolas Leron, LVSL, 14 fév 2019

    “La tragédie de l’euro” ou l’incroyable bulle cognitive dans laquelle l’Europe s’est enfermée : interview exclusive de Ashoka Mody, auteur du livre économique de l'année 2018 aux Etats-Unis, Atlantico.fr, 2 fév 2019


    Pouvoirs financiers au XXe siècle

    Quand les banquiers se mêlent de politique, L'investisseur sans costume, 1 fév 2019


    Géopolitique

    L'Europe face à l'affolement du monde, entretien vidéo, Médiapart, 17 fév 2019


    Démocratie

    « La démocratie n'existe pas, c'est un principe vers lequel on tend », Usbek & Rica, 7 mai 2018

    25 ans d’insurrection zapatiste : « C’est une forme de démocratie réelle, radicale », Rapports de Force, 20 fév 2019

    Deuxième Appel des Gilets Jaunes de Commercy : l'assemblée des assemblées ! vidéo 6 minutes, 29 déc. 2018


    Référendum d'initiative citoyenne

    Élire, c'est renoncer à voter - pour un référendum d'iniative populaire, Mérome, 15 janv 2019

    RIC: Le débat inutile, Le blog de Descartes, 12 fév 2019

    Dufoing: “Vérités et mensonges sur le RIC”, L'inactuelle, 21 jan 2019


    Julia Cagé: « Le prix de la démocratie » (livre)

    Julia Cagé, Le prix de la démocratie, Arthur Jatteau, 14 janv 2019

    Le prix de la démocratie : entretien avec Julia Cagé, SES ENS, 15 mars 2019

    Julia Cagé: «La France tend de plus en plus vers la ploutocratie», , entretien vidéo, Médiapart, 17 janv. 2019


    Contrôle Social

    Loi “anticasseurs” : un député centriste dénonce un retour au “régime de Vichy”, L'Obs, 31 janv 2019

    France : le régime prépare des punitions collectives contre le peuple ou la dérive vers la tyrannie, Strategika 51, 31 janv 2019

    TRIBUNE. Loi “anticasseurs” : “Pourquoi nous, avocats, ne protestons-nous pas plus fermement ?”, L'Obs, 5 fev 2019

    Violences policières : un élu raconte, Ballast, 14 décembre 2018

    Comment le pouvoir reprend la main sur le savoir, Arthur Weidenhaun, LVSL, 18 déc 2018

    « Le sens de l'effort » (M6), ou comment « divertir » en humiliant de jeunes chômeurs, Acrimed, 7 mars 2019


    En Chine

    Surveiller pour punir : la notation des citoyens chinois, France Culture, 9 janv 2019

    Le crédit social. De l’utopie vertueuse à « Big Brother », QuestionChine.net, 11 mars 2019


    Shoshana Zuboff: « The Age of Surveillance Capitalism » (livre)

    Surveiller et prédire, La Vie des idées, 7 mars 2019

    Bienvenue dans l'ère du capitalisme de surveillance, France Culture, 7 mars 2019

    Un capitalisme de surveillance, Shoshana Zuboff, Le Monde diplomatique, janv 2019


    La fabrique de la réalité

    Gilets jaunes: ne croyez pas la télé! André Gunthert, 2 déc 2018

    Décryptualité du 18 février 2019 - Tout est faux (audio, 13 minutes), April, 19 fév 2019


    Michel Onfray sur l'élite et les gilets jaunes

    Butez-les jusque dans les chiottes! Michel Onfray, 8 janv 2018

    Une Légitime défense, Michel Onfray, 13 janvier 2019

    Le monologue de la pipe, Michel Onfray, 19 janv. 2019


    Juan Branco sur Macron

    Juan Branco désosse Macron, Là-bas si j'y suis, 21 déc 2018


    François Bégaudeau sur la bourgeoisie

    La bourgeoisie est-elle toujours en marche ? France Culture, 28 janv 2019

    Le Grand Oral de François Bégaudeau, écrivain et scénariste, RMC, 23 janv 2019


    Philippe Seguin, au temps du traité de Maastricht

    C'était l'époque de la fondation de l'Union Européenne :
    « La France n’est pas la France quand elle n’est plus capable, comme aujourd’hui, de par­tager équitablement les profits entre le travail, le capital et la rente, quand elle conserve une fiscalité à la fois injuste et inefficace, quand elle se résigne à voir régresser la solidarité et la promotion sociale, quand elle laisse se déliter ce qu’autrefois on appelait fièrement le creuset français et qui était au cœur du projet républicain ».

    Philippe Seguin, 5 mai 1992

    Tout change pour que rien ne change...

    Article 13 : signons la pétition contre la censure sécuritaire, appellons nos députés européens!

    En quoi consiste l'Article 13 ?

     

    La Quadrature du net : Réglement terroriste, Censure sécuritaire

    En septembre 2018, sous l’influence de la France et de l’Allemagne, la Commission européenne a proposé un règlement « relatif à la prévention de la diffusion en ligne de contenus à caractère terroriste ».
    Ce nouveau règlement imposera à tout acteur du Web (hébergeurs de blog ou de vidéos, sites de presse, petits forums ou grands réseaux sociaux) de :
    • Bloquer en une heure n’importe quel contenu signalé comme « terroriste » par la police (sans l’autorisation préalable d’un juge), et donc se tenir à sa disposition 24h/24 et 7j/7.
    • Devancer les demandes de la police en détectant lui-même les contenus illicites à l’aide d’outils de filtrage automatisé.
    Si un site ne respecte pas ces règles, il risque une amende jusqu’à 4 % de son chiffre d’affaires.

    Délégation de la censure aux géants du Web

    D’un point de vue technique, économique et humain, seule une poignée d’acteurs – les géants du Web – pourront respecter des obligations aussi strictes. Les autres acteurs (commerciaux ou non) n’auront d’autre choix que de cesser leurs activités ou de se soumettre aux outils de modération (filtrage automatique et listes de blocage) développés par Facebook et Google depuis 2015 avec le soutien de la Commission européenne.
    Ces multinationales deviendront donc les juges de ce qui peut être dit sur Internet. La structure riche, variée et décentralisée du Web est vouée à disparaître.

    Censure des discours politiques

    En droit de l’Union européenne, la notion d’infraction « terroriste » est volontairement large, couvrant les actes de piratage ou de destruction massive de biens (ou la simple menace de le faire) commis pour influencer une décision politique ou de déstabiliser des institutions.

    Laisser à la police et non au juge le pouvoir de décider ce qu’est un contenu de « terroriste » pourrait mener à la censure d’opposants politiques et de mouvements sociaux.
    L’obligation de mettre en place des mesures proactives, avec la menace de lourdes amendes, aura pour effet de motiver les acteurs du Web à adopter une définition du terrorisme la plus large possible pour ne pas être sanctionnés.

    Une loi inutile

    Ce règlement « anti-terroriste » ne permettra même pas d’atteindre son objectif affiché : empêcher que DAESH ou Al Qaeda diffusent leur propagande auprès des personnes déjà séduites par leurs discours.
    Il semble absurde de devoir encore le répéter : sur Internet, n’importe quelle loi de blocage peut être contournée par les personnes qui souhaitent accéder aux informations censurées. Les seuls effets de cette loi seront ses dommages collatéraux : le grand public n’aura certes plus à subir les contenus terroristes, mais il n’aura plus connaissance non plus des informations censurées abusivement.

    Exigeons le rejet du texte

    Sous couvert de solutionnisme technologique, ce règlement joue sur la peur du terrorisme pour mieux encadrer l’expression sur Internet et limiter les oppositions. Nous devons demander le rejet de ce texte.
    • La censure d’État ne doit pouvoir être prononcée que par un juge.
    • Aucune censure automatisée ne doit être imposée aux acteurs du Web.
    • La lutte contre le terrorisme ne doit jamais être un prétexte pour censurer les oppositions politiques.
    Le 21 mars 2019 se tiendra le premier vote sur ce texte, au sein de la commission « libertés civiles » du Parlement européen (60 députés). Les élections européennes arrivant tout de suite après, il s’agira probablement de notre dernière opportunité de faire rejeter ce texte.

    Appelez vos représentants au Parlement européen aujourd'hui, et dites-leur que vous ne voterez pour eux aux élections européennes  que s'ils votent contre les filtres de contenu : www.pledge2019.eu
    https://www.laquadrature.net/censureterro/

    Signez la pétition (près de 5 millions de signature) Arrêtez la machine de censure – Sauvez l’internet!

    https://savetheinternet.info/
    https://saveyourinternet.eu

    Pledge2019 : Les filtres de téléchargement vont dégrader l'Internet 

     

    Mauvais pour les utilisateurs

    • Censure automatisée : Tout ce que nous voulons poster devra préalablement être validé par un système faillible de filtrage a-priori
    • Moins d'activité en ligne : Des millions de sites, applications, vidéos et autres seront bloqués dans l'UE

    Mauvais pour les créateurs

    • La créativité bloquée : Les parodies, les critiques de films, les vidéos Let's Play, les mèmes et tout ce qui se base sur du matériel sous droit d'auteur seront bloqués par les filtres
    • Coupables jusqu'à preuve du contraire : Les créateurs devront se battre constamment pour contester les erreurs de filtrage

    Mauvais pour l'innovation

    • Des géants encore plus grands : Les géants de l'Internet seront les seuls à avoir les moyens de répondre aux exigences requises
    • Moins d'innovation : Moins de nouvelles applications et de sites seront créés dans l'UE en raison des risques trop élevés

    Transcription de la vidéo

    L'Internet ouvert que tout le monde connaît et aime, où tout le monde peut participer, n'existera bientôt plus. Les politiciens européens sont sur le point de voter une loi qui, d'après eux, est supposée combattre les copies non autorisées. Dans ce but, ils sont sur le point de faire un changement radical qui nous affecterait tous.

    Tout se résume à la question clé : Qui est responsable pour les fichiers illégalement mis en ligne sur Internet ?

    Jusqu'à présent, la personne qui met en ligne des copies illégales est également la seule qui soit responsable du contenu. L'application ou le site web sur lequel ils envoient ces données n'est pas responsable - à moins qu'ils ne fassent rien après en avoir été informés. C'est comme lorsqu'un crime est organisé par téléphone  cela ne rend pas la compagnie de téléphone responsable.

    La législation actuelle est cohérente, de nos jours tout le monde peut communiquer et échanger avec le monde entier. Il est tout bonnement impossible pour les sites web d’examiner manuellement chacune des milliards d'images, de vidéos, de textes, de fichiers sonores que nous mettons en ligne. Mais c'est exactement ce que les politiciens veulent changer.  Dans le futur, dès qu'un contenu sera mis en ligne, le site sera responsable au même titre que la personne qui l'a envoyé.

    « Et alors ? », pourriez-vous penser, en quoi est-ce un problème ? Parce qu'alors, la seule possibilité pour les sites de respecter la loi serait de vérifier chaque contenu envoyé par chaque utilisateur ou utilisatrice. S'assurant ainsi qu'il n'enfreint aucun droit d'auteur, dans le monde entier. **S'ils ne ne peuvent s'en assurer, alors le contenu ne sera pas publié**.

    Mais il y a pire. Cette nouvelle loi n'exige pas uniquement quelque chose de techniquement impossible. C'est aussi une menace contre l'un de nos droits fondamentaux : la liberté d'expression sans censure injustifiée. Mais aucun programme ne peut à coup sûr indiquer si une parodie, un commentaire ou un remix est conforme, ou non, au droit d'auteur. Pour l'instant, ces considérations sont examinées par des avocats, des juges, lors de procès. Et cependant les sites web devraient, d'une manière ou d'une autre, le faire automatiquement des millions de fois par jour. Afin d’éviter d’énormes amendes, les plateformes devront filtrer très de manière très strictes et beaucoup de contenus parfaitement légaux seront bloqués par ces filtres. Mais malheureusement la faisabilité technique et la censure ne sont pas les seuls problèmes.

    Avant même que la loi ne passe, la Commission européenne a déjà présenté une loi allant encore plus loin. Cette loi exigerait des filtres pour les prétendus « contenus extrémistes », chaque publication devant être soumise à des organismes gouvernementaux d'aplication de la loi (forces de l’ordre). Il s’agit ici de rien moins que d'une censure automatisée de l'Internet d'envergure européenne.

    Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? Si nous n’agissons pas maintenant, il se pourrait que l’Internet européen soit expurgé de tout contenu provocateur, surprenant, étrange ou enrichissant.

    Les grands gagnants avec cette loi seraient les entreprises multimilliardaires comme Google ou Facebook, car leurs budgets leur permettraient de mettre en œuvre ces nouvelles directives. Toutes les plateformes plus petites ne pourraient continuer à offrir leurs services qu’en utilisant des filtres fournis par les grandes sociétés. Les plus petites entreprises devraient fournir leurs données, ce qui augmenterait encore le pouvoir des grands acteurs. C’est nous tous qui serions perdants avec cette nouvelle législation, car les structures qui font la grande diversité d'Internet aujourd’hui ne se relèveraient pas du coup porté par cette loi.

    Si vous voulez arrêter ce pitoyable et misérable FILTERNET, vous devez agir – MAINTENANT !

    Ces sites web vous indiqueront comment.

    Appelez vos représentants au Parlement européen aujourd'hui, et dites-leur que vous ne voterez pour eux aux élections européennes  que s'ils votent contre les filtres de contenu : www.pledge2019.eu
    https://www.laquadrature.net/censureterro/

    Signez la pétition Arrêtez la machine de censure – Sauvez l’internet!

    Résumé de nos arguments
    1. l’autorisation préalable d’un juge est une garantie indispensable contre la censure politique
    2. la notion de « terrorisme » est si large que, laissée à l’interprétation d’acteurs privés, elle conduira à une censure de discours politiques
    3. les obligations prévues sont si strictes que tous les acteurs du Web devront se soumettre aux outils de modération de Google et Facebook, renforçant le monopole et la puissance nocive de ces derniers
    Réponses aux contre-arguments (nos réponses détaillées ici)
    1. « ne seront censurés que les contenus terroristes les plus graves »
      • la seule façon de le garantir est de prévoir le contrôle indépendant d’un juge
    2. « le règlement ne dit pas explicitement que la censure se fera sans juge »
      • il n’impose pas non plus que la censure soit autorisée par un juge ; en France, c’est déjà la police qui censure les contenus qu’elle considère terroristes, sans juge
    3. « Internet favorise la radicalisation terroriste »
      • les seules études disponibles sur la question expliquent qu’aucune preuve ne le démontre ; dans tous les cas, ce règlement ne peut pas techniquement empêcher DAESH ou Al Qaeda de communiquer avec leurs partisans
    4. « on ne peut pas ne rien faire contre le terrorisme »
      • cela n’implique pas de faire n’importe quoi, juste pour le symbole, dans la précipitation afin d’avoir un texte avant les élections européennes

    Michel Barnier sur le Brexit


    Michel Barnier, cité dans "Le Point" à l'été 2016, avis aux Italiens et autre Frexiteurs, bienvenue en autoritarisme.

    Encore Hotel California.

    Secteur manufacturier, Allemagne = France + Italie + Royaume-Uni

    Le secteur manufacturier allemand représente le poids conjugué de la France, de l'Italie et de la  Grande-Bretagne réunies (h/t Bruno Bertez).

    Union Européenne - Production manufacturière, valeur ajoutée brute en milliards d'euro au 4ème trimestre 2017

    Opinion : Pierre Leconte sur les politiques économiques européennes

    Les politiques de l’offre, comme celles de Hollande et de Macron, prenant place dans des économies ouvertes mondialisées, dans lesquelles il y a toujours quelqu’un de plus compétitif que vous quelque part dans le monde à moins de disposer de situations monopolistiques inattaquables assez rares, ne fonctionnent plus parce que plus vous rendez hyper compétitives vos propres entreprises, en particulier par la baisse massive des salaires de vos employés, et que vous augmentez les impôts des particuliers pour pouvoir offrir aux entreprises une réduction de leurs charges, moins elles peuvent se développer faute de demande solvable dans leur pays, laquelle présuppose au contraire une nette augmentation des salaires et une baisse massive des impôts, voire un protectionnisme intelligent pour protéger les productions qui ne peuvent plus subsister sans être lessivées par la concurrence étrangère déloyale, du fait des dévaluations compétitives monétaires par exemple, ainsi que Donald Trump l’a compris et a commencé de l’appliquer aux USA. Sans augmentation de leurs carnets de commande, les entreprises ne se développent pas et le chômage de masse s’accroit, ce qui ruine tout le monde y compris l’État, c’est donc vers des politiques de la demande c’est-à-dire de hausse du pouvoir d’achat et de protectionnisme limité qu’il faut s’orienter.
    [...]
    Il importe aussi de revenir en Europe du Sud et en France aux monnaies nationales par nature flexibles (dévaluables en cas de besoin) parce que l’euro monnaie unique, en réalité un mécanisme ultra rigide de taux de change fixes entre des pays dont les économies divergent de plus en plus (l’Allemagne et la Grèce par exemple, aux deux bouts du spectre, ne peuvent pas conserver la même monnaie sans ruiner la seconde au profit de la première), entretient leur absence de compétitivité et des pressions déflationnistes insupportables. Mais tout cela doit être fait en concertation entre les différents membres de la zone euro pour ne pas tout déstabiliser.
    Le suicide de la classe politique française, qui a déjà des conséquences dramatiques pour la France, est constitutif d’une crise de régime qui pourrait finalement la détruire Pierre Leconte, 22 mai 2017.

    Europe : prendre en compte la démographie

    "Les questions démographiques obligent à l’intégration du temps long, et l’on peut raisonner à l’échelle d’une génération. Pourtant, en Europe, la démographie devrait constituer un enjeu clé, de par ses aspects sociaux (dénatalité, vieillissement de la population, politiques familiales…) et ses aspects économiques (manque de main d’œuvre, effets propres à l’immigration…). On l’a d’ailleurs vu grandeur nature en 2015, l’Allemagne créant un immense appel d’air au profit des migrants du Proche-Orient (plus d’un million pour cette seule année), par compassion mais aussi par souci de financer les retraites grâce à une main d’œuvre directement utilisable. La démographie est donc au centre-même d’interactions considérables. Du coup, les responsables politiques exercent-ils vraiment leurs responsabilités ?"

    L'Europe va mal avec Guillaume Duval [vidéo]

    L'analyse de Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, sur la situation politique et économique en Europe et en France, et les pistes pour sortir de la crise.

    L'Europe va mal car elle est essentiellement une Europe des marchés où il s'agit donc d'être compétitif, se battre contre les autres; cela se résume à baisser le cout du travail. Du coup tout le monde le fait, la baisse des salaires entraine la baisse de la demande, le non investissement et finalement la récession.

    Après les biens ont été essentiellement libéralisés, les flux financiers l'installation des entreprises et les échanges de services sans faire d’avantage d'harmonisation fiscale et sociale. En plus du dumping fiscal, il y a eu dumping social avec l'installation des pays de l'est et leur concurrence de bas salaires.

    La monnaie unique a été une transmission à l’échelle supranationale d'un élément de souveraineté nationale. Une clause de no bail-out a été imposé par les allemands pour l'institution de l'euro. Depuis, des choses importantes ont été faites pour corriger les défauts de la zone euro comme la création d'un fond commun de sauvetage et l'union bancaire.

    Le policy mix est contradictoire, la BCE subventionne la finance et les banques alors que les états font une politique budgétaire d'austérité : hausse des impôts, baisse de la dépense publique et baisse du coût du travail. La baisse de la demande qui en résulte ne donne pas aux entreprises d'investir. Il n'y a pas non plus de mise à disposition d'argent pour de grands investissements.

    Cela entraine des votes euro-sceptiques et ne relance pas l'activité, la zone euro à 350 milliards d’excédents soit 3.5% de son PIB. Une somme que nous pourrions dépenser dans l'éducation et la transition énergétique. Quant au brexit: depuis 10 ans au Royaume-Uni, les salaires réels diminuent donc le discours anti-immigration fonctionne bien.

    Principale problème de l'évolution de l'Union européenne: l’attitude des français qui ne bougent pas et ne font rien pour que l'Europe change. Les politiques français ont tendance à croire que l'Allemagne à raison et que l'on ne peut rien faire contre. Au contraire, Guillaume Duval pense que la France a de sacrés cartes à jouer : en ce qui concerne la sécurité extérieure, nos rapports avec la méditerranée et la défense, la France a des atouts à faire valoir et à proposer pour faire avancer l'Europe et imposer sa volonté.

     Pour M. Duval il faut mutualiser les coûts. La transition énergétique a été stoppé par l'austérité budgétaire. Cette transition énergétique est indispensable pour conserver notre modèle social, comme nous sommes la zone la plus anciennement industrialisée nous avons déjà consommé nos ressources fossiles. A chaque fois que l'économie repart les prix des énergies fossiles remonte et cela constitue un drainage de richesse vers l’extérieur. Les investissements devraient être de l'ordre de 1000 milliards d'Euros.


    L'erreur fatale qui pourrait condamner le projet européen

    L'erreur fatale qui pourrait condamner le projet européen par Matthew C Klein | 17/09/2014


    source : The fatal flaw that could doom the European project


    Il y a eu beaucoup de tentatives avortées pour unifier le continent européen par la force.

    Récemment, les politiciens ont essayé de le faire pacifiquement, avec un succès limité. L'Union européenne dispose d'une bureaucratie complexe et d'un parlement élu qui ensemble, supervisent tout, des noms de fromages aux affaires étrangères. La majorité de l'Union Européenne partage une monnaie et une politique monétaire, ainsi qu'une autorité bancaire commune.

    Mais ces institutions supranationales sont de plus en plus impopulaires au sein des Européens. Une nouvelle étude présentée par Luigi Guiso, Paola Sapienza et Zingales Luigi, lors du colloque semestriel de la «Brookings Institution » sur l'activité économique, suggère que la stratégie habituelle pour promouvoir l'intégration a abouti à une impasse. Au lieu de «plus d'Europe», la tendance dans un avenir proche pourrait être la renaissance du nationalisme.

    De l'Allemagne et de l'Europe selon Emmanuel Todd

    Au lendemain des élections européennes et ukrainiennes, quel avenir se dessine pour l'Europe ?

    L'Ukraine et l'Europe :
    "Le point commun un peu ironique qu'on peut trouver entre l'Ukraine et l'Europe, c'est que ce sont deux systèmes en désintégration, l'Ukraine étant bien sûr dans un état plus critique. En intégrant la question russe (à travers la situation ukrainienne) dans la question européenne, c'est comme si on vivait le match retour de 1990 et la dissolution de l'URSS. Aujourd'hui l'Europe se désintègre, alors que la Russie est retombée sur ses pieds et se rélève."

    La question de l'euro et l'avenir de l'Europe :
    "On est dans une situation impossible. La monnaie unique ne marchera jamais. C'est un contre-temps historique. Le problème vient d'une autre impossibilité : les dirigeants européens et français n'accepteront jamais d'en sortir, par lâcheté ou naïveté.

    C'est pourquoi je regarde si attentivement vers l'Ukraine. L'Europe est peut-être allée chercher sa mort en Ukraine. Celle-ci va continuer à se désintégrer et ce sera à cause de l'Europe et non de la Russie. La première ne fait que lui piquer sa main d'oeuvre qualifiée, tandis que la seconde, si elle annexe des morceaux de son territoire, c'est pour les intégrer et les faire évoluer.

    "Dans la partie orientale de l'Europe, les gens ne s'intéressent pas au monde, c'est une zone de non-construction étatique, de violence. Quelque chose de maléfique est en train de se préparer là-bas."

    Ukraine

    En guise d'accroche

    Deux monologues parallèles. Imperturbablement parallèles, et hermétiques à tout fait sortant du cadre. Ce qui est peut-être la meilleure définition de l'esprit de guerre. Prenons par exemple deux informations, relativement indiscutables aujourd'hui. Première info : le régime de Kiev bombarde son propre peuple, faisant des centaines, des milliers peut-être, de victimes civiles, femmes, enfants, vieillards. En entendez--vous parler aux infos du matin ou au JT ? En voyez-vous les photos, insoutenables ? Deuxième info : oui, des soldats russes combattent clandestinement en Ukraine, avec un statut encore mal connu. En entendez-vous parler sur les blogs de Sapir et Berruyer ? C'est l'impossibilité de gérer ces deux informations en même temps, de leur donner le même statut, la même importance, de les considérer avec un esprit critique égal, de les admettre à égalité comme potentiellement vraies ou fausses qui, d'un 14 l'autre, définit l'état de guerre dans le têtes

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