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Vite lu, vite vu du Dimanche 19 déc. 2021

Au sommaire

  • La neutralité carbone c'est du flan
  • Revenus et émissions de gaz à effet de serre
  • France, prix de l'énergie : fermeture de sites industriels
  • Chine : restriction sur les engrais, conséquences globales
  • « Métamorphose ou déchéance. Où va la France ? »
  • Économie, immigration, justice et affaires - quelques actus
  • Comprendre la multiplication des pains
  • Concentration des médias: l’urgence d'agir
  • Coronavirus : lien statistique entre concentration en CO2 et prévalence des infections à l'école
 

Vite vu, décembre 2020

 

Rapport sur les écarts d'émissions, UNEP, 9 déc 2020

 Lecture du graphique de droite :

  • Le 1% des plus riches en terme de revenu produit 15% des émissions de carbone.
  • Les 10% des plus riches en terme de revenu produisent 48% des émissions de carbone.
  • Les 40% suivant produisent 44% des émissions de carbone.
  • Le 50% restant (les moins riches) produisent 7% des émissions de carbone. 

 

Attaques et décès dus au terrorisme par région, 2002-2019, Le Grand Continent


Afrique du Nord Moyen-Orient 96 000 morts vs Europe 2 500 décès.

Covid-19 et changement climatique, les mêmes causes

La pandémie de la Covid-19 et le réchauffement climatique ont des causes communes que l’on peut rassembler sous l’expression « l’exploitation de la terre par les sociétés humaines ». La déforestation qui est le deuxième facteur du réchauffement climatique met en contact des espèces sauvages avec les animaux domestiques et l’homme. L’augmentation des températures fait se déplacer les espèces animales vers des zones à plus fortes densités démographiques. Ces deux facteurs donnent aux virus séjournant chez les animaux sauvages plus de probabilité de trouver des hôtes humains.

L’épilogue de « Contagion » (2011) (bande-annonce), film inspiré par l’infection à virus Nipah, montre le lien entre l’exploitation des écosystèmes par les sociétés humaines et la survenue d’une épidémie :


« La pandémie mondiale de Covid-19 est la 6ème depuis la pandémie grippale de 1918. Les preuves scientifiques montrent que les pandémies deviennent plus fréquentes et plus meurtrières. Presque toutes les pandémies connues et 70 % des maladies émergentes trouvent leur origine dans des microbes transportés par des animaux. Mais l’émergence des pandémies est entièrement due aux activités humaines. Ces mêmes activités humaines qui sont à l’origine du changement climatique et de la perte de biodiversité sont également à l’origine du risque de pandémie à travers leurs impacts sur notre environnement.

Il s’agit notamment :

  1. Du changement d’utilisation des terres;
  2. De l’expansion et de l’intensification de l’agriculture;
  3. Du commerce, de la production et de la consommation non durables.

Cette exploitation non durable de l’environnement rapproche la faune sauvage, le bétail et les hommes... Et c’est la voie vers les pandémies. Le changement d’utilisation des terres est à lui seul responsable de plus de 30 % des nouvelles maladies depuis 1960. Et 3/4 de la surface terrestre est altérée de manière significative par les actions humaines. Le risque de pandémie peut être réduit en s’attaquant à bon nombre des mêmes facteurs que ceux de la perte de la biodiversité et du changement climatique... Pour un coût estimé à 100 fois inférieur à celui des conséquences économiques actuelles des pandémies. Les preuves scientifiques accablantes indiquent une conclusion très positive : mieux vaut prévenir que guérir (et c’est moins cher) ! »


Revue de web :

    Baisse des émissions de gaz à effet de serre vs activité économique, l'exemple de la pandémie

    [rédigé mi-octobre, ce post est plutôt une longue litanie des méfaits des décisions prises pour lutter contre la pandémie et n’est pas à jour des effets de la deuxième vague]

    Lutter efficacement contre le réchauffement climatique est une chimère ou alors il faudrait faire le deuil de notre monde, deuil littéral de milliards d’habitants, deuil économique de niveau de vie et donc de façon de vivre.

    Baisse des émissions de gaz à effet de serre en 2020

    Selon un rapport du programme des Nations-Unis pour l’environnement publié le 26 novembre 2019 (page 10), le monde devrait chaque année réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’environ 7 % pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C (réduction de 3 % pour limiter la hausse à 2 °C).

    Dans un article publié le 14 octobre dernier dans Nature Communication, une équipe de scientifique du climat évalue la baisse mondiale des émissions de CO2 pour le premier semestre 2020 à 8,8 % (par rapport au premier semestre 2019), baisse du aux mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

    Émissions quotidiennes mondiales de CO2 2019-2020 (Liu et al. 2020)

    Ce que j'ai lu, oct-nov 2020

    « Ce serait une consolation pour notre faiblesse et nos œuvres si toutes choses devaient périr aussi lentement qu’elles adviennent ; mais il est ainsi, la richesse est lente, et le chemin de la ruine est rapide. » Sénèque

    « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien en toi qu’en autrui, toujours comme une fin et jamais simplement comme un moyen. » Immanuel Kant

    (Énergie) Nous sommes des homo sapiens sapiens qui n’ont cessé d’évoluer face aux pressions exercées par notre environnement. Les maladies, les famines, les prédateurs et les climats difficiles sont des régulateurs de l’évolution. Pour toutes les espèces, survivre est un but sans fin et la recherche d’énergie reste essentielle, tant pour se nourrir que pour se protéger. Alfred Lotka a démontré dans les années 1920 que l’évolution biologique dépend de cette énergie, bien qu’elle se tarisse de manière irréversible avec l’entropie. L’espèce humaine a dû faire preuve d’ingéniosité pour lutter contre ce phénomène inévitable en se fabriquant des outils, des technologies et des institutions économiques (ex. le troc, les marchés) lui permettant de gérer les ressources dont elle a besoin. L’économiste Nicholas Georgescu-Roegen fut le premier, dans les années 1970, à nous avertir que les systèmes socioéconomiques et la raréfaction énergétique (l’entropie, donc) sont intimement liés et déterminent les grandes phases de prospérité et de déclin des civilisations. Ces cycles s’appuient sur l’usage de ressources abondantes à certaines époques auxquelles se sont greffées des technologies capables de les transformer. Ces technologies sont nommées par l’auteur des « technologies prométhéennes », un terme faisant référence au titan Prométhée de la mythologie grecque ayant volé le feu aux dieux au profit des hommes.

    (Nerf de la guerre, podcast) La question de l’énergie est l’une des plus essentielles de notre époque, et pourtant elle est souvent incomprise, ou même simplement mise de côté. Nos économies, nos sociétés, nos modes de vie, notre capacité à innover, les jeux géopolitiques…

    (Chaud mortel) Les engagements pris en 2015 par les 195 pays parties prenantes de l’accord de Paris, dont 169 l’ont à ce jour ratifié, ne permettront que d’accomplir « approximativement un tiers » du chemin, préviennent les rapporteurs. À supposer que tous les États respectent l’intégralité de leurs promesses, parfois conditionnées à l’obtention de financements internationaux et de surcroît non contraignantes, la Terre s’achemine aujourd’hui vers une hausse du thermomètre de 3 °C à 3,2 °C à la fin du siècle.
    [3 °C d’augmentation en moyenne sur la planète, c’est le double sur les continents…]

    Changement de température d'ici la fin du siècle, Université de Stanford (2013)

    L'OMS reconnait la possibilité d'une transmission du Sars-Cov-2 par aérosol

    (Mis à jour le 18 juillet)

    Le 6 juillet, un groupe international de 239 cliniciens, médecins spécialistes des maladies infectieuses, épidémiologistes, ingénieurs et spécialistes des aérosols, signait une lettre ouverte exhortant la communauté médicale et les autorités de santé publique à reconnaître le potentiel de transmission du Sars-Cov-2 par voie aérienne.

    Dans une note scientifique publiée le 9 juillet, l'OMS reconnait pour la première fois, la possibilité d'une transmission du Sars-Cov-2 par aérosol (particules en suspension dans l'air) tout en affirmant que des études doivent être effectuées pour disposer de preuves suffisantes. Dans ce dossier l'institution admet également que les personnes asymptomatiques peuvent transmettre le virus.

    Revue de web

    The Coronavirus Can Be Airborne Indoors, W.H.O. Says, Apoorva Mandavilli, The New York Times, July 9, 2020

    Covid-19 : la diffusion par aérosol, une menace plus grande que l’OMS ne le supposait, The Conversation, 13 juillet 2020


    Transmission du Sars-CoV-2 : implications pour les précautions quant à la prévention de l'infection   (anglais), note scientifique , OMS, 9 juillet 2020

    Extraits traduits automatiquement, gras de mon fait, se référer au document en anglais pour les nombreuses références.

    (...)

    Modes de transmission

    (...)

    Contact et transmission par gouttelettes

    La transmission du CoV-2-SARS peut se faire par contact direct, indirect ou étroit avec des personnes infectées par des sécrétions infectées telles que la salive et les sécrétions respiratoires ou leurs gouttelettes respiratoires, qui sont expulsées lorsqu'une personne infectée tousse, éternue, parle ou chante. Les gouttelettes respiratoires ont un diamètre >5-10 μm alors que les gouttelettes de <5μm de diamètre sont appelées (...) aérosols. La transmission par gouttelettes respiratoires peut se produire lorsqu'une personne est en contact étroit (dans un rayon de 1 mètre) avec une personne infectée qui présente des symptômes respiratoires (par exemple, toux ou éternuements) ou qui parle ou chante ; dans ces circonstances, les gouttelettes respiratoires qui contiennent le virus peuvent atteindre la bouche, le nez ou les yeux d'une personne sensible et peuvent entraîner une infection. La transmission indirecte par contact impliquant le contact d'un hôte sensible avec un objet ou une surface contaminée (transmission par fomites [1]) peut également être possible (voir ci-dessous).

    Transmission par voie aérienne

    Il est temps de se préoccuper de la transmission aérienne de la COVID-19 - lettre ouverte

    « En mai, les directives du ministère allemand de la santé ont été modifiées pour indiquer explicitement que "les études indiquent que le nouveau coronavirus peut également être transmis par aérosols ... Ces aérosols peuvent rester en suspension dans l'air pendant de longues périodes et peuvent potentiellement transmettre des virus. Les pièces contenant plusieurs personnes doivent donc être ventilées régulièrement". (...)
    Un porte-parole du groupe scientifique consultatif pour les urgences du Royaume-Uni déclare que les preuves de la transmission par aérosols sont faibles dans certaines situations, mais le groupe recommande néanmoins "que les mesures de contrôle de la transmission incluent celles qui ciblent les voies de transmission des aérosols". Lorsque le Royaume-Uni a revu ses directives en matière de distance sociale, il a conseillé aux gens de prendre des précautions supplémentaires dans les situations où il n'est pas possible de rester à 2 mètres de distance. Ces conseils comprennent des recommandations sur le port d'un masque facial et sur la nécessité d'éviter les interactions face à face, la mauvaise ventilation et les conversations ou chants bruyants. »
    Mais l'OMS n'a toujours pas modifié ses recommandations. Le 6 juillet, 239 scientifiques ont signé une lettre ouverte enjoignant les autorités sanitaires à prendre des mesures quant à la transmission aérosol du Sars-Cov-2.

    Traduction automatique d'un commentaire invité paru dans un journal médical. Consulter l'article original pour accéder aux références : Lidia Morawska, Donald K Milton, It is Time to Address Airborne Transmission of COVID-19, Clinical Infectious Diseases, ciaa939, https://doi.org/10.1093/cid/ciaa939


    Nous appelons la communauté médicale et les organismes nationaux et internationaux compétents à reconnaître le potentiel de propagation aérienne du COVID-19. Il existe un potentiel important d'exposition aux virus par inhalation dans des gouttelettes respiratoires microscopiques (micro gouttelettes) à courte ou moyenne distance (jusqu'à plusieurs mètres, ou à l'échelle d'une pièce), et nous préconisons l'utilisation de mesures préventives pour atténuer cette voie de transmission par voie aérienne.

    Quatre scénarios pour la période post-confinement


    « Le Conseil scientifique estime que les différents scénarios doivent faire l’objet d’une communication active afin de bien éclairer les français sur l’avenir et de recueillir leurs opinions. »

    Extraits : 4 SCENARIOS POUR LA PÉRIODE POST-CONFINEMENT - ANTICIPER POUR MIEUX PROTÉGER, Avis n°7 du Conseil scientifique COVID-19, 2 juin 2020

    (...)

    Cet  avis  a  pour  objectif d’identifier les différents scénarios probables dans  la  période  de post-confinement  et  de  préparer et d’anticiper les  mesures  à  mettre  en  place  selon  les différents scénarios.


    Résumé

    La période du confinement a permis de ralentir la dynamique de l’épidémie de façon marquée. Le niveau faible de circulation du virus doit être mis à profit pour préparer les différentes structures de l’État à affronter une éventuelle reprise de l’épidémie quelle qu’en soit la forme. L’anticipation est en effet un atout majeur permettant d’éviter l’apparition d’une « deuxième vague » aussi massive que celle subie début 2020. 

    1. Pour préparer la France à la suite de l’épidémie et en diminuer les conséquences, le Conseil scientifique a établi 4 scénarios probables prenant en compte la situation actuelle et les connaissances acquises depuis le début de l’épidémie. Ces scénarios permettent d’établir et de proposer des mesures à prendre dans chacune de ces situations. Les mesures doivent être élaborées dès maintenant pour être opérationnelles lorsque cela sera nécessaire.

    2. Les connaissances concernant cette épidémie ont progressé en France comme à l’étranger. Les populations à risques de formes graves ou de décès sont mieux connues : l’âge et certaines comorbidités apparaissent comme des facteurs de risque de formes graves de COVID-19 avec des taux de létalité importants. La précarité est un autre facteur de risque documenté plus récemment dans plusieurs pays et retrouvé en Ile de France. Enfin, l’épidémie a touché plus durement les zones à forte concentration de population et certaines régions plus que d’autres, sans que l’on puisse donner d’explication à cette disparité.

    Parallèlement des indicateurs ont été consolidés pour permettre le suivi de l’épidémie et de nouveaux indicateurs fondés sur la réalisation des tests, l’identification des cas et de contacts sont mis en place. Ces différents indicateurs doivent permettre de détecter des signaux le plus précocement dans l’évolution de l’épidémie

    3. Pour construire les scénarios présentés ci-dessous, le Conseil scientifique a appliqué la méthode des scénarios prospectifs avec la contrainte opérationnelle d’éviter le confinement généralisé en cas de reprise de l’épidémie.

    Sur la base de la situation telle qu’elle est constatée en fin de période de confinement, l’élaboration de ces scénarios a amené le Conseil scientifique à proposer un plan de Prévention et de Protection renforcées (P2R COVID) en 7 volets permettant de préparer des mesures qui pourront être activées graduellement ou massivement selon les caractéristiques de l’épidémie dans les semaines et mois qui viennent.

    Ce plan doit être adapté au risque de formes graves et de décès tel qu’il peut être estimé sur la base des connaissances actuelles, proportionnel au risque tel qu’il peut être appréhendé sur la base des données scientifiques disponibles, fondé sur un principe de solidarité en limitant leur application à certains secteurs les plus touchés ou à des personnes les plus à risque mais dans l’intérêt général, anticipé et partagé par les différentes populations concernées et compatible avec un impact limité sur la vie sociale, l’activité économique et sur le système de santé. 

    4. Le Conseil scientifique a identifié quatre scénarios
    possibles à court ou à moyen terme. Chacun d’eux doit pouvoir être identifié à partir d’indicateurs plus ou moins précoces. Le diagnostic de la situation associera aux indicateurs quantifiés des informations plus qualitatives, notamment locales. 

    La survenue des scenarios n’est pas nécessairement successive, des scenarios critiques pouvant survenir d’emblée, demandant alors une réaction rapide reposant sur l’activation de mesures établies à l’avance. Le temps de réaction est un paramètre déterminant dans le contrôle de l’épidémie.
     
    Les quatre scénarios identifiés par le Conseil scientifique devront être actualisés en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques et des exigences opérationnelles. A cet égard, le Conseil scientifique souligne la nécessité d’une gouvernance claire, opérationnelle et en partie territorialisée. Cette gouvernance devra inclure des compétences scientifiques et sanitaires, mais aussi interministérielles et plus largement institutionnelles. L’association d’acteurs de la société civile et de la vie économique est de nature à renforcer sa légitimité ainsi que l’adhésion aux mesures envisagées dans chaque scénario. 

    (i) Le premier des quatre scenarios est le plus favorable. C’est celui d’une épidémie sous contrôle au vu des indicateurs disponibles, associée à l’occurrence de clusters localisés pouvant être maitrisés. En présence du virus, ce scenario nécessite cependant un maintien des mesures de lutte contre l’épidémie. 

    (ii) Plus défavorable, le deuxième scenario verrait apparaître des clusters critiques, laissant craindre une perte de contrôle des chaînes de contamination, et donc du contrôle de l’épidémie elle-même. Ce scénario exigerait des mesures strictes, précoces et localisées, afin d’éviter une perte de contrôle plus large de l’épidémie. 

    (iii) Le troisième scenario, ferait basculer une situation contrôlée vers une reprise progressive et à bas bruit de l’épidémie, plus difficile à identifier. Des indicateurs se dégraderaient alors sans que les chaînes de contamination puissent être identifiées, ni a fortiori contrôlées. Ce scenario exigerait des mesures strictes ainsi que l’activation rapide de plusieurs mesures du P2R-COVID. Les mesures à prendre pourraient encore être envisagées à une échelle régionale si les indicateurs le permettent ou au niveau national.
     
    (iv) Enfin, dans le quatrième scénario, la dégradation critique des indicateurs traduirait une perte du contrôle de l’épidémie, et exigerait des décisions difficiles, conduisant à choisir entre un confinement national généralisé, permettant de minimiser la mortalité directe, et d’autres objectifs collectifs, économiques et sociaux, s’accompagnant alors d’une importante mortalité directe.

    5. Au total 4 scénarios probables peuvent être identifiés à partir du la fin de levée du confinement. Pour les identifier, il est nécessaire que les indicateurs mis en place soient stabilisés dans leur alimentation et leur production pour pouvoir en interpréter les variations.  Ces scénarios doivent permettre de mettre en œuvre des mesures pour éviter une reprise brutale de l’épidémie nécessitant un nouveau confinement. C’est dans cette optique que le Conseil scientifique propose d’élaborer dès maintenant, avec les acteurs notamment territoriaux, un plan de Prévention et de Protection rapprochées, le P2R-Covid, permettant d’activer le plus rapidement possible les mesures appropriées.

    Covid-19 : stratégies de traçage de contacts pour préparer une éventuelle vague automnale

    Cadre de raisonnement et mesures à prendre pour se préparer à une éventuelle vague épidémiologique à l'automne [Synthèse], Fil twitter d'Yvon Le Flohic, médecin généraliste, 26 mai 2020

    Pourquoi certains patients COVID-19 infectent-ils beaucoup, alors que la plupart ne propagent pas du tout le virus ?

    Pourquoi certains patients COVID-19 infectent-ils beaucoup, alors que la plupart ne propagent pas du tout le virus ? Kai Kupferschmidt, Science, 19 mai 2020

    Extraits traduits :

    « La pandémie de COVID-19 a donné lieu à des "événements de forte diffusion". Une base de données de Gwenan Knight et de ses collègues de la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM) a répertorié une épidémie dans un dortoir pour travailleurs migrants à Singapour, liée à près de 800 cas ; 80 infections liées à des concerts à Osaka, au Japon ; et un regroupement de 65 cas du à des cours de zumba en Corée du Sud. Des clusters sont également apparues à bord de navires, dans des maisons de retraite, des usines de conditionnement de viande, des stations de ski, des églises, des restaurants, des hôpitaux et des prisons. Parfois, une seule personne infecte des dizaines de personnes, tandis que d'autres clusters se développent par plusieurs étapes de propagations et dans plusieurs lieux.
    (...)

    Covid-19: maitriser les évenements en lieu clos pour éteindre l'épidémie ?

    Yvon Le Flohic médecin généraliste, commente  l'article de la Charente Libre  « Il n’y aura pas de deuxième vague : deux scientifiques français expliquent leur thèse » sur Twitter :

    [passages en gras de mon fait]
    « Il y a effectivement une possibilité d’absence de deuxième vague, mais pas pour des raisons d’immunisation de l’ensemble de la population. Les premières études sérologiques et en population par rtPCR ayant démontré une absence d’immunité populationnelle ; il faut toutefois se rappeler que ce virus n’est pas très contagieux en population générale et que certains « ensemencements » n’ont pas pris. Par exemple la souche qui a démarré dans le Grand Est (église évangélique) n’a pas essaimé en France, mais à l'international, la souche Ile-De-France-Bretagne est différente. Les études génomiques  Nextstrain montrent que certaines villes ont eu de multi imports (Washington) quand d’autres ont eu une épidémie due a probablement un seul import (New York). Il faut raccrocher conceptuellement ces éléments avec ce qui est constaté sur le mode de propagation de ce virus qui est principalement lié à des épisodes en lieu clos (principalement, donc pas non plus uniquement).

    Covid-19 : transmission, risques et prévention [revue de web]

    "Tant que 60 à 70 % de la population ne sera pas immunisée, l’épidémie poursuivra sa course morbide, peut-on lire dans les publications scientifiques et les articles de presse, d’un bout à l’autre de la planète. Depuis le début de l’épidémie, cet horizon semble faire consensus. Le problème, c’est que les modèles utilisés pour fixer ce seuil s’appuient sur une épidémie qui ressemblerait à la grippe, où nous aurions grosso modo tous la même probabilité d’infecter n’importe quel autre individu. Ce qui s’avère très loin de ce que nous observons actuellement. En s’appuyant sur de nouveaux modèles, des chercheurs revoient à la baisse ce seuil d’immunité collective. Ils le revoient tellement à la baisse que leurs publications font l’effet d’un pavé dans la mare.

    Coronavirus : 90 % des contaminations se produiraient de façon aéroportée dans les lieux clos et mal ventilés, Caducée.net, 18 mai 2020

    "Partager un espace confiné, mal ventilé pendant une ou plusieurs heures constituerait le dénominateur commun à la grande majorité des situations propices à la contagion du Coronavirus SARS CoV-2. Si la transmission du virus par les microgouttelettes à l’occasion d’une toux ou d’un éternuement est établie depuis le début de l’épidémie, un faisceau d’indices concordant laisse à penser que son transport aéroporté sous forme d’aérosols serait à l’origine d’un nombre tout aussi important de contaminations. Si les preuves formelles manquent encore, le principe de précaution devrait inciter les autorités sanitaires à revoir une fois de plus leur doctrine de port de masque."


    Il y a effectivement une possibilité d'absence de deuxième vague , mais pas pour des raisons d'immunisation de l'ensemble de la population (...) en maitrisant les événements de lieux clos on peut maitriser voire éteindre cette épidémie, Fil Twitter Yvon Le Flohic, 21 mai 2020


    The Risks - Know Them - Avoid Them, Erin Bromage, May 6, 2020

    "So throughout most of the country we are going to add fuel to the viral fire by reopening. It's going to happen if I like it or not, so my goal here is to try to guide you away from situations of high risk. "


    Les dynamiques de la transmission du Sars-Cov-2

    “Synthèse d’articles sur les dynamiques de transmissions du Sars-Cov-2 (traduit par deepl) du docteur Muge Cevik chercheuse universitaire clinique en maladies infectieuses et virologie.”



    Why Meatpacking Plants Have Become Covid-19 Hot Spots, WIRED, May 7, 2020

    "Frigid temperatures, cramped conditions, and long hours put meat processing workers at higher risk for contracting the novel coronavirus."


    How do you stay safe now that states are reopening? An expert explains how to assess risk when reconnecting with friends and family, The Conversation, 18 may 2020

    "Now that states are relaxing social distancing restrictions, people desperately want to see friends and family, go to a restaurant and let our kids have playdates. Even grocery shopping sounds fun. But how can you do that and still stay safe? Here, an epidemiologist who is immune-compromised himself walks you through some decision-making."


    États-Unis : deux morts du Covid-19 parmi cinquante-deux personnes contaminées au sein d’une chorale, Réalités Biomédicales, 18 mai 2020

    “L’histoire remonte à la mi-mars 2020 et se déroule aux États-Unis dans le comté de Skagit, dans le nord-ouest de l’État de Washington. Parmi 61 choristes qui ont participé le 10 mars à une répétition, 53 personnes sont tombées malades. Les autorités sanitaires locales sont informées de la situation le 17 mars et entreprennent dès le lendemain de rechercher l’origine de cette flambée épidémique.”


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    La pandémie, la faute des super-contaminateurs ? [audio, 6'], France culture, 20 mai 2020

    “Que sont les super-contaminateurs ? Pourquoi pourraient-ils être responsables d'une grande partie de l'épidémie ?”

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    Covid-19 : Taux de "mortalité" de l’infection en France par sexe et classe d’âge


    La mortalité désigne le pourcentage de morts par rapport au nombre d’individus d’une population donnée dans une période donnée.
    (...)
    Inversement, le chiffre de la létalité ne se rapporte pas à une population dans son ensemble, mais exclusivement aux personnes atteintes par la maladie considérée. C’est le risque qu’ont les personnes atteintes de cette maladie de mourir chaque année.

    Donc il s'agit bien ici de létalité et non de mortalité.

    Taux de létalité de l’infection en France par sexe et classe d’âge

    classe d'âge

                homme

                femme

    - de 20 ans

    1 décès pour 100 000 infectés (0,001%)

    1 pour 100 000 (0,001%)

      20-29 ans

            8 pour 100 000 (0,008%)

          5 pour 100 000 (0,005%)

      30-39 ans

          30 pour 100 000 (0,03%)

        20 pour 100 000 (0,02%)

      40-49 ans

          70 pour 100 000 (0,07%)

        40 pour 100 000 (0,04%)

      50-59 ans

        300 pour 100 000 (0,3%)

      200 pour 100 000 (0,2%)

      60-69 ans

      1 200 pour 100 000 (1,2%)

      600 pour 100 000 (0,6%)

      70-79 ans

      3 300 pour 100 000 (3,3%)

    1 600 pour 100 000 (1,6%)

    + de 80 ans

    17 100 pour 100 000 (17,1%)

    5 900 pour 100 000 (5,9%)

    moyenne       800 pour 100 000 (0,8%)  500 pour 100 000 (0,5%)


    Source : Supplementary Materials for Estimating the burden of SARS-CoV-2 in France (page 37)

    « La probabilité globale de décès parmi les personnes infectées (le taux de mortalité par infection, IFR) est de 0,7% (Intervalle de confiance à 95%  : 0,4-1,0) »

    Salje et al., « Estimating the Burden of SARS-CoV-2 in France », 13 mai 2020.

    Coroweb du 11 mai 2020

    Quels modèles épidémiologiques pour la sortie du confinement ? [audio], France culture, 11 mai 2020

    "En cette première journée de déconfinement, Nicolas Martin s'intéresse aux modèles de propagation du virus."

    • les mesures de confinement ont eu un effet notable sur le ralentissement de la propagation du virus, avec, je vous le rappelle selon, l'Institut Pasteur, une réduction de 84% du taux de reproduction virale, c'est à dire le nombre de personnes qui sont contaminées par un seul malade, le faisant passer de 3,3 à 0,5, soit en dessous du seuil épidémique, puisqu'il est entendu que quand un malade en contamine moins d'un autre, statistiquement l'épidémie finit par s'éteindre.
    • D'où la question cruciale des conséquences de la levée du confinement sur la circulation du virus
    • mécaniquement, avec la reprise même limitée de l'activité, les contaminations vont repartir à la hausse. Tout l'enjeu est d'éviter qu'elle ne reparte trop fort ou trop vite, et que nous soyons confrontés à cette seconde vague, dont tout le monde parle mais dont il faut préciser qu'elle n'est apparue à l'heure actuelle dans aucun pays
    • plusieurs chercheurs en lien avec l'APHP ont donc travaillé sur un modèle informatique, qui inclut un très grand nombre de paramètres
    • qu'ils font varier pour estimer les conséquences d'un certain nombre de choix, et comment ils influent sur la courbe épidémique et la saturation des lits de réanimation.
    • il s'agit de modèles, donc avec une certaine marge d'erreur et qu'il reste plusieurs inconnues
    • La première conclusion de ce modèle, c'est que si la distanciation sociale et le port du masque obligatoire permettent de facto un ralentissement de la progression de l'épidémie, ils ne seraient pas efficaces à eux seuls pour prévenir une saturation des services de réanimation et une deuxième poussée épidémique et avec donc, à la clé, la nécessité d'en passer par une nouvelle période de confinement.
      Selon les projections, avec ces seules mesures, le niveau de contamination atteindrait un pic entre les mois d'août et octobre. Néanmoins, la mortalité reste fortement diminuée, de plus de 60% par rapport à l'absence totale de mesures.
    • L'autre enseignement de ce modèle, c'est qu'il faudrait protéger en priorité les personnes âgées et vulnérables.

    Les dynamiques de la transmission du Sars-Cov-2

    Synthèse d’articles (dont 6 prépublications) sur les dynamiques de transmissions du Sars-Cov-2 (traduit par deepl) du docteur Muge Cevik chercheuse universitaire clinique en maladies infectieuses et virologie.

    [Les articles publiés sur Medrxiv sont des prépublications et n’ont pas fait l’objet d’un examen par les pairs. Ils font état de nouvelles recherches médicales qui n’ont pas encore été évaluées et ne doivent donc pas être utilisées pour guider la pratique clinique.]

    Question :

    Beaucoup de discussions ont eu lieu récemment sur les dynamiques de la transmission [du Sars-Cov-2], dont la plupart sont extrapolées à partir des charges virales et d'estimations. Que nous apprennent les données sur les tests de dépistage et la recherche des contacts sur la probabilité réelle de transmission du virus (taux d’infection), les environnements à haut risque et l’âge ?

    Résumé :

    Bien que la quantité de virus infectieux requis pour l’infection soit inconnue, ces études indiquent qu’un contact étroit et prolongé est nécessaire pour la transmission de la #COVID19. Le risque est le plus élevé dans les environnements fermés : ménages, établissements de soins de longue durée et transports publics.

    Les taux d’infection élevés observés dans les ménages, les réunions d’amis et de famille et les transports suggèrent que les contacts étroits en groupe/réunion sont probablement le principal facteur de transmission efficace. Les interactions occasionnelles et courtes ne sont pas le principal facteur de l’épidémie, cependant respectez la distanciation sociale !

    L’augmentation des taux d’infection observée dans les environnements clos et connectés correspond aux taux élevés d’infection observés dans les mégalopoles, les zones défavorisées et les foyers de sans-abri. Une prépublication récente [0.] démontre que l’intensité de l’épidémie est fortement influencée par la promiscuité.

    Bien que limitées, ces études indiquent jusqu’à présent que la susceptibilité à l’infection augmente avec l’âge (plus élevé que 60 ans) et de plus en plus de preuves suggèrent que les enfants sont moins sensibles, sont rarement responsables de la transmission à la maison, ne sont pas les principaux moteurs de cette épidémie.

    Enfin, ces études indiquent que la plupart des transmissions sont causées par un contact étroit avec un cas symptomatique, le risque le plus élevé se situant dans les 5 premiers jours des symptômes. À noter : cette prépublication [00.] suggère que la plupart des infections ne sont pas asymptomatiques pendant l’infection.

    [Taux d’attaque : nombre de nouveaux cas sur une période divisé par le nombre de personnes à risque pendant la même période. Le taux d’attaque est la proportion de personnes malades sur la proportion de personnes exposées à un risque reconnu. Taux d’attaque secondaire : Taux de cas rapportés à l’ensemble des sujets vulnérables dont on a déduit les cas primaires]

    Les confinements auraient déjà évité des dizaines de milliers de morts en Europe

    Extraits traduits de  Nature : actualités du Coronavirus, 31 mars
    Les confinements auraient déjà évité des dizaines de milliers de morts en Europe

    Les mesures de lutte contre les infections, telles que les confinements nationaux dans de nombreux pays européens, réduisent la propagation du coronavirus. Dans 11 pays, à la fin du mois de mars, entre 21 000 et 120 000 décès ont probablement été évités, selon un modèle établi par un groupe de l'Imperial College de Londres.

    L'étude, publiée par l'équipe d'intervention COVID-19 de l'Imperial College le 30 mars, estime les effets des interventions non médicinales, qui comprennent la fermeture des écoles et l'interdiction des rassemblements de masse, sur la propagation du virus dans certaines régions d'Europe, notamment en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni. Les auteurs ont mesuré les effets par une modification du taux de reproduction effectif du virus.

    Covid-19 : système hospitalier, transmission, projections, dépistage (notes OPCST)



    "L’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques vient de publier une double note de synthèse sur l’épidémie de coronavirus, fruit de la consultation de six scientifiques et de nombreuses références documentaires. L’étude, présentée devant les parlementaires, aborde notamment la question des moyens de dépistage et de la stratégie de confinement."


    Extraits  de la Note à l’attention des membres de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques - Epidémie de COVID-19 – Point de situation au 30 mars 2020
    (...)
    Sur les enjeux de l'organisation du système hospitalier
    (...)
    une estimation de chercheurs français indiquait le 16 mars, que la plupart des services de réanimation devraient arriver à saturation entre fin mars et début avril, et ce, d’autant plus rapidement que la contagiosité du virus est grande. Cette estimation ne tenait cependant pas compte des lits libérés de façon exceptionnelle dans les hôpitaux et elle a été faite « à contagiosité fixe », c’est-à-dire que la diminution de la contagiosité permise par le confinement de la population n’y a pas été prise en compte.
    (...)
    Sur la propagation de la maladie
    (...)
    Comme pour de nombreuses infections respiratoires, le virus se transmet par voie aérienne. Il a été supposé dans les premiers temps que la transmission s’effectuait majoritairement par gouttelettes, c’est-à-dire qu’une personne est susceptible d’être contaminée lorsqu’elle se trouve à proximité immédiate (environ un mètre) d’un malade toussant, éternuant, se mouchant ou postillonnant. Depuis, il a été montré que le virus est stable sous la forme d’aérosol (particules d’eau en suspension dans l’air) jusqu’à trois heures, ce qui rend possible une contamination à plus grande distance.
    (...)
    la période de contagiosité n’est pas clairement établie à ce jour, notamment pour les personnes asymptomatiques et peu symptomatiques, mais certaines indications suggèrent qu’une personne infectée est contagieuse un jour au moins – et peut-être jusqu’à 3 jours – avant l’apparition des premiers symptômes, quand ils apparaissent. Cette caractéristique de la maladie COVID-19, ainsi que le fait qu’une grande partie des personnes infectées ne présente qu’une forme mineure, participe de sa plus grande contagiosité par rapport au SARS ou au MERS. Les scientifiques chinois ont par ailleurs montré que la contagiosité de la maladie n’était pas suffisamment abaissée par les mesures d’endiguement (recherche des cas contact, mesures barrière, etc.).
    (...)

    Covid-19 : Que savons-nous sur le risque de décéder ? Chine vs. Italie 2/3

    La première partie contient des graphiques interactifs mis à jour régulièrement par "Our world in data"

    Caractéristiques et enseignements importants concernant l'épidémie de coronavirus 2019 (COVID-19) en Chine, Zunyou Wu et Jennifer M. McGoogan, traduction par Les Crises, 16 mars 2020


    "Le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies a récemment publié la plus grande série de cas à ce jour de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) en Chine continentale (72 314 cas, mise à jour jusqu'au 11 février 2020). Le présent point de vue résume les principales conclusions de ce rapport et aborde la compréhension émergente de l'épidémie de COVID-19 et les leçons à en tirer."
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